{"id":4099,"date":"2026-10-12T13:51:34","date_gmt":"2026-10-12T13:51:34","guid":{"rendered":"https:\/\/anapi.fr\/?p=4099"},"modified":"2026-10-12T15:25:41","modified_gmt":"2026-10-12T15:25:41","slug":"les-disparus-de-la-guerre-dindochine-une-comptabilite-problematique-voire-impossible-2","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/anapi.fr\/?p=4099","title":{"rendered":"Les disparus de la guerre d\u2019Indochine\u00a0: une comptabilit\u00e9 probl\u00e9matique, voire impossible\u00a0?"},"content":{"rendered":"<p style=\"text-align: center;\" align=\"RIGHT\">Lieutenant-colonel (r) Philippe Chasseriaud,\u00a0pr\u00e9sident \u00cele-de-France ANAPI.<\/p>\n<figure id=\"attachment_4100\" aria-describedby=\"caption-attachment-4100\" style=\"width: 719px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"wp-image-4100 size-full\" src=\"https:\/\/anapi.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/10\/disparus121226-1.jpg\" alt=\"\" width=\"719\" height=\"503\" srcset=\"https:\/\/anapi.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/10\/disparus121226-1.jpg 719w, https:\/\/anapi.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/10\/disparus121226-1-300x210.jpg 300w\" sizes=\"auto, (max-width: 719px) 100vw, 719px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-4100\" class=\"wp-caption-text\">Figure 1. \u2013 Lib\u00e9ration des prisonniers mise en sc\u00e8ne par le Vi\u00eat-Minh. (Archives de l\u2019ECPAD).<\/figcaption><\/figure>\n<div id=\"sdfootnote1\">\n<p align=\"JUSTIFY\">Le 21 juillet 1954, les accords de Gen\u00e8ve viennent mettre un terme \u00e0 une guerre commenc\u00e9e huit ans plus le t\u00f4t, le 19 d\u00e9cembre 1946. Une guerre qui, pour une bonne partie de l\u2019opinion fran\u00e7aise, est avant tout une guerre sans int\u00e9r\u00eat, lointaine se d\u00e9roulant \u00e0 l\u2019autre bout du monde et \u00e0 la marge des pr\u00e9occupations imm\u00e9diates<a href=\"#sdfootnote1sym\" name=\"sdfootnote1anc\">1<\/a> des Fran\u00e7ais. Cette guerre devient, \u00e0 partir de 1950, avec la guerre de Cor\u00e9e, un nouveau front de la guerre froide o\u00f9, par procuration, les \u00c9tats-Unis d\u2019un c\u00f4t\u00e9, la Chine et l\u2019Union sovi\u00e9tique de l\u2019autre, se livrent une lutte sans merci\u2026 Elle est aussi, ne l\u2019oublions pas, pour l\u2019\u00e9tat du Vietnam et des royaumes du Cambodge et du Laos, nouvellement ind\u00e9pendants<a href=\"#sdfootnote2sym\" name=\"sdfootnote2anc\">2<\/a>, un combat d\u00e9sesp\u00e9r\u00e9 contre la pouss\u00e9e du communisme dans la r\u00e9gion. En dehors de la lib\u00e9ration de quelques rares convois<a href=\"#sdfootnote3sym\" name=\"sdfootnote3anc\">3<\/a>, fortement m\u00e9diatis\u00e9e par le Vi\u00eat-Minh tout au long de la guerre, dans une ambiance parfois carnavalesque, ce n\u2019est qu\u2019apr\u00e8s les accords de Gen\u00e8ve que le processus de lib\u00e9ration des prisonniers s\u2019enclenche v\u00e9ritablement (Fig.1).<\/p>\n<ol>\n<li>\n<p align=\"JUSTIFY\">L\u2019Association Nationale des Anciens Prisonniers Intern\u00e9s D\u00e9port\u00e9s d\u2019Indochine (ANAPI) a \u00e9t\u00e9 cr\u00e9\u00e9e en 1985 par d\u2019anciens prisonniers rescap\u00e9s des mouroirs vi\u00eat-minhs. Ses objectifs ont \u00e9t\u00e9, tout d\u2019abord, d\u2019identifier et de regrouper les anciens prisonniers-intern\u00e9s-d\u00e9port\u00e9s d\u00e9tenus par les Japonais, le Vi\u00eat-Minh et les Chinois, afin de faire valoir leurs droits aupr\u00e8s des pouvoirs publics. Ces objectifs ayant \u00e9t\u00e9 atteints, l\u2019ANAPI veille aujourd\u2019hui \u00e0 entretenir la m\u00e9moire de ces prisonniers, notamment en r\u00e9tablissant la v\u00e9rit\u00e9 historique concernant leurs effroyables conditions de d\u00e9tention particuli\u00e8rement mortif\u00e8res.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/li>\n<li>\n<p align=\"JUSTIFY\">La suppression d\u00e9finitive des tickets de rationnement pour le pain n\u2019intervient que le 1er f\u00e9vrier 1949, le 1er d\u00e9cembre 1949 pour le sucre, l\u2019essence et le caf\u00e9. Officiellement, le rationnement reste en vigueur jusqu\u2019au 1er juin 1952.<\/p>\n<\/li>\n<li>\n<p align=\"JUSTIFY\">1950 pour le Vietnam, 1953 pour le Laos et le Cambodge.<\/p>\n<\/li>\n<li>\n<p align=\"JUSTIFY\">La premi\u00e8re lib\u00e9ration officielle intervient le 23 septembre 1950 avec l\u2019\u00e9change de 33 prisonniers vi\u00eat-minhs contre 25 prisonniers fran\u00e7ais. Robert Bonnafous, Les prisonniers fran\u00e7ais dans les camps du Vi\u00eat-Minh, 1945-1954, Paris, \u00c9ditions des \u00e9crivains, 1985, p. 50.<\/p>\n<\/li>\n<\/ol>\n<div id=\"sdfootnote1\">\n<p align=\"JUSTIFY\">Toutefois, d\u00e8s la mi-septembre 1954, le flux de prisonniers restitu\u00e9s par le Vi\u00eat-Minh commence \u00e0 se tarir. Le 15 octobre, un ultime convoi, comprenant 38 Europ\u00e9ens<a href=\"#sdfootnote1sym\" name=\"sdfootnote1anc\">1<\/a> dont 2 l\u00e9gionnaires et 112 Nord-Africains, est embarqu\u00e9 par la marine fran\u00e7aise \u00e0 Sam Son. D\u00e8s lors, le g\u00e9n\u00e9ral Ely, qui a remplac\u00e9 le g\u00e9n\u00e9ral Navarre comme commandant en chef en Indochine, peut mesurer par un macabre d\u00e9compte l\u2019\u00e9tendue de la trag\u00e9die qui s\u2019est jou\u00e9e : 11 901 prisonniers du Corps Exp\u00e9ditionnaire Fran\u00e7ais en Extr\u00eame-Orient (CEFEO) sont pr\u00e9sum\u00e9s disparus, auxquels il convient d\u2019ajouter les 14 060 autochtones des Forces Terrestres en Extr\u00eame-Orient (FTEO) et les 14 324 des Forces Arm\u00e9es Vietnamiennes (FAVN)<a href=\"#sdfootnote1sym\" name=\"sdfootnote1anc\">1<\/a>, soit au total 40 285 port\u00e9s disparus<a href=\"#sdfootnote2sym\" name=\"sdfootnote2anc\">2<\/a> (Tab. 1).<\/p>\n<div id=\"sdfootnote1\">\n<p align=\"JUSTIFY\"><a href=\"#sdfootnote1anc\" name=\"sdfootnote1sym\"><\/a><\/p>\n<\/div>\n<div id=\"sdfootnote2\">\n<p><a href=\"#sdfootnote1anc\" name=\"sdfootnote1sym\">1<\/a>\u0002 Parmi ces derniers se trouvent 6 civils (1 femme et 5 hommes), missionnaires captur\u00e9s au Laos.<\/p>\n<div>\n<dl id=\"attachment_4104\">\n<dt><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"https:\/\/anapi.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/10\/disparus121226-2.jpg\" alt=\"\" width=\"734\" height=\"382\" \/><\/dt>\n<dd>Tableau 1.\u2013 Situation des disparus en octobre 1954. (Robert Bonnafous, Les prisonniers fran\u00e7ais\u2026, synth\u00e8se des tableaux, op.cit., p. 216-217).