{"id":81,"date":"2021-01-11T22:09:42","date_gmt":"2021-01-11T22:09:42","guid":{"rendered":"http:\/\/s856749478.onlinehome.fr\/?p=81"},"modified":"2021-01-20T14:51:21","modified_gmt":"2021-01-20T14:51:21","slug":"le-monde-en-parle-deportes-dindochine-soixante-dix-ans-doubli","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/anapi.fr\/?p=81","title":{"rendered":"Le &#8220;Monde&#8221; en parle : D\u00e9port\u00e9s d\u2019Indochine : soixante-dix ans d\u2019oubli"},"content":{"rendered":"\r\n<figure class=\"wp-block-image size-large\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"988\" height=\"559\" class=\"wp-image-83\" src=\"http:\/\/s856749478.onlinehome.fr\/wp-content\/uploads\/2021\/01\/2016-05-04monde.jpg\" alt=\"\" srcset=\"https:\/\/anapi.fr\/wp-content\/uploads\/2021\/01\/2016-05-04monde.jpg 988w, https:\/\/anapi.fr\/wp-content\/uploads\/2021\/01\/2016-05-04monde-300x170.jpg 300w, https:\/\/anapi.fr\/wp-content\/uploads\/2021\/01\/2016-05-04monde-768x435.jpg 768w\" sizes=\"auto, (max-width: 988px) 100vw, 988px\" \/><\/figure>\r\n\r\n\r\n\r\n<p class=\"has-text-align-left\" style=\"text-align: justify;\">Ancien avocat au barreau de Versailles, Fran\u00e7ois Cartigny a l\u02bc\u00e9l\u00e9gance de la France d\u02bcantan qui porte\u00a0blazer bleu marine \u00e0 boutons dor\u00e9s et termine ses correspondances par \u00ab Votre d\u00e9vou\u00e9 \u00bb.<\/p>\r\n\r\n\r\n\r\n<p style=\"text-align: justify;\">L\u02bchomme \u00e9crit.\u00a0Beaucoup. Enorm\u00e9ment. Ses courriers, document\u00e9s et pr\u00e9cis, envoy\u00e9s \u00e0 l\u02bcOffice national des anciens\u00a0combattants et victimes de guerre (ONACVG), l\u02bcaident \u00e0 accomplir sa \u00ab Mission \u00bb \u2013 avec un grand M,\u00a0insiste-t-il : honorer la m\u00e9moire des martyrs oubli\u00e9s de la R\u00e9sistance et de la d\u00e9portation.<br \/>Le septuag\u00e9naire vient de remporter une victoire historique : deux soldats de l\u02bcinfanterie coloniale, les\u00a0Martiniquais Agn\u00e8s-Albert Aly et On\u00e9sime Vernes, ont obtenu de la France, \u00e0 titre posthume, la mention\u00a0\u00ab Mort en d\u00e9portation \u00bb. Leurs noms figurent au Journal officiel du 7 f\u00e9vrier. Ce sont les premiers \u00e0 recevoir\u00a0cet honneur national en \u00e9tant d\u00e9c\u00e9d\u00e9s non pas dans un camp nazi, mais dans un camp japonais en\u00a0Indochine, en 1945. \u00ab Il devrait y en avoir bient\u00f4t beaucoup d\u02bcautres, convient Daniel Arnaud, chef du\u00a0d\u00e9partement reconnaissance et r\u00e9paration \u00e0 l\u02bcONACVG.<\/p>\r\n\r\n\r\n\r\n<p style=\"text-align: justify;\">M\u00eame si cela n\u02bcest sp\u00e9cifi\u00e9 dans aucun\u00a0document, l\u02bcesprit de la loi Badinter du 15 mai 1985 qui a instaur\u00e9 cette dignit\u00e9 visait les hommes, les\u00a0femmes et les enfants d\u00e9port\u00e9s sur le sol europ\u00e9en. Nos services ont d\u02bcabord et surtout port\u00e9 leurs efforts\u00a0sur eux. \u00bb<br \/>La comptabilit\u00e9 inachev\u00e9e de cette barbarie ignoble \u2013 on estime \u00e0 150 000 environ le nombre de personnes\u00a0envoy\u00e9es dans les camps \u00e0 partir de la France et \u00e0 125 000 ceux qui y p\u00e9rirent \u2013 en t\u00e9moigne : 78 498\u00a0mentions \u00ab Mort en d\u00e9portation \u00bb avaient \u00e9t\u00e9 attribu\u00e9es au 4 mars.