<\/dd>\n<\/dl>\n<\/div>\n<\/div>\n<div id=\"sdfootnote1\">\n<p align=\"JUSTIFY\">Ce lourd bilan refl\u00e8te-t-il la r\u00e9alit\u00e9 du terrain ou bien l\u2019incapacit\u00e9 d\u2019une administration d\u00e9pass\u00e9e \u00e0 pouvoir statuer sur la nature exacte de ses disparus\u00a0? Il convient tout d\u2019abord de prendre avec beaucoup de pr\u00e9caution le bilan concernant les \u00ab\u00a0autochtones\u00a0\u00bb<a href=\"#sdfootnote1sym\" name=\"sdfootnote1anc\">1<\/a>, tant il vrai qu\u2019il a \u00e9t\u00e9 difficile de collecter, puis de recouper les informations les concernant\u00a0: s\u00e9par\u00e9s des autres prisonniers, pour beaucoup d\u2019entre eux, la capture a souvent marqu\u00e9 la fin de leur existence. Pour ceux ayant \u00e9chapp\u00e9 \u00e0 une ex\u00e9cution sommaire, ils ont ensuite d\u00fb subir une r\u00e9\u00e9ducation particuli\u00e8rement s\u00e9v\u00e8re, les conduisant par la suite, soit \u00e0 un enr\u00f4lement de force dans l\u2019arm\u00e9e vi\u00eat-minh, soit au maintien en captivit\u00e9 de tr\u00e8s nombreuses ann\u00e9es, parfois bien apr\u00e8s la fin de la guerre<a href=\"#sdfootnote2sym\" name=\"sdfootnote2anc\">2<\/a>. Pour ce qui est des autres disparus du CEFEO, les autorit\u00e9s civiles et militaires peinent \u00e0 statuer administrativement sur la notion de \u00ab disparu \u00bb, d\u2019autant plus qu\u2019elles sont confront\u00e9es \u00e0 un adversaire refusant \u00e0 la Croix Rouge tout recensement des prisonniers tomb\u00e9s entre ses mains. Voyons \u00e0 pr\u00e9sent les raisons de ce v\u00e9ritable imbroglio administratif induit par le cadre sp\u00e9cifique de la guerre d\u2019Indochine et une administration inadapt\u00e9e \u00e0 la gestion d\u2019une situation totalement in\u00e9dite.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">D\u00e9serteur ou prisonnier\u00a0?<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Lorsqu\u2019un militaire est marqu\u00e9 absent \u00e0 l\u2019appel du matin, d\u00e8s le lendemain, il est consid\u00e9r\u00e9 en \u00ab\u00a0absence sans autorisation ou irr\u00e9guli\u00e8re\u00a0\u00bb. En temps de guerre et \u00e0 l\u2019\u00e9tranger, \u00e0 l\u2019expiration de 3 journ\u00e9es d\u2019absence irr\u00e9guli\u00e8re, le militaire est alors d\u00e9clar\u00e9 \u00ab\u00a0d\u00e9serteur\u00a0\u00bb. Dans le cas d\u2019une d\u00e9sertion av\u00e9r\u00e9e, l\u2019int\u00e9ress\u00e9 aura parfois eu une attitude ou des propos annonciateurs aupr\u00e8s de ses camarades, pouvant m\u00eame laisser un mot et emportant avec lui quelques effets personnels \u2026<\/p>\n<div id=\"sdfootnote1\">\n<p>6. Arm\u00e9e nationale vietnamienne cr\u00e9\u00e9e \u00e0 partir de 1949.<\/p>\n<p>7. Robert Bonnafous, Les prisonniers fran\u00e7ais\u2026, op.cit., p. 216-217.<\/p>\n<p>8. Essentiellement vietnamiens, dans une moindre mesure, laotiens et cambodgiens.<\/p>\n<p>9. Tel fut le cas du lieutenant-colonel Huynh, officier fran\u00e7ais, d\u2019origine vietnamienne. Saint-Cyrien, ancien aide de camp du g\u00e9n\u00e9ral de Lattre, il est fait prisonnier le 10 avril 1953 \u00e0 la t\u00eate d\u2019une unit\u00e9 de l\u2019arm\u00e9e vietnamienne. Il ne sera lib\u00e9r\u00e9 qu\u2019en 1976. Ba Xuan Huynh, Oubli\u00e9 23 ans dans les goulags Vi\u00eat-Minh, Paris, L\u2019Harmattan, 2004.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">quand il ne s\u2019agit pas de son arme elle-m\u00eame. De nombreux tracts<a href=\"#sdfootnote1sym\" name=\"sdfootnote1anc\">1<\/a> (Fig. 2) distribu\u00e9s \u00e0 la vol\u00e9e dans les rues, accroch\u00e9s aux barbel\u00e9s des postes ou aux arbres jalonnant les itin\u00e9raires de patrouille viennent inciter les soldats \u00e0 la d\u00e9sertion. Ce discours est \u00e9galement relay\u00e9 par des Vietnamiennes fr\u00e9quentant les bars \u00e0 soldats.<\/p>\n<div>\n<dl id=\"attachment_4107\">\n<dt><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"https:\/\/anapi.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/10\/disparus121226-3.jpg\" alt=\"\" width=\"645\" height=\"387\" \/><\/dt>\n<dd>Figure 2. \u2013 Tract d\u2019incitation \u00e0 la d\u00e9sertion. (\u00a9 Coll. Chasseriaud).<\/dd>\n<\/dl>\n<\/div>\n<p align=\"JUSTIFY\">La chose est beaucoup plus complexe lorsque l\u2019absence est constat\u00e9e apr\u00e8s un combat (d\u00e9sertion face \u00e0 l\u2019ennemi) une fois que les morts et les bless\u00e9s ont \u00e9t\u00e9 relev\u00e9s. S\u2019agit-il alors d\u2019un prisonnier, d\u2019un d\u00e9serteur qui choisit ensuite de rallier<a href=\"#sdfootnote1sym\" name=\"sdfootnote1anc\">1<\/a> l\u2019ennemi \u2026 ou tout simplement d\u2019un corps qui n\u2019a pu \u00eatre retrouv\u00e9<a href=\"#sdfootnote2sym\" name=\"sdfootnote2anc\">2<\/a> ? Concernant les d\u00e9serteurs, dans un premier temps, le commandement fran\u00e7ais ne s\u2019est pas v\u00e9ritablement embarrass\u00e9 de scrupules dans sa d\u00e9cision h\u00e2tive de consid\u00e9rer \u00ab tout disparu, dont l\u2019\u00e9tat de prisonnier ne peut \u00eatre confirm\u00e9, comme pr\u00e9sum\u00e9 d\u00e9serteur \u00bb. Une fois les situations \u00e9claircies (souvent \u00e0 la fin de la guerre), un jugement sera alors n\u00e9cessaire pour disculper les int\u00e9ress\u00e9s et r\u00e9tablir l\u2019honneur de ceux qui \u00e9taient en d\u00e9finitive captifs ou morts en captivit\u00e9.<\/p>\n<div id=\"sdfootnote1\">\n<p align=\"JUSTIFY\">10. Ces tracts sont r\u00e9alis\u00e9s par le Dich Van, organe en charge de l\u2019action psychologique au sein duquel sont pr\u00e9sents des membres du Parti communiste fran\u00e7ais.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">11. Il devient alors, selon l\u2019expression consacr\u00e9e un \u00ab\u00a0ralli\u00e9\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">12. Tomb\u00e9 dans une faille du terrain, enseveli dans la boue d\u2019un arroyo, victime d\u2019un tir au but d\u2019une arme lourde dont les morceaux de corps \u00e9parpill\u00e9s ont ensuite \u00e9t\u00e9 d\u00e9vor\u00e9s par des b\u00eates sauvages \u2026 ?<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><a href=\"#sdfootnote1anc\" name=\"sdfootnote1sym\"><\/a><\/p>\n<\/div>\n<div id=\"sdfootnote2\">\n<p align=\"JUSTIFY\">Le Vi\u00eat-Minh n\u2019est pas un bellig\u00e9rant officiel (on parle parfois de \u00ab\u00a0rebelle\u00a0\u00bb) et qui refuse obstin\u00e9ment l\u2019acc\u00e8s de ses camps \u00e0 la Croix-Rouge, consid\u00e9r\u00e9e comme une \u00ab officine d\u2019espionnage des Imp\u00e9rialistes, \u00e0 la solde des Am\u00e9ricains \u00bb. Par ailleurs, celles-ci peinant \u00e0 trouver des interlocuteurs du Viet-Minh, il lui est donc impossible d\u2019\u00e9tablir et d\u2019actualiser le nombre exact des prisonniers. Il convient \u00e9galement de noter que pour le Vi\u00eat-Minh, la prise en compte du statut de prisonnier est \u00e9galement un fait nouveau qui ne sera que tr\u00e8s tardivement et progressivement pris v\u00e9ritablement en compte.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Au tout d\u00e9but de la guerre d\u2019Indochine en d\u00e9cembre 1946, le Vi\u00eat-Minh ne fait g\u00e9n\u00e9ralement pas de prisonnier. \u00c0 cette \u00e9poque, il s\u2019agit encore d\u2019une troupe h\u00e9t\u00e9roclite mal structur\u00e9e, mal \u00e9quip\u00e9e, mal encadr\u00e9e, limit\u00e9e \u00e0 des actions de gu\u00e9rilla<a href=\"#sdfootnote1sym\" name=\"sdfootnote1anc\">1<\/a>. En nomadisation permanente, elle ne peut s\u2019encombrer de prisonniers qu\u2019il va falloir garder et nourrir. Une directive du commandement vi\u00eat-minh<a href=\"#sdfootnote2sym\" name=\"sdfootnote2anc\">2<\/a> est d\u2019ailleurs tr\u00e8s explicite\u00a0\u00e0 ce sujet : \u00ab\u00a0les rel\u00e2cher imm\u00e9diatement apr\u00e8s leur avoir fait conna\u00eetre, sur les lieux du combat m\u00eame, les buts que nous poursuivons et pour les cadres, les ex\u00e9cuter apr\u00e8s interrogatoires. Les prisonniers d\u00e9j\u00e0 d\u00e9tenus peuvent \u00eatre ex\u00e9cut\u00e9s uniquement en cas de danger imm\u00e9diat\u00a0\u00bb. Autant dire que lorsque de simples soldats sont captur\u00e9s par des milices provinciales, ces derniers ont peu de chance de voir appliquer ces directives et tous sont finalement ex\u00e9cut\u00e9s. N\u00e9anmoins, quelques rares prisonniers ont parfois \u00e9t\u00e9 \u00ab\u00a0conserv\u00e9s\u00a0\u00bb pour leurs comp\u00e9tences sur un syst\u00e8me d\u2019arme ou sur des moyens de transmission, utiles \u00e0 la formation du Vi\u00eat-Minh (utilisation et\/ou r\u00e9paration de mat\u00e9riels r\u00e9cup\u00e9r\u00e9s, parfois endommag\u00e9s). Les prisonniers ont alors la possibilit\u00e9 de rallier le Vi\u00eat-Minh ou bien, s\u2019ils ne sont pas \u00e9chang\u00e9s ou monnay\u00e9s rapidement, de finir par mourir d\u2019\u00e9puisement ou des suites de mauvais traitements.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Tout change avec le d\u00e9but de la guerre de Cor\u00e9e (25 juin 1950) qui va constituer pour la Chine le th\u00e9\u00e2tre d\u2019une vaste exp\u00e9rimentation de r\u00e9\u00e9ducation id\u00e9ologique des prisonniers de guerre am\u00e9ricains. Les Chinois ont pris conscience que, loin d\u2019\u00eatre un fardeau, un prisonnier pouvait devenir, sous certaines conditions, un outil vivant de propagande. Or, ce que fait le \u00ab\u00a0grand fr\u00e8re chinois\u00a0\u00bb est copi\u00e9 sans tarder par le \u00ab\u00a0petit fr\u00e8re Vi\u00eat-Minh\u00a0\u00bb. Pour ce dernier, l\u2019objectif est simple\u00a0: convertir les prisonniers au bienfond\u00e9 de son combat pour l\u2019ind\u00e9pendance<\/p>\n<div id=\"sdfootnote1\">\n<p align=\"JUSTIFY\">13. Formation dispens\u00e9e par l\u2019Office of Strategic Services (OSS) pour lutter contre les Japonais, r\u00e9organis\u00e9 \u00e0 partir de 1946 pour devenir la CIA.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">14. Note du commandement vi\u00eat-minh datant du second semestre 1948, intercept\u00e9e par les services de renseignements fran\u00e7ais.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><a href=\"#sdfootnote1anc\" name=\"sdfootnote1sym\"><\/a><\/p>\n<\/div>\n<div id=\"sdfootnote2\">\n<p align=\"JUSTIFY\">et inoculer le virus de la guerre r\u00e9volutionnaire aux prisonniers dits \u00ab\u00a0colonis\u00e9s\u00a0\u00bb<a href=\"#sdfootnote1sym\" name=\"sdfootnote1anc\">1<\/a> servant au sein du CEFEO. Il lui manque toutefois l\u2019essentiel : des prisonniers.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">L\u2019occasion lui en est donn\u00e9e apr\u00e8s le d\u00e9sastre de la RC4 en octobre 1950 par un afflux massif de prisonniers<a href=\"#sdfootnote2sym\" name=\"sdfootnote2anc\">2<\/a> o\u00f9 plusieurs bataillons ont \u00e9t\u00e9 engloutis. Entre les morts et les prisonniers, environ 4 800 hommes manquent \u00e0 l\u2019appel. Pour \u00e9viter tout risque d\u2019\u00e9pid\u00e9mie, le Vietnam proc\u00e8de en urgence \u00e0 la cr\u00e9mation des corps, repartis en d\u2019innombrables b\u00fbchers qui se consument pendant des jours. N\u2019ayant pas \u00e9t\u00e9 recens\u00e9s nominativement avant leur cr\u00e9mation, ces \u00ab\u00a0morts au combat\u00a0\u00bb viennent ainsi m\u00e9caniquement grossir le nombre des disparus.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Un recensement nominatif des prisonniers tardif c\u00f4t\u00e9 Vi\u00eat-Minh et une identification des prisonniers souvent al\u00e9atoire c\u00f4t\u00e9 fran\u00e7ais<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Les prisonniers, survivants en sursis<a href=\"#sdfootnote1sym\" name=\"sdfootnote1anc\">1<\/a>, prennent alors la route de la captivit\u00e9 sans m\u00eame parfois avoir \u00e9t\u00e9 identifi\u00e9s nominativement. Seul semble compter dans un premier temps pour le Vi\u00eat-Minh le quantitatif et le qualitatif (grade\/fonctions, formation, unit\u00e9s sp\u00e9cialis\u00e9es \u2026). Cette premi\u00e8re discrimination r\u00e9sulte de l\u2019exp\u00e9rience chinoise acquise en mati\u00e8re de lavage de cerveau, \u00e9tablissant un lien entre le \u00ab\u00a0statut\u00a0\u00bb d\u2019un individu et le temps n\u00e9cessaire \u00e0 sa conversion<a href=\"#sdfootnote2sym\" name=\"sdfootnote2anc\">2<\/a>. Ce n\u2019est qu\u2019une fois arriv\u00e9 \u00e0 destination que le Vi\u00eat-Minh va alors g\u00e9n\u00e9raliser l\u2019enregistrement nominatif de ses prisonniers. Ceci tient au fait qu\u2019au cours de la seconde phase de son endoctrinement, le prisonnier doit faire une autobiographie (\u00e9crite ou orale) dont les \u00e9l\u00e9ments sont ensuite transmis aux cellules du PCF de son lieu de r\u00e9sidence pour v\u00e9rification mais aussi<\/p>\n<div id=\"sdfootnote1\">\n<p align=\"JUSTIFY\">15. Nord-Africains et Africains.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">16. Entre 2 500 et 300 selon les sources.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">17. Le taux de mortalit\u00e9 des prisonniers a \u00e9t\u00e9 bien souvent sup\u00e9rieur sur la route de la captivit\u00e9 que lors de la captivit\u00e9 elle-m\u00eame, notamment pour les prisonniers de Dien Bien Phu. William Schilardi, ancien du 8\u00e8me Choc, en t\u00e9moigne : \u00ab Dans mon groupe de marche au d\u00e9part de Dien Bien Phu, nous \u00e9tions 35. Au bout de 4 semaines de marche, nous n\u2019\u00e9tions plus que 5 \u00e0 l\u2019arriv\u00e9e au camp 70 \u00bb (entretien avec l\u2019int\u00e9ress\u00e9 en octobre 2024).<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">18. Entre 6 \u00e0 9 mois pour un homme de troupe, 12 \u00e0 18 mois pour un sous-officier, plusieurs ann\u00e9es pour un officier.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">pour collecter toutes informations sensibles<a href=\"#sdfootnote1sym\" name=\"sdfootnote1anc\">1<\/a> le concernant, susceptibles de h\u00e2ter sa \u00ab\u00a0conversion\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Au cours des premi\u00e8res ann\u00e9es de la guerre d\u2019Indochine, faute d\u2019avoir des informations actualis\u00e9es via la Croix-Rouge, les autorit\u00e9s en sont r\u00e9duites, la plupart du temps, \u00e0 s\u2019appuyer sur les quelques t\u00e9moignages, relativement rares, de prisonniers \u00e9vad\u00e9s ou lib\u00e9r\u00e9s, sur la signature d\u2019un prisonnier au bas d\u2019un manifeste ou d\u2019un courrier parvenu \u00e0 la famille<a href=\"#sdfootnote2sym\" name=\"sdfootnote2anc\">2<\/a>. Ce n\u2019est qu\u2019\u00e0 partir du 15 janvier 1952, avec la cr\u00e9ation de l\u2019Office du prisonnier, voulue par le g\u00e9n\u00e9ral de Lattre, qu\u2019un v\u00e9ritable travail d\u2019investigation va \u00eatre syst\u00e9matis\u00e9 \u00e0 grande \u00e9chelle. Toutes les informations recueillies aupr\u00e8s des prisonniers et otages civils lib\u00e9r\u00e9s vont alors \u00eatre crois\u00e9es avec celles des \u00e9tats-majors, des services sp\u00e9cialis\u00e9s du renseignement et de la Croix-Rouge. Ainsi, le 4 novembre 1952, l\u2019Office du prisonnier \u00e9tablit le premier recensement officiel des prisonniers militaires du CEFEO (incluant les autochtones) et des otages civils, soit 22 244 militaires et 584 civils<a href=\"#sdfootnote3sym\" name=\"sdfootnote3anc\">3<\/a>.