<\/p>\r\n\r\n\r\n\r\n<p style=\"text-align: justify;\">Parmi elles, 78 496 sont des victimes du\u00a0IIIe Reich et deux, d\u00e9sormais, d\u02bcune autre puissance de l\u02bcAxe, le Japon.<\/p>\r\n\r\n\r\n\r\n<p style=\"text-align: justify;\"><br \/>Une part d\u02bchistoire peu connue\u00a0L\u02bcIndochine de 1945 reste un th\u00e9\u00e2tre d\u02bcop\u00e9rations m\u00e9connu. Les Fran\u00e7ais connaissent beaucoup mieux\u00a0l\u02bchistoire du D\u00e9barquement et des plages de Normandie. A l\u02bc\u00e9cole, on apprend plut\u00f4t le conflit li\u00e9 \u00e0 la guerred\u02bcind\u00e9pendance de 1946 men\u00e9e par le Vietminh contre la France et qui s\u02bcacheva en 1954 apr\u00e8s la d\u00e9faite\u00a0de Dien Bien Phu.<\/p>\r\n\r\n\r\n\r\n<p style=\"text-align: justify;\">Qui se souvient en revanche des \u00e9v\u00e9nements qui se d\u00e9roul\u00e8rent sur ce territoirefran\u00e7ais d\u02bcAsie du Sud-Est au cours de la seconde guerre mondiale ?<br \/>Apr\u00e8s l\u02bcarmistice du 22 juin 1940, l\u02bcamiral Jean Decoux est nomm\u00e9 gouverneur g\u00e9n\u00e9ral de l\u02bcIndochine\u00a0fran\u00e7aise (Vietnam, Laos, Cambodge) par P\u00e9tain, pr\u00e9sident du Conseil depuis le 16 juin. Il applique la\u00a0politique de Vichy et collabore avec les forces d\u02bcoccupation japonaises. La \u00ab souverainet\u00e9 fran\u00e7aise \u00bb est\u00a0maintenue officiellement.<\/p>\r\n\r\n\r\n\r\n<p style=\"text-align: justify;\">Mais le 9 mars 1945, alors que les Alli\u00e9s sont proches de la victoire en Europe etque les Am\u00e9ricains infligent de lourdes pertes aux Japonais dans le Pacifique, l\u02bcempereur Hirohito ordonne\u00a0\u00e0 ses troupes de prendre le contr\u00f4le de l\u02bcIndochine o\u00f9 vivent alors environ 40 000 Fran\u00e7ais, dont 18 000\u00a0militaires.<\/p>\r\n\r\n\r\n\r\n<p style=\"text-align: justify;\"><br \/>En moins de quarante-huit heures, 2 650 soldats fran\u00e7ais perdront la vie, tu\u00e9s au combat ou massacr\u00e9s \u2013\u00a0d\u00e9capit\u00e9s au sabre, enterr\u00e9s vivants, achev\u00e9s \u00e0 la ba\u00efonnette. Des femmes seront viol\u00e9es devant leurs\u00a0maris avant d\u02bc\u00eatre assassin\u00e9es. Les survivants deviennent des captifs. Dans la population civile, 22 000\u00a0personnes sont plac\u00e9es en r\u00e9sidence surveill\u00e9e. Environ 10 000 militaires, fonctionnaires et policiers\u00a0connaissent l\u02bcinternement impitoyable des camps disciplinaires. Pr\u00e8s de 6 000 autres, dont 900 civils,\u00a0soup\u00e7onn\u00e9s d\u02bcavoir r\u00e9sist\u00e9 et complot\u00e9 contre le Japon, sont envoy\u00e9s en d\u00e9portation, livr\u00e9s \u00e0 la merci de laKempetai, l\u02bc\u00e9lite de la police militaire, plus connue sous le nom de la \u00ab Gestapo Jap \u00bb.<\/p>\r\n\r\n\r\n\r\n<p style=\"text-align: justify;\">Leur martyre ne\u00a0s\u02bcach\u00e8vera que le 2 septembre 1945, lors de la capitulation japonaise sign\u00e9e en rade de Tokyo \u00e0 bord du\u00a0croiseur am\u00e9ricain USS-Missouri.<\/p>\r\n\r\n\r\n\r\n<p style=\"text-align: justify;\"><br \/>Un homme peut encore raconter aujourd\u02bchui la sauvagerie de la Kempetai, qui enfermait jusqu\u02bc\u00e0 20\u00a0prisonniers dans des cages en bois de 4 x 4 m\u00e8tres, en principe r\u00e9serv\u00e9es aux tigres.<\/p>\r\n\r\n\r\n\r\n<p style=\"text-align: justify;\">Ce grand t\u00e9moin de\u00a0l\u02bcHistoire, comme le fut jusqu\u02bcen 2008 Lazare Ponticelli, l\u02bcultime poilu fran\u00e7ais disparu \u00e0 110 ans, s\u02bcappelle\u00a0Raymond Bonnet. \u00ab Il est le dernier survivant des camps de la mort japonais \u00bb, confie, \u00e9mu, Ren\u00e9 Poujade,\u00a096 ans, l\u02bcun de ses fr\u00e8res d\u02bcarmes, secr\u00e9taire g\u00e9n\u00e9ral de la F\u00e9d\u00e9ration des r\u00e9seaux de la R\u00e9sistance en\u00a0Indochine (1940-1945).<\/p>\r\n\r\n\r\n\r\n<p style=\"text-align: justify;\"><br \/>A Antibes, dans les Alpes-Maritimes, la maison de Raymond Bonnet est \u00e0 l\u02bcabri du tumulte habituel de la\u00a0C\u00f4te d\u02bcAzur. Dans le jardin, deux mimosas en fleur et une fontaine dont l\u02bceau coule en douce cascade.<\/p>\r\n\r\n\r\n\r\n<p style=\"text-align: justify;\"><br \/>L\u02bcancien guerrier, commandeur de la L\u00e9gion d\u02bchonneur, m\u00e9daill\u00e9 de la R\u00e9sistance et auteur de tant d\u02bcactes\u00a0de bravoure, aspire au calme et aux grasses matin\u00e9es : \u00ab C\u02bcest idiot, mais figurez-vous que j\u02bcai mal aux os,\u00a0la seule chose que les Japonais ont bien voulu me laisser. \u00bb\u00a025 kg perdus en quelques semaines\u00a0Depuis le d\u00e9c\u00e8s de son \u00e9pouse, le vieux monsieur de 93 ans vit seul, \u00e9paul\u00e9 au quotidien par uneemploy\u00e9e de maison. Jambes interminables, longues mains, il a un beau visage sec \u00e0 la Mauriac. On le lui\u00a0dit. \u00ab C\u02bc\u00e9tait un \u00e9crivain engag\u00e9. Nous avons donc un point commun. Sinon, j\u02bc\u00e9cris moi aussi, mais des\u00a0souvenirs, juste des souvenirs \u00bb, sourit-il, en saisissant un livre pos\u00e9 \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de lui : Condamn\u00e9 \u00e0 mort par\u00a0les Japonais.<\/p>\r\n\r\n\r\n\r\n<p style=\"text-align: justify;\">D\u02bcAurillac \u00e0 Sa\u00efgon, tribulations d\u02bcun r\u00e9sistant (1941-1946) (Editions du Bailli de Suffren,\u00a02014). \u00ab Vous voyez, j\u02bcai utilis\u00e9 le mot tribulations, car il ne faut pas imaginer que nous \u00e9tions les rois de\u00a0l\u02bcorganisation. Je me demande parfois comment nous avons fait pour r\u00e9ussir\u2026 \u00bb<\/p>\r\n\r\n\r\n\r\n<p style=\"text-align: justify;\"><br \/>Le r\u00e9cit de sa vie de maquisard, de sous-lieutenant parachut\u00e9 fin f\u00e9vrier 1945 en Indochine avec deux\u00a0camarades pour y organiser la lutte contre le Japon, puis de leur d\u00e9nonciation, lui \u00e9chappe souvent. Dans\u00a0son livre, ce h\u00e9ros d\u00e9crit l\u02bcenfer de l\u02bcemprisonnement et des interrogatoires dans les cellules de la s\u00fbret\u00e9 \u00e0\u00a0Phnom Penh : les bastonnades au bambou et au rotin, le supplice