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Pour les familles, au-del\u00e0 de l\u2019attente insoutenable provoqu\u00e9e par l\u2019absence de nouvelle d\u2019un proche, la reconnaissance officielle du statut de \u00ab\u00a0prisonnier\u00a0\u00bb est imp\u00e9rative car indispensable \u00e0 la perception de la d\u00e9l\u00e9gation de solde<a href=\"#sdfootnote4sym\" name=\"sdfootnote4anc\">4<\/a>. Cette proc\u00e9dure, v\u00e9ritable parcours du combattant face \u00e0 une administration tatillonne, n\u2019ayant par ailleurs jamais \u00e9t\u00e9 confront\u00e9e \u00e0 ce type de situation, entraine tr\u00e8s souvent une grande pr\u00e9carit\u00e9 financi\u00e8re dans les familles de prisonniers.<\/p>\n<div id=\"sdfootnote1\">\n<p align=\"JUSTIFY\">Tous les prisonniers, encore en vie au moment du cessez-le-feu, ont-ils bien \u00e9t\u00e9 lib\u00e9r\u00e9s apr\u00e8s les accords de Gen\u00e8ve\u00a0?<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">La restitution des derniers prisonniers, dans un \u00e9tat de quasi-moribonds (Fig. 3 &amp; 4) et les t\u00e9moignages sur leur condition de captivit\u00e9 justifient alors amplement aux yeux du<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><a href=\"#sdfootnote1anc\" name=\"sdfootnote1sym\"><\/a><\/p>\n<\/div>\n<div id=\"sdfootnote2\">\n<p>19. Une \u00e9pouse volage, un enfant ou un parent gravement malade&#8230;<\/p>\n<p>20. Entre 1950 et 1954, l\u2019\u00e9pouse du lieutenant DOP, prisonnier au camp n\u00b01, a ainsi re\u00e7u 13 lettres de son mari.<\/p>\n<p>21. Robert Bonnafous, Les prisonniers fran\u00e7ais\u2026, op.cit., p. 64.<\/p>\n<p>22. Pourcentage de la solde vers\u00e9 en France aux ayants droits et fix\u00e9 par le militaire avant son d\u00e9part pour l\u2019Indochine. Au bout de 3 mois de disparition, si l\u2019\u00e9tat de prisonnier n\u2019est pas reconnu, son versement est interrompu.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">commandement fran\u00e7ais un taux de mortalit\u00e9 aussi effroyable<a href=\"#sdfootnote1sym\" name=\"sdfootnote1anc\">1<\/a> mais \u00e9galement l\u2019acceptation d\u2019un aussi grand nombre de disparus, sans avoir \u00e0 se poser davantage de questions.<\/p>\n<div id=\"sdfootnote1\">\n<div>\n<dl id=\"attachment_4111\">\n<dt><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"https:\/\/anapi.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/10\/disparus121226-4.jpg\" alt=\"\" width=\"774\" height=\"376\" \/><\/dt>\n<dd>Figures 3 &amp; 4 \u2013 D\u00e9labrement physique extr\u00eame des prisonniers lib\u00e9r\u00e9s. (Archives de l\u2019ECPAD).<\/dd>\n<\/dl>\n<\/div>\n<p align=\"JUSTIFY\">La guerre d\u2019Indochine \u00e9tant d\u00e9sormais termin\u00e9e, le sort des disparus du CEFEO devient alors secondaire, quant \u00e0 celui des disparus des \u00c9tats associ\u00e9s<a href=\"#sdfootnote1sym\" name=\"sdfootnote1anc\">1<\/a>, il s\u2019agit d\u00e9sormais d\u2019une \u00ab\u00a0affaire entre Vietnamiens\u00a0\u00bb<a href=\"#sdfootnote2sym\" name=\"sdfootnote2anc\">2<\/a>. Mais comment pourrait-il en \u00eatre autrement avec une opinion publique d\u00e9sormais focalis\u00e9e sur les \u00e9v\u00e9nements qui se d\u00e9roulent \u00e0 pr\u00e9sent de l\u2019autre c\u00f4t\u00e9 de la M\u00e9diterran\u00e9e<a href=\"#sdfootnote3sym\" name=\"sdfootnote3anc\">3<\/a> car, contrairement \u00e0 l\u2019Indochine, l\u2019Alg\u00e9rie, c\u2019est la France. Cette question est d\u2019ailleurs d\u00e9finitivement close puisque dans une note du 21 juillet 1955, le lieutenant-colonel Bertrand, chef du bureau des disparus, rend compte \u00e0 Paris que l\u2019Arm\u00e9e Populaire Vietnamienne (AVPN) d\u00e9clare avoir rendu la presque totalit\u00e9 des prisonniers de guerre europ\u00e9ens<a href=\"#sdfootnote4sym\" name=\"sdfootnote4anc\">4<\/a> et nord-africains qui \u00e9taient en vie au moment du cessez-le-feu. Outre la mort de certains captifs (qu\u2019elle s\u2019empresse d\u2019imputer aux bombardements fran\u00e7ais frappant sans discernement les camps<a href=\"#sdfootnote5sym\" name=\"sdfootnote5anc\">5<\/a> et les convois de prisonniers), elle reconna\u00eet n\u00e9anmoins que d\u2019autres, intransportables, sont<\/p>\n<div id=\"sdfootnote1\">\n<p align=\"JUSTIFY\">23. Environ 70% des prisonniers de Dien Bien Phu sont morts apr\u00e8s seulement 4 mois de captivit\u00e9.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">24. Vietnam, Laos, Cambodge.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">25. Voir notre de bas page n\u00b09 concernant le LCL Ba Xuan Huynh.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">26. La Toussaint rouge, le 1er novembre 1954, marque le d\u00e9but de la guerre d\u2019Alg\u00e9rie.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">27. Service historique de la D\u00e9fense, (d\u00e9sormais SHD), Vincennes, 10 H 315, note n\u00b02914\/BDPGI\/UF : Lib\u00e9ration des PG des pays de l\u2019Est.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><span style=\"font-size: 12pt; font-family: arial, helvetica, sans-serif;\"><span style=\"color: #ffffff;\">effectivement morts en captivit\u00e9 dans les quelques jours qui ont suivi la fin des hostilit\u00e9s. L\u2019AVPN pr\u00e9cise par ailleurs que les \u00ab\u00a0ralli\u00e9s\u00a0\u00bb et les l\u00e9gion<\/span>naires originaires d\u2019Europe de l\u2019Est (prisonniers et d\u00e9serteurs) ne seront pas rendus, ayant choisi, soit de rester sur place, soit de rentrer chez eux par la \u00ab\u00a0voie d\u00e9mocratique\u00a0\u00bb. En fait, ces l\u00e9gionnaires seront la plupart du temps rapatri\u00e9s de force dans leur pays d\u2019origine via la Chine et la Russie, en accord avec les partis communistes locaux. Enfin, elle se refuse syst\u00e9matiquement \u00e0 faire conna\u00eetre le sort r\u00e9el r\u00e9serv\u00e9 \u00e0 certaines cat\u00e9gories de prisonniers : les officiers du 2\u00e8me bureau, les officiers de renseignement et les interpr\u00e8tes vietnamiens des forces terrestres. Le sort des autochtones n\u2019est pas non plus \u00e9voqu\u00e9. Interrog\u00e9e sur les raisons susceptibles d\u2019expliquer un aussi grand nombre de disparus, l\u2019AVPN n\u2019apporte aucune pr\u00e9cision. Le lieutenant-colonel Bertrand conclut son rapport en \u00e9voquant \u00ab la possibilit\u00e9 que des prisonniers, s\u00e9par\u00e9s des autres, aient \u00e9t\u00e9 ex\u00e9cut\u00e9s \u00bb.<\/span><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><span style=\"font-size: 12pt; font-family: arial, helvetica, sans-serif;\">Toutefois, certains \u00e9l\u00e9ments troublants viennent remettre en question les d\u00e9clarations du Vi\u00eat-Minh affirmant que tous les prisonniers auraient bien \u00e9t\u00e9 lib\u00e9r\u00e9s.