de l\u02bceau qui noie les poumons, la vie en\u00a0cage dont les parois \u00e9taient recouvertes d\u02bcexcr\u00e9ments, les parasites, la faim, la perte de 25 kg en quelques\u00a0semaines\u2026<\/p>\r\n\r\n\r\n\r\n<p style=\"text-align: justify;\"><br \/>Les yeux tourn\u00e9s vers son jardin, il confirme tout cela : \u00ab Pour entrer dans la cage, il fallait passer \u00e0 quatre\u00a0pattes par un petit portillon de 50 cm de haut. Nous avions l\u02bcinterdiction de nous adosser sur les parois.<br \/>Nous avions ordre de rester assis en tailleur au milieu de notre prison de 6 heures du matin jusqu\u02bc\u00e0\u00a08 heures le soir. C\u02bc\u00e9tait tr\u00e8s \u00e9prouvant. \u00bb On sent la fatigue le gagner. Il doit se reposer.<\/p>\r\n\r\n\r\n\r\n<p style=\"text-align: justify;\">Avant de gagner sa chambre, il ajoute seulement : \u00ab La guerre de 1945 ne s\u02bcest pas finie le 8 mai. Jusqu\u02bc\u00e0 la capitulation japonaise, des hommes et des femmes ont continu\u00e9 \u00e0 se battre et \u00e0 souffrir en Indochine. C\u02bcest important d\u02bcen parler. Eux aussi servaient les int\u00e9r\u00eats de la France. \u00bb<\/p>\r\n\r\n\r\n\r\n<p style=\"text-align: justify;\"><br \/>En ce dimanche 6 mars, le soleil chauffe les pav\u00e9s des Invalides \u00e0 Paris. Il r\u00e8gne comme un avant-go\u00fbt de printemps. Un petit groupe avance lentement vers la cath\u00e9drale Saint-Louis. Une quarantaine d\u02bcanciens sont venus honorer, comme chaque ann\u00e9e, les milliers de victimes du coup de force japonais du 9 mars 1945. La plaque m\u00e9morielle qui leur rend hommage \u00e9tait plac\u00e9e jusqu\u02bc\u00e0 maintenant sur un chevalet dans la galerie de la cour d\u02bchonneur. Elle a enfin trouv\u00e9 place dans l\u02bc\u00e9glise des soldats, au pied de l\u02bcautel de la Vierge Marie. Malade, Serge Huet, 85 ans, pr\u00e9sident du Groupement des rescap\u00e9s du 9 mars 1945 en Indochine, a failli ne pas venir. \u00ab Les Invalides, c\u02bcest bien pour nous qui sommes des pi\u00e8ces de mus\u00e9e \u00bb, s\u02bcefforce-t-il de plaisanter malgr\u00e9 la douleur qui le fait grimacer.<\/p>\r\n\r\n\r\n\r\n<p style=\"text-align: justify;\"><br \/>\u00ab Les oubli\u00e9s du bout du monde \u00bb<br \/>Le soir du 9 mars 1945, il se trouvait avec sa famille \u00e0 My Tho, au sud de Sa\u00efgon, dans le delta du M\u00e9kong.<br \/>L\u02bcadolescent qu\u02bcil \u00e9tait alors a vu des marins fran\u00e7ais abattus \u00e0 bout portant par les soldats japonais alors qu\u02bcils se rendaient, mains en l\u02bcair. Il entend encore les cris de cette femme dont le mari venait d\u02bc\u00eatre tu\u00e9 devant elle, et qui a aval\u00e9 du d\u00e9tergent pour en finir.<\/p>\r\n\r\n\r\n\r\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00ab Vous vous rendez compte, il a fallu attendre 2016 pour que deux de nos morts en d\u00e9portation soient enfin reconnus\u2026 En r\u00e9alit\u00e9, nous avons \u00e9t\u00e9 les oubli\u00e9s du bout du monde, pendant la guerre et apr\u00e8s. \u00bb<\/p>\r\n\r\n\r\n\r\n<p style=\"text-align: justify;\"><br \/>L\u02bcesprit de la loi Badinter tourn\u00e9 vers les victimes de l\u02bcHolocauste ne peut expliquer \u00e0 elle seule ce trop long silence. Depuis 1951, les outils juridiques existent pour reconna\u00eetre ces martyrs morts en Indochine.