<b> <\/b>Ainsi, une directive du commandement vi\u00eat-minh de Cochinchine ordonne de garder les prisonniers dont la pr\u00e9sence n\u2019est pas connue des lib\u00e9rables et qui n\u2019ont pas \u00e9t\u00e9 r\u00e9clam\u00e9s nominativement. Ces prisonniers de guerre sont gard\u00e9s dans des camps secrets car jug\u00e9s trop dangereux\u00a0: officiers de renseignement, officiers des unit\u00e9s de commandos, membres des Groupements de Commandos Mixtes<\/span><\/p>\n<div id=\"sdfootnote1\">\n<p align=\"JUSTIFY\"><span style=\"color: #ffffff; font-size: 12pt;\"><span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif;\">28. Le village de Fia K\u00e9o a ainsi \u00e9t\u00e9 bombard\u00e9 et mitraill\u00e9 les 15 et 16 ao\u00fbt 1951 causant la mort de 30 prisonniers et en blessant une dizaine qui finissent par mourir, faute de soins (t\u00e9moignage de Robert Schuermans, ancien du 3\u00e8me BCCP, captur\u00e9 apr\u00e8s les combats de la RC4.<\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><span style=\"color: #ffffff; font-size: 12pt;\"><span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif;\">29. Robert Bonnafous, <i>Les prisonniers fran\u00e7ais\u2026<\/i> <i>op.cit<\/i>., p. 171-172 et p. 332-339. Dans l\u2019annexe de son ouvrage, l\u2019auteur pr\u00e9sente ainsi une liste nominative de 77 l\u00e9gionnaires rapatri\u00e9s par \u00ab\u00a0la voie d\u00e9mocratique\u00a0\u00bb. Vraisemblablement r\u00e9alis\u00e9e \u00e0 partir du t\u00e9moignage de prisonniers lib\u00e9r\u00e9s, ce recensement pr\u00e9cise le nom, le grade, l\u2019unit\u00e9, la date et lieu o\u00f9 ils ont \u00e9t\u00e9 vus pour la derni\u00e8re fois, l\u2019\u00e9tat de sant\u00e9 et certaines mentions comme \u00ab rapatri\u00e9 de force \u00bb ou \u00ab a manifest\u00e9 son intention de regagner la France d\u00e8s qu\u2019il le pourra \u00bb. En f\u00e9vrier 1955, le g\u00e9n\u00e9ral Ely \u00e9voquera un maximum de 1000 l\u00e9gionnaires (prisonniers et d\u00e9serteurs) ainsi \u00ab\u00a0rapatri\u00e9s\u00a0\u00bb.<\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><span style=\"color: #ffffff; font-size: 12pt;\"><span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif;\">30. \u00c0 l\u2019exception de la Pologne, de la Hongrie et de la Roumanie qui ont refus\u00e9 le principe du rapatriement.<\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><span style=\"color: #ffffff; font-size: 12pt;\"><span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif;\">31. Robert Bonnafous, <i>Les prisonniers fran\u00e7ais<\/i>\u2026, <i>op.cit<\/i>., p. 214.<\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><span style=\"color: #ffffff; font-size: 12pt;\"><span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif;\">32. SHD, 10 H 315, Intercept\u00e9e par les services de renseignement fran\u00e7ais &#8211; Liste carton.<\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><span style=\"color: #ffffff; font-size: 12pt;\"><span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif;\">33. D\u00e8s le 14 septembre 1954, les services de renseignement fran\u00e7ais \u00e9voquaient l\u2019existence de deux camps dits de repr\u00e9sailles, l\u2019un \u00e0 Lang Trang, \u00e0 31 km au nord-est de Tuyen Quang, l\u2019autre dans la r\u00e9gion de Ba Be. Roger Bruge, <i>Les hommes de Dien Bien Phu<\/i>, Paris, Perrin, 2003, p. 603 : Bulletin de renseignement n\u00b02575.<\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><span style=\"font-size: 12pt; font-family: arial, helvetica, sans-serif;\">A\u00e9roport\u00e9s (GCMA), militaires accus\u00e9s d\u2019atrocit\u00e9s, prisonniers signal\u00e9s pour leur mauvaise conduite dans les camps<a class=\"sdfootnoteanc\" href=\"#sdfootnote1sym\" name=\"sdfootnote1anc\"><sup>1<\/sup><\/a>.<b> <\/b>D\u2019une fa\u00e7on plus g\u00e9n\u00e9rale, certains t\u00e9moignages de rescap\u00e9s du camp n\u00b01, le camp des officiers, laissent m\u00eame entendre qu\u2019initialement le Vi\u00eat-Minh n\u2019avait pas du tout l\u2019intention de rendre les officiers captifs, pr\u00e9textant alors une mortalit\u00e9 brutale due \u00e0 des pathologies tropicales<a class=\"sdfootnoteanc\" href=\"#sdfootnote2sym\" name=\"sdfootnote2anc\"><sup>2<\/sup><\/a>. Toutefois, afin de t\u00e9moigner de sa bonne volont\u00e9, le Vi\u00eat-Minh prend soin d\u2019int\u00e9grer, aux premi\u00e8res lib\u00e9rations anticip\u00e9es d\u2019hommes de troupe, 2 ou 3 officiers du camp n\u00b01. Captur\u00e9 lors des combats sur la RC4 en octobre 1950, le lieutenant Beucler<a class=\"sdfootnoteanc\" href=\"#sdfootnote3sym\" name=\"sdfootnote3anc\"><sup>3<\/sup><\/a> ira d\u00e8s sa lib\u00e9ration, le 28 ao\u00fbt 1954, consulter les listes de prisonniers pr\u00e9sent\u00e9es par le Vi\u00eat-Minh \u00e0 la commission d\u2019armistice. Il constatera alors qu\u2019une quarantaine de noms, consid\u00e9r\u00e9s comme \u00ab\u00a0vip\u00e8res lubriques\u00a0\u00bb<a class=\"sdfootnoteanc\" href=\"#sdfootnote4sym\" name=\"sdfootnote4anc\"><sup>4<\/sup><\/a>, ont tout simplement \u00e9t\u00e9 \u00ab\u00a0oubli\u00e9s\u00a0\u00bb. Apr\u00e8s protestation de la partie fran\u00e7aise, ces derniers r\u00e9apparaitront comme par enchantement sur les listes<a class=\"sdfootnoteanc\" href=\"#sdfootnote5sym\" name=\"sdfootnote5anc\"><sup>5<\/sup><\/a>. <\/span><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><span style=\"font-size: 12pt; font-family: arial, helvetica, sans-serif;\">Plus troublants\u00a0encore sont ces deux renseignements \u00e9manant d\u2019interception de messages Vietnam<b> <\/b>par les services de renseignement fran\u00e7ais en d\u00e9cembre 1954, attestant de la pr\u00e9sence de prisonniers non lib\u00e9r\u00e9s \u00e0 cette date<a class=\"sdfootnoteanc\" href=\"#sdfootnote6sym\" name=\"sdfootnote6anc\"><sup>6<\/sup><\/a>:<\/span><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 12pt;\">&#8211; le premier est un message alertant les services de s\u00e9curit\u00e9 du Vi\u00eat-Minh de Langson et de Phuc Yen de l\u2019\u00e9vasion de 5 prisonniers europ\u00e9ens et africains dans l\u2019apr\u00e8s-midi du 7 d\u00e9cembre afin qu\u2019ils placent des gardes \u00e0 tous les carrefours.<\/span><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 12pt;\">&#8211; le second est un document adress\u00e9 au r\u00e9giment 148 lui annon\u00e7ant qu\u2019un convoi de prisonniers europ\u00e9ens et africains, d\u00e9tenus \u00e0 la suret\u00e9 de Phu To va se d\u00e9placer, exigeant le secret au d\u00e9part et \u00e0 l\u2019arriv\u00e9e du convoi.<\/span><\/p>\n<div id=\"sdfootnote1\">\n<p align=\"JUSTIFY\"><span style=\"font-size: 12pt;\"><a class=\"sdfootnotesym\" href=\"#sdfootnote1anc\" name=\"sdfootnote1sym\"><\/a><\/span><\/p>\n<\/div>\n<div id=\"sdfootnote3\">\n<p class=\"sdfootnote\"><span style=\"font-size: 12pt; font-family: arial, helvetica, sans-serif; color: #ffffff;\">34. <span style=\"font-size: 10pt;\"><strong>Robert Bonnafous, <i>Les prisonniers fran\u00e7ais\u2026<\/i>, <i>op.cit<\/i>., p. 214.<\/strong><\/span><\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-size: 12pt; font-family: arial, helvetica, sans-serif; color: #ffffff;\">35. <span style=\"font-size: 10pt;\"><strong>Alexandre Le Merre, <i>La cl\u00e9mence de l\u2019oncle H\u00f4, un mensonge meurtrier. Indochine, 1952-1954<\/i>, Paris, Indo-\u00e9ditions, 2011, p. 161.