<\/p>\r\n\r\n\r\n\r\n<p style=\"text-align: justify;\"><br \/>Pourquoi un tel retard ? Chef du d\u00e9partement de la m\u00e9moire \u00e0 l\u02bcONACVG, Benjamin Foissey avance l\u02bcexplication la plus plausible : \u00ab Pendant les ann\u00e9es qui ont suivi la Lib\u00e9ration, le r\u00e9cit gaullo-communiste a \u00e9lud\u00e9 ces \u00e9v\u00e9nements car les militaires d\u02bcIndochine \u00e9taient membres de l\u02bcarm\u00e9e d\u02bcarmistice, et donc consid\u00e9r\u00e9s comme des p\u00e9tainistes. \u00bb Indignes, par cons\u00e9quent. Historien, sp\u00e9cialiste de l\u02bcAsie, Jean-Louis Margolin \u00e9voque une autre raison : \u00ab Seul le lobby colonial aurait pu prendre leur d\u00e9fense.<\/p>\r\n\r\n\r\n\r\n<p style=\"text-align: justify;\">Mais dans les ann\u00e9es 1950, on assiste \u00e0 une mont\u00e9e g\u00e9n\u00e9rale de l\u02bcanticolonialisme notamment port\u00e9 par le Parti communiste. Les rapatri\u00e9s d\u02bcAlg\u00e9rie ont eu droit au m\u00eame m\u00e9pris. \u00bb<br \/>Serge Huet se souvient de son retour en m\u00e9tropole en juillet 1946. \u00ab Nous pensions \u00eatre bien accueillis.<br \/>Mais quand le bateau s\u02bcest amarr\u00e9 dans le port de Toulon, les dockers de la CGT nous ont insult\u00e9s : \u201cO\u00f9 vous les avez mis vos lingots d\u02bcor ? Sales exploiteurs\u2026\u201d Beaucoup d\u02bcentre nous ont pleur\u00e9. \u00bb<\/p>\r\n\r\n\r\n\r\n<p style=\"text-align: justify;\"><br \/>Fran\u00e7ois Cartigny a la ferme intention de continuer \u00e0 d\u00e9fendre \u00ab ces abandonn\u00e9s, ces voix qui se sont tues sans que personne ne les entende \u00bb. Si les premi\u00e8res mentions \u00ab Mort en d\u00e9portation \u00bb ont \u00e9t\u00e9 attribu\u00e9es \u00e0 deux Martiniquais, c\u02bcest simplement parce que le juriste est tomb\u00e9 amoureux de \u00ab cette \u00eele enchanteresse \u00bb et de ses habitants en 1986, quand il s\u02bcy installe pour vingt ans comme notaire. L\u02bchistoire de ce bout de terre le passionne. Il est ainsi devenu le pr\u00e9sident du Comit\u00e9 pour un m\u00e9morial martiniquais de la R\u00e9sistance, de la d\u00e9portation et de l\u02bcinternement.<\/p>\r\n\r\n\r\n\r\n<p style=\"text-align: justify;\"><br \/>Aujourd\u02bchui, son combat devient plus politique. Le 31 mars, il a rendez-vous avec R\u00e9gine Pov\u00e9da, d\u00e9put\u00e9e PS dans le Lot-et-Garonne, d\u00e9partement o\u00f9 il r\u00e9side d\u00e9sormais, dans le petit village d\u02bcEscassefort, pour qu\u02bcelle le soutienne dans sa volont\u00e9 de faire modifier la loi du 15 avril 1954. Le texte consacre le dernier dimanche d\u02bcavril \u00ab au souvenir des victimes de la d\u00e9portation et morts dans les camps de concentration du IIIe Reich au cours de la guerre 1939-1945 \u00bb. Fran\u00e7ois Cartigny propose de l\u02bcamender en ajoutant une petite incise : \u00ab et de l\u02bcempire du Japon, en Indochine \u00bb. Quelques mots, juste quelques mots, pour rendre<br \/>enfin justice \u00e0 ces oubli\u00e9s de la patrie.<\/p>\r\n\r\n\r\n\r\n<p style=\"text-align: justify;\">SOURCE : LE MONDE | 11.03.2016<br \/><br \/>Par Marie-B\u00e9atrice Baudet (Antibes (Alpes-Maritimes), Escassefort (Lot-et-Garonne), envoy\u00e9e sp\u00e9ciale).<\/p>\r\n<p><a href=\"http:\/\/s856749478.onlinehome.fr\/wp-content\/uploads\/2021\/01\/ArticlemondeIndochine.pdf\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">T\u00e9l\u00e9charger l&#8217;article au format PDF !<\/a><\/p>\r\n\r\n\r\n\r\n\r\n\r\n\r\n\r\n<p>&nbsp;<\/p>\r\n\r\n\r\n\r\n<figure id=\"outertable108\" class=\"wp-block-table\">\r\n<table>\r\n<tbody>\r\n<tr>\r\n<td>\u00a0<\/td>\r\n<\/tr>\r\n<\/tbody>\r\n<\/table>\r\n<\/figure>\r\n\r\n\r\n<hr class=\"wp-block-separator\" \/>\r\n\r\n\r\n<figure id=\"menu_wrap101\" class=\"wp-block-table\">\r\n<table>\r\n<tbody>\r\n<tr>\r\n<td>\u00a0<\/td>\r\n<\/tr>\r\n<\/tbody>\r\n<\/table>\r\n<\/figure>\r\n\r\n\r\n<hr class=\"wp-block-separator\" \/>\r\n\r\n\r\n<figure class=\"wp-block-table\">\r\n<table>\r\n<tbody>\r\n<tr>\r\n<td>\u00a0<\/td>\r\n<\/tr>\r\n<tr>\r\n<td>\u00a0<\/td>\r\n<\/tr>\r\n<tr>\r\n<td>\u00a0<\/td>\r\n<\/tr>\r\n<\/tbody>\r\n<\/table>\r\n<\/figure>\r\n\r\n\r\n\r\n<figure class=\"wp-block-table\">\r\n<table>\r\n<tbody>\r\n<tr>\r\n<td>\u00a0<\/td>\r\n<\/tr>\r\n<tr>\r\n<td>\u00a0<\/td>\r\n<\/tr>\r\n<\/tbody>\r\n<\/table>\r\n<\/figure>\r\n\r\n\r\n\r\n<figure class=\"wp-block-table\">\r\n<table>\r\n<tbody>\r\n<tr>\r\n<td>\u00a0<\/td>\r\n<\/tr>\r\n<tr>\r\n<td>\u00a0<\/td>\r\n<\/tr>\r\n<tr>\r\n<td>\u00a0<\/td>\r\n<\/tr>\r\n<tr>\r\n<td>\u00a0<\/td>\r\n<\/tr>\r\n<tr>\r\n<td>\u00a0<\/td>\r\n<\/tr>\r\n<tr>\r\n<td>\u00a0<\/td>\r\n<\/tr>\r\n<tr>\r\n<td>\u00a0<\/td>\r\n<\/tr>\r\n<tr>\r\n<td>\u00a0<\/td>\r\n<\/tr>\r\n<tr>\r\n<td>\u00a0<\/td>\r\n<\/tr>\r\n<\/tbody>\r\n<\/table>\r\n<\/figure>\r\n\r\n\r\n\r\n<figure class=\"wp-block-table\">\r\n<table>\r\n<tbody>\r\n<tr>\r\n<td>\u00a0<\/td>\r\n<\/tr>\r\n<tr>\r\n<td>\u00a0<\/td>\r\n<\/tr>\r\n<tr>\r\n<td>\u00a0<\/td>\r\n<\/tr>\r\n<tr>\r\n<td>\u00a0<\/td>\r\n<\/tr>\r\n<tr>\r\n<td>\u00a0<\/td>\r\n<\/tr>\r\n<\/tbody>\r\n<\/table>\r\n<\/figure>\r\n\r\n\r\n\r\n<p>&nbsp;<\/p>\r\n<p>Views: 1<\/p>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Ancien avocat au barreau de Versailles, Fran\u00e7ois Cartigny a l\u02bc\u00e9l\u00e9gance de la France d\u02bcantan qui porte\u00a0blazer bleu marine \u00e0 boutons dor\u00e9s et termine ses correspondances par \u00ab Votre d\u00e9vou\u00e9 \u00bb. L\u02bchomme \u00e9crit.\u00a0Beaucoup. Enorm\u00e9ment. Ses courriers, document\u00e9s et pr\u00e9cis, envoy\u00e9s \u00e0 l\u02bcOffice national des anciens\u00a0combattants et victimes de guerre (ONACVG), l\u02bcaident \u00e0 accomplir sa \u00ab Mission [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_uag_custom_page_level_css":"","site-sidebar-layout":"default","site-content-layout":"","ast-site-content-layout":"default","site-content-style":"default","site-sidebar-style":"default","ast-global-header-display":"","ast-banner-title-visibility":"","ast-main-header-display":"","ast-hfb-above-header-display":"","ast-hfb-below-header-display":"","ast-hfb-mobile-header-display":"","site-post-title":"","ast-breadcrumbs-content":"","ast-featured-img":"","footer-sml-layout":"","ast-disable-related-posts":"","theme-transparent-header-meta":"","adv-header-id-meta":"","stick-header-meta":"","header-above-stick-meta":"","header-main-stick-meta":"","header-below-stick-meta":"","astra-migrate-meta-layouts":"default","ast-page-background-enabled":"default","ast-page-background-meta":{"desktop":{"background-color":"","background-image":"","background-repeat":"repeat","background-position":"center center","background-size":"auto","background-attachment":"scroll","background-type":"","background-media":"","overlay-type":"","overlay-color":"","overlay-opacity":"","overlay-gradient":""},"tablet":{"background-color":"","background-image":"","background-repeat":"repeat","background-position":"center center","background-size":"auto","background-attachment":"scroll","background-type":"","background-media":"","overlay-type":"","overlay-color":"","overlay-opacity":"","overlay-gradient":""},"mobile":{"background-color":"","background-image":"","background-repeat":"repeat","background-position":"center center","background-size":"auto","background-attachment":"scroll","background-type":"","background-media":"","overlay-type":"","overlay-color":"","overlay-opacity":"","overlay-gradient":""}},"ast-content-background-meta":{"desktop":{"background-color":"var(--ast-global-color-5)","background-image":"","background-repeat":"repeat","background-position":"center center","background-size":"auto","background-attachment":"scroll","background-type":"","background-media":"","overlay-type":"","overlay-color":"","overlay-opacity":"","overlay-gradient":""},"tablet":{"background-color":"var(--ast-global-color-5)","background-image":"","background-repeat":"repeat","background-position":"center center","background-size":"auto","background-attachment":"scroll","background-type":"","background-media":"","overlay-type":"","overlay-color":"","overlay-opacity":"","overlay-gradient":""},"mobile":{"background-color":"var(--ast-global-color-5)","background-image":"","background-repeat":"repeat","background-position":"center center","background-size":"auto","background-attachment":"scroll","background-type":"","background-media":"","overlay-type":"","overlay-color":"","overlay-opacity":"","overlay-gradient":""}},"footnotes":""},"categories":[30],"tags":[],"table_tags":[],"class_list":["post-81","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-vie-association"],"uagb_featured_image_src":{"full":false,"thumbnail":false,"medium":false,"medium_large":false,"large":false,"1536x1536":false,"2048x2048":false},"uagb_author_info":{"display_name":"ANAPI","author_link":"https:\/\/anapi.fr\/?author=1"},"uagb_comment_info":0,"uagb_excerpt":"Ancien avocat au barreau de Versailles, Fran\u00e7ois Cartigny a l\u02bc\u00e9l\u00e9gance de la France d\u02bcantan qui porte\u00a0blazer bleu marine \u00e0 boutons dor\u00e9s et termine ses correspondances par \u00ab Votre d\u00e9vou\u00e9 \u00bb. 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