<\/strong><\/span><\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-size: 12pt; font-family: arial, helvetica, sans-serif; color: #ffffff;\">36. <span style=\"font-size: 10pt;\"><strong>Futur secr\u00e9taire d\u2019\u00c9tat \u00e0 la D\u00e9fense puis aux Anciens Combattants (1977- 1978), \u00e0 l\u2019origine de l\u2019affaire Boudarel.<\/strong><\/span><\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-size: 12pt; font-family: arial, helvetica, sans-serif; color: #ffffff;\">37. <span style=\"font-size: 10pt;\"><strong>Officers jug\u00e9s irr\u00e9cup\u00e9rables sur le plan id\u00e9ologique par le Vi\u00eat-Minh et donc dangereux.<\/strong><\/span><\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-size: 12pt; font-family: arial, helvetica, sans-serif; color: #ffffff;\">38. <span style=\"font-size: 10pt;\"><strong>Alexandre Le Merre, <i>La cl\u00e9mence de l\u2019oncle H\u2026, op.cit., <\/i>p. 162.<\/strong><\/span><\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-size: 12pt; font-family: arial, helvetica, sans-serif; color: #ffffff;\">39. <span style=\"font-size: 10pt;\"><strong>Roger Bruge, <i>Les hommes de Dien Bien Phu<\/i>, <i>op.cit., <\/i>p. 603.<\/strong><\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 12pt;\">On peut ici s\u2019interroger sur les motivations d\u2019une telle attitude de la part du Vi\u00eat-Minh. Il pourrait s\u2019agir d\u2019une r\u00e9ponse au sort de certains de ses cadres emprisonn\u00e9s depuis 1946, ne figurant sur aucune liste et dont il est sans nouvelle. L\u2019objectif est simple : garder au secret un certain nombre de prisonniers jusqu\u2019\u00e0 la lib\u00e9ration de ses cadres toujours captifs. Cette situation n\u2019est pas sans embarrasser la France vis-\u00e0-vis de ses propres r\u00e9clamations concernant ses disparus. Une enqu\u00eate est donc diligent\u00e9e par le commandement fran\u00e7ais. Cette derni\u00e8re fait appara\u00eetre qu\u2019au cours des ann\u00e9es 1952-1953, la gestion de nombreux camps de prisonniers a \u00e9t\u00e9 transf\u00e9r\u00e9e \u00e0 l\u2019Arm\u00e9e Nationale Vietnamienne, \u00e0 l\u2019origine de nombreuses ex\u00e9cutions sommaires, scrupuleusement consign\u00e9es sur les registres des camps et des prisons. Ces lieux de d\u00e9tention sous administration vietnamienne, contrairement \u00e0 ceux supervis\u00e9s par l\u2019arm\u00e9e fran\u00e7aise, ne sont pas sous la surveillance \u00e9troite du Comit\u00e9 international de la Croix-Rouge. Pour le Vi\u00eat-Minh, le gouvernement Bao Da\u00ef \u00e9tant un r\u00e9gime fantoche, \u00e0 ses yeux seule la France est coupable. En d\u00e9pit des interrogations l\u00e9gitimes qu\u2019auraient d\u00fb susciter les interceptions r\u00e9alis\u00e9es par les SR, rien n\u2019y fait. Il semble m\u00eame qu\u2019\u00e0 partir de 1955, un statu quo coupable se soit \u00e9tabli entre Paris et Hano\u00ef, une sorte de\u00a0: \u00ab\u00a0tu ne me parles plus de tes disparus, je ne te parle plus des miens\u00a0!\u00a0\u00bb. Une note du SDECE du 15 mars 1956 va venir n\u00e9anmoins relancer le d\u00e9bat sur des prisonniers potentiellement oubli\u00e9s. Celle-ci rapporte qu\u2019une cinquantaine d\u2019Europ\u00e9ens, torse nu et en sandales, travaillaient d\u00e9but novembre 1955 \u00e0 la r\u00e9fection de la chauss\u00e9 sur le tron\u00e7on de route situ\u00e9 entre Hoa Binh et Moc Chau (nord Vietnam).<\/span><\/p>\n<figure id=\"attachment_4114\" aria-describedby=\"caption-attachment-4114\" style=\"width: 729px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"wp-image-4114 size-full\" src=\"https:\/\/anapi.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/10\/disparus121226-5.jpg\" alt=\"\" width=\"729\" height=\"487\" srcset=\"https:\/\/anapi.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/10\/disparus121226-5.jpg 729w, https:\/\/anapi.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/10\/disparus121226-5-300x200.jpg 300w\" sizes=\"auto, (max-width: 729px) 100vw, 729px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-4114\" class=\"wp-caption-text\"><span style=\"font-size: 12pt;\">Figure 5.\u2013 Prisonniers sur la piste. \u00ab\u00a0Le dernier salut\u00a0\u00bb, aquarelle de Pierre Flamen, rescap\u00e9 des camps de prisonniers du Vi\u00eat-Minh. (\u00a9 Coll. Chasseriaud).<\/span><\/figcaption><\/figure>\n<p align=\"JUSTIFY\"><span style=\"color: #ffffff; font-size: 12pt; font-family: arial, helvetica, sans-serif;\">La source qui a v\u00e9cu tr\u00e8s longtemps avec les Fran\u00e7ais et qui parle la langue ajoute que ces hommes \u00e9taient bien des prisonniers de guerre et qu\u2019ils \u00e9taient gard\u00e9s par des soldats arm\u00e9s. Le r\u00e9dacteur de la note pr\u00e9cise que \u00ab\u00a0ces Europ\u00e9ens ne peuvent \u00eatre que des prisonniers de guerre car les d\u00e9serteurs ou les ralli\u00e9s europ\u00e9ens, travaillant en brousse, ne sont jamais gard\u00e9s militairement\u00a0\u00bb. Fin juillet 1956, ce m\u00eame informateur, lors de diff\u00e9rents d\u00e9placements, affirme avoir vu d\u2019autres prisonniers au travail\u00a0:<\/span><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><span style=\"color: #ffffff; font-size: 12pt; font-family: arial, helvetica, sans-serif;\">&#8211; douze prisonniers \u00e0 Tinh Tu, rudoy\u00e9s et gard\u00e9s par un ralli\u00e9 de type africain\u00a0;<\/span><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><span style=\"color: #ffffff; font-size: 12pt; font-family: arial, helvetica, sans-serif;\">&#8211; trente-sept prisonniers entre Tuyen Quang et Phu Doan\u00a0;<\/span><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 12pt;\">&#8211; trois prisonniers \u00e0 Tha\u00ef Nguyen\u00a0;<\/span><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 12pt;\">&#8211; dix prisonniers \u00e0 Dong Vang.<\/span><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 12pt;\">Inform\u00e9 de ces faits, le ministre des Affaires \u00e9trang\u00e8res, en accord avec sa d\u00e9l\u00e9gation g\u00e9n\u00e9rale \u00e0 Hanoi, n\u2019en d\u00e9mord pas. Il ne peut que s\u2019agir d\u2019une confusion avec des ralli\u00e9s ou d\u2019anciens d\u00e9serteurs. Pourtant, peu apr\u00e8s, l\u2019informateur du SDECE<a class=\"sdfootnoteanc\" href=\"#sdfootnote1sym\" name=\"sdfootnote1anc\"><sup>1<\/sup><\/a> parvient \u00e0 identifier deux Europ\u00e9ens\u00a0:<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 12pt;\">&#8211; le premier est Louis Tillard, militaire d\u00e9mobilis\u00e9 en Indochine. Rest\u00e9 sur place pour travailler dans une entreprise de travaux publics, il a \u00e9t\u00e9 enlev\u00e9 avec ses ouvriers par un commando vi\u00eat-Minh sur un chantier proche de Tourane le 25 janvier 1949.<\/span><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 12pt;\">&#8211; le second est Herv\u00e9 Monze, militaire captur\u00e9 par le Vi\u00eat-Minh sur la route de Cao Bang en 1947. Il remet \u00e0 l\u2019informateur un petit mot pour sa femme domicili\u00e9e \u00e0 Crozon (Finist\u00e8re)\u00a0:<\/span><\/p>\n<div id=\"sdfootnote1\">\n<p align=\"JUSTIFY\"><span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 12pt;\">\u00ab\u00a0Gardez espoir, suis encore vivant, bon courage\u00a0\u00bb<a class=\"sdfootnoteanc\" href=\"#sdfootnote1sym\" name=\"sdfootnote1anc\"><sup>1<\/sup><\/a>. <\/span><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 12pt;\">En d\u00e9pit de tout cela, le minist\u00e8re de la D\u00e9fense et celui des Affaires \u00e9trang\u00e8res semblent manifester peu de<\/span><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 12pt;\">volont\u00e9 \u00e0 v\u00e9ritablement vouloir \u00e9tudier cette \u00e9ventualit\u00e9<a class=\"sdfootnoteanc\" href=\"#sdfootnote1sym\" name=\"sdfootnote1anc\"><sup>1<\/sup><\/a>, comme en<\/span><\/p>\n<div id=\"sdfootnote1\">\n<p align=\"JUSTIFY\"><span style=\"font-size: 12pt;\"><a class=\"sdfootnotesym\" href=\"#sdfootnote1anc\" name=\"sdfootnote1sym\">1<\/a><sup><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-family: Garamond, serif;\">\u0002<\/span><\/span><\/sup><span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif; color: #ffffff;\"> Au milieu des ann\u00e9es 80, de nombreux films am\u00e9ricains ont abord\u00e9 le sujet des \u00ab\u00a0POWs\/MIAs\u00a0\u00bb (<i>Prisoners of War<\/i>\/<i>Missing in action<\/i>). Cette question semble avoir longtemps pr\u00e9occup\u00e9 l\u2019opinion publique am\u00e9ricaine puisqu\u2019en avril 1990, un sondage du magazine <i>Time <\/i>r\u00e9v\u00e9lait que 62 % des personnes interrog\u00e9es estimaient qu\u2019il y avait encore des prisonniers am\u00e9ricains vivants au Vietnam (84% chez les v\u00e9t\u00e9rans interrog\u00e9s). <\/span><\/span><\/p>\n<p class=\"sdfootnote\"><span style=\"font-size: 12pt; color: #ffffff;\">40. <span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif;\">Le Service de documentation ext\u00e9rieure et de contre-espionnage est le service de renseignement ext\u00e9rieur fran\u00e7ais cr\u00e9\u00e9 le 28 d\u00e9cembre 1945, devenu la Direction g\u00e9n\u00e9rale de la S\u00e9curit\u00e9 ext\u00e9rieure (DGSE) le 2 avril 1982.<\/span><\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-size: 12pt; color: #ffffff;\">41. <span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif;\">Roger Bruge, <i>Les hommes de Dien Bien Phu<\/i>, <i>op.cit<\/i>., p. 605. Selon l\u2019auteur, Monze, n\u00e9 en 1915 a fini par \u00eatre lib\u00e9r\u00e9 puisqu\u2019il est d\u00e9c\u00e9d\u00e9 \u00e0 Eaubonne (Val d\u2019Oise) le 25 novembre 1987. Aucune nouvelle en revanche de Tillard.<\/span><\/span><\/p>\n<p class=\"sdfootnote\"><span style=\"font-size: 12pt; color: #ffffff;\">42. <span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif;\">Au milieu des ann\u00e9es 80, de nombreux films am\u00e9ricains ont abord\u00e9 le sujet des \u00ab\u00a0POWs\/MIAs\u00a0\u00bb (<i>Prisoners of War<\/i>\/<i>Missing in action<\/i>). Cette question semble avoir longtemps pr\u00e9occup\u00e9 l\u2019opinion publique am\u00e9ricaine puisqu\u2019en avril 1990, un sondage du magazine <i>Time <\/i>r\u00e9v\u00e9lait que 62 % des personnes interrog\u00e9es estimaient qu\u2019il y avait encore des prisonniers am\u00e9ricains vivants au Vietnam (84% chez les v\u00e9t\u00e9rans interrog\u00e9s).<\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><span style=\"font-size: 12pt; font-family: arial, helvetica, sans-serif; color: #ffffff;\">t\u00e9moignent leurs demandes d\u2019\u00e9claircissement relativement timor\u00e9es aupr\u00e8s des autorit\u00e9s vietnamiennes. La seule intervention notable du Quai d\u2019Orsay est celle ayant permis la lib\u00e9ration du lieutenant Eycheni\u00e9, du 2<sup>\u00e8me<\/sup> bataillon tha\u00ef, le 28 d\u00e9cembre 1955 \u00e0 Hong Kong, faisant de lui, tr\u00e8s officiellement<a class=\"sdfootnoteanc\" style=\"color: #ffffff;\" href=\"#sdfootnote1sym\" name=\"sdfootnote1anc\"><sup>1<\/sup><\/a>, le dernier prisonnier lib\u00e9r\u00e9 de la guerre d\u2019Indochine<a class=\"sdfootnoteanc\" style=\"color: #ffffff;\" href=\"#sdfootnote2sym\" name=\"sdfootnote2anc\"><sup>2<\/sup><\/a>. Apr\u00e8s d\u2019ultimes actualisations, \u00e0 la date du 1<sup>er<\/sup> juin 1959, le nombre des disparus s\u2019\u00e9tablissait officiellement comme suit (Tab. 2) :<\/span><\/p>\n<figure id=\"attachment_4116\" aria-describedby=\"caption-attachment-4116\" style=\"width: 926px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"wp-image-4116 size-full\" src=\"https:\/\/anapi.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/10\/disparus121226-6.jpg\" alt=\"\" width=\"926\" height=\"344\" srcset=\"https:\/\/anapi.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/10\/disparus121226-6.jpg 926w, https:\/\/anapi.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/10\/disparus121226-6-300x111.jpg 300w, https:\/\/anapi.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/10\/disparus121226-6-768x285.jpg 768w\" sizes=\"auto, (max-width: 926px) 100vw, 926px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-4116\" class=\"wp-caption-text\"><span style=\"font-size: 12pt;\">Tableau 2.\u2013 Situation des disparus au 1er juin 1959. (Robert Bonnafous, Les prisonniers fran\u00e7ais\u2026, op.cit., p. 221)<\/span><\/figcaption><\/figure>\n<div id=\"sdfootnote1\">\n<p align=\"JUSTIFY\"><span style=\"color: #000000; font-size: 12pt; font-family: arial, helvetica, sans-serif;\">Interrog\u00e9e sur la situation des manquants, l\u2019APVN d\u00e9clarera que 46% sont effectivement d\u00e9c\u00e9d\u00e9s, quant aux autres, elle ne sera pas en mesure de donner des explications. <\/span><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><span style=\"color: #000000; font-size: 12pt; font-family: arial, helvetica, sans-serif;\"><b>Conclusion <\/b><\/span><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 12pt;\"><span style=\"color: #000000;\">Dans l\u2019imm\u00e9diatet\u00e9 de la Seconde Guerre mondiale, la guerre d\u2019Indochine entra\u00eena la France dans un conflit d\u2019un type in\u00e9dit : une guerre r\u00e9volutionnaire, sans v\u00e9ritable ligne de front, face \u00e0 un adversaire qualifi\u00e9 de \u00ab rebelles \u00bb. De ce fait, n\u2019\u00e9tant pas reconnu comme bellig\u00e9rant, \u00e0 aucun moment du conflit, le Vi\u00eat-Minh ne se sentit concern\u00e9 par le respect des conventions de Gen\u00e8ve, traitant de la question des prisonniers de guerre et notamment de la possibilit\u00e9 donn\u00e9e \u00e0 la Croix-Rouge d\u2019acc\u00e9der aux lieux de d\u00e9tention. Ne pouvant s\u2019appuyer sur un recensement habituellement r\u00e9alis\u00e9 par la Croix-Rouge et n\u2019ayant par ailleurs aucun v\u00e9ritable contact officiel chez l\u2019adversaire, l\u2019administration et le commandement militaire fran\u00e7ais furent bien en peine de <\/span><span style=\"color: #000000;\">clarifier la situation des disparus, pr\u00e9sum\u00e9s prisonniers, de celle des pr\u00e9sum\u00e9s morts\u2026, quand ils ne furent pas purement et simplement consid\u00e9r\u00e9s comme d\u00e9serteurs. Jusqu\u2019aux d\u00e9but des ann\u00e9es 70, certaines familles parviendront, apr\u00e8s avoir recueilli les t\u00e9moignages de rescap\u00e9s, \u00e0 r\u00e9habiliter la m\u00e9moire d\u2019un proche consid\u00e9r\u00e9 \u00e0 tort comme d\u00e9serteur alors qu\u2019il \u00e9tait mort dans l\u2019anonymat le plus complet dans un camp. Parmi ces disparus, il est \u00e9galement possible qu\u2019un certain nombre soit rest\u00e9 en captif apr\u00e8s la guerre et y soient morts dans la totale indiff\u00e9rence de nos gouvernants de l\u2019\u00e9poque. \u00c0 la lueur des \u00e9l\u00e9ments pr\u00e9c\u00e9demment \u00e9voqu\u00e9s, il est aujourd\u2019hui impossible d\u2019\u00e9vacuer totalement ce doute. Une faible consolation permet n\u00e9anmoins d\u2019esp\u00e9rer, apr\u00e8s avoir mis en lumi\u00e8re le sort de ces malheureux, pour la v\u00e9rit\u00e9, pour l\u2019histoire, qu\u2019ils puissent d\u00e9sormais reposer en paix, amalgam\u00e9s pour toujours \u00e0 cette terre indochinoise qu\u2019ils avaient tant aim\u00e9e.<\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><span style=\"font-size: 12pt;\">43. <span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif;\"><strong><span style=\"color: #000000;\">SHD, 10 H 315, note n\u00b02914\/BDPGI\/UF : Lib\u00e9ration des PG des pays de l\u2019Est.<\/span><\/strong><\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><span style=\"font-size: 12pt;\">44. <span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif;\"><strong><span style=\"color: #000000;\">Enlev\u00e9 \u00e0 Binh Lu par des trafiquants d\u2019opium le 4 avril 1951, puis livr\u00e9 au Vi\u00eat-Minh, il aurait ensuite \u00e9t\u00e9 repris par des militaires chinois et entrain\u00e9 de l\u2019autre c\u00f4t\u00e9 de la fronti\u00e8re. Il a de ce fait \u00e9t\u00e9 accus\u00e9 par les autorit\u00e9s chinoises d\u2019avoir p\u00e9n\u00e9tr\u00e9 son territoire sans autorisation \u00e0 des fins d\u2019espionnage.<\/span><\/strong><\/span><\/span><\/p>\n<\/div>\n<div id=\"sdfootnote2\">\n<p class=\"sdfootnote\">\n<\/div>\n<p class=\"sdfootnote\">\n<\/div>\n<div id=\"sdfootnote2\">\n<p class=\"sdfootnote\">\n<\/div>\n<p class=\"sdfootnote\">\n<\/div>\n<\/div>\n<div id=\"sdfootnote6\">\n<p class=\"sdfootnote\">\n<\/div>\n<p class=\"sdfootnote\">\n<\/div>\n<div id=\"sdfootnote3\">\n<p class=\"sdfootnote\">\n<\/div>\n<div id=\"sdfootnote4\">\n<p align=\"JUSTIFY\"><span style=\"font-size: 12pt;\"><a class=\"sdfootnotesym\" href=\"#sdfootnote4anc\" name=\"sdfootnote4sym\"><\/a><\/span><\/p>\n<\/div>\n<div id=\"sdfootnote5\">\n<p class=\"sdfootnote\">\n<\/div>\n<p align=\"JUSTIFY\"><span style=\"font-size: 12pt;\"><a class=\"sdfootnotesym\" href=\"#sdfootnote1anc\" name=\"sdfootnote1sym\"><\/a><\/span><\/p>\n<\/div>\n<div id=\"sdfootnote2\">\n<p class=\"sdfootnote\">\n<\/div>\n<div id=\"sdfootnote5\">\n<p class=\"sdfootnote\">\n<\/div>\n<p class=\"sdfootnote\">\n<\/div>\n<\/div>\n<div id=\"sdfootnote3\">\n<p align=\"JUSTIFY\"><span style=\"font-size: 12pt;\"><a class=\"sdfootnotesym\" href=\"#sdfootnote3anc\" name=\"sdfootnote3sym\"><\/a><\/span><\/p>\n<\/div>\n<div id=\"sdfootnote4\">\n<p class=\"sdfootnote\">\n<\/div>\n<p align=\"JUSTIFY\"><span style=\"font-size: 12pt;\"><a class=\"sdfootnotesym\" href=\"#sdfootnote1anc\" name=\"sdfootnote1sym\"><\/a><\/span><\/p>\n<\/div>\n<div id=\"sdfootnote2\">\n<p class=\"sdfootnote\">\n<\/div>\n<div id=\"sdfootnote1\">\n<p align=\"JUSTIFY\"><span style=\"font-size: 12pt;\"><a class=\"sdfootnotesym\" href=\"#sdfootnote1anc\" name=\"sdfootnote1sym\"><\/a><\/span><\/p>\n<\/div>\n<div id=\"sdfootnote2\">\n<p class=\"sdfootnote\">\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<div id=\"sdfootnote1\">\n<p class=\"sdfootnote\">\n<\/div>\n<p class=\"sdfootnote\">\n<\/div>\n<div id=\"sdfootnote2\">\n<p class=\"sdfootnote\" style=\"text-align: justify;\">\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<p>Views: 0<\/p>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Lieutenant-colonel (r) Philippe Chasseriaud,\u00a0pr\u00e9sident \u00cele-de-France ANAPI. 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Une guerre qui, pour une bonne partie de l\u2019opinion fran\u00e7aise, est avant tout une guerre sans int\u00e9r\u00eat, lointaine se d\u00e9roulant \u00e0 l\u2019autre bout du [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_uag_custom_page_level_css":"","site-sidebar-layout":"default","site-content-layout":"","ast-site-content-layout":"default","site-content-style":"default","site-sidebar-style":"default","ast-global-header-display":"","ast-banner-title-visibility":"","ast-main-header-display":"","ast-hfb-above-header-display":"","ast-hfb-below-header-display":"","ast-hfb-mobile-header-display":"","site-post-title":"","ast-breadcrumbs-content":"","ast-featured-img":"","footer-sml-layout":"","ast-disable-related-posts":"","theme-transparent-header-meta":"default","adv-header-id-meta":"","stick-header-meta":"default","header-above-stick-meta":"","header-main-stick-meta":"","header-below-stick-meta":"","astra-migrate-meta-layouts":"set","ast-page-background-enabled":"default","ast-page-background-meta":{"desktop":{"background-color":"","background-image":"","background-repeat":"repeat","background-position":"center center","background-size":"auto","background-attachment":"scroll","background-type":"","background-media":"","overlay-type":"","overlay-color":"","overlay-opacity":"","overlay-gradient":""},"tablet":{"background-color":"","background-image":"","background-repeat":"repeat","background-position":"center center","background-size":"auto","background-attachment":"scroll","background-type":"","background-media":"","overlay-type":"","overlay-color":"","overlay-opacity":"","overlay-gradient":""},"mobile":{"background-color":"","background-image":"","background-repeat":"repeat","background-position":"center center","background-size":"auto","background-attachment":"scroll","background-type":"","background-media":"","overlay-type":"","overlay-color":"","overlay-opacity":"","overlay-gradient":""}},"ast-content-background-meta":{"desktop":{"background-color":"var(--ast-global-color-5)","background-image":"","background-repeat":"repeat","background-position":"center center","background-size":"auto","background-attachment":"scroll","background-type":"","background-media":"","overlay-type":"","overlay-color":"","overlay-opacity":"","overlay-gradient":""},"tablet":{"background-color":"var(--ast-global-color-5)","background-image":"","background-repeat":"repeat","background-position":"center center","background-size":"auto","background-attachment":"scroll","background-type":"","background-media":"","overlay-type":"","overlay-color":"","overlay-opacity":"","overlay-gradient":""},"mobile":{"background-color":"var(--ast-global-color-5)","background-image":"","background-repeat":"repeat","background-position":"center center","background-size":"auto","background-attachment":"scroll","background-type":"","background-media":"","overlay-type":"","overlay-color":"","overlay-opacity":"","overlay-gradient":""}},"footnotes":""},"categories":[62,1],"tags":[],"table_tags":[],"class_list":["post-4099","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-infos","category-uncategorized"],"uagb_featured_image_src":{"full":false,"thumbnail":false,"medium":false,"medium_large":false,"large":false,"1536x1536":false,"2048x2048":false},"uagb_author_info":{"display_name":"ANAPI","author_link":"https:\/\/anapi.fr\/?author=1"},"uagb_comment_info":0,"uagb_excerpt":"Lieutenant-colonel (r) Philippe Chasseriaud,\u00a0pr\u00e9sident \u00cele-de-France ANAPI. 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