Stien Louis, – Les soldats oubliés

Stien, Louis,
Les soldats oubliés. De cao-Bang aux camps de rééducation du Viet-Minh, Paris, Albin Michel, 1993.
Au mois de septembre 1950 s’engageait la bataille de Cao Bang, tournant décisif dans la guerre d’Indochine. Depuis le mois précédent, le Viêt-minh disposait sur la célèbre RC 4 d’un corps de bataille de plus de 30 000 hommes puissamment armés par la Chine. Le gouvernement et le commandement français décidaient alors de replier les forces de Cao Bang et maintenaient cette manoeuvre bien que le général Giap, prenant les devants, se fût assuré du poste clé de Dong Khé. Contre-attaquant, les colonnes Charton et Le Page étaient englouties dans Ici jungle et emportées sous les vagues d’assaut de l’adversaire. Le bataillon étranger de parachutistes – ou 1er BEP – tentait de faire sauter le verrou et se sacrifiait au cours de l’un des affrontements les plus féroces et les plus sanglants de la guerre.
Le livre de Louis Stien, l’un des officiers «fondateurs» de cette unité d’élite, trois fois blessé avant Cao Bang, est le récit pathétique et précis de ces combats qui s’achevèrent, pour ses camarades et lui, par quatre années d’internement dans les camps du Viêt-minh. Louis Stien, qui tenta par deux fois de s’évader, nous donne sur ces camps où régnaient la faim, la misère et la maladie et sur le système de rééducation et d’endoctrinement politiques auxquels étaient soumis les prisonniers, un témoignage saisissant et définitif.
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Stilhé Albert – Le prêtre et le commissaire

Stilhé, A.
Le prêtre et le commissaire, Grasset, 1971.
Depuis une dizaine d’années, la France tente de combler d’importantes lacunes dans le domaine de l’histoire du renseignement. Le Centre d’études d’histoire de la Défense (CEHD), en s’efforçant de stimuler les recherches et les débats, apporte sa contribution à l’enracinement universitaire d’un champ historiographique riche en potentialités. Ce nouvel ouvrage présente une série de conférences organisées entre 2000 et 2005, dans le cadre de la commission d’histoire du renseignement du CEHD placée sous la responsabilité du professeur Bertrand Warusfel. S’il limite son objet à la période dite contemporaine, du début du XIXe siècle aux années 1990, l’ouvrage aborde, en revanche, une large palette de sujets, regroupés dans trois grandes parties distinctes : le renseignement dans la guerre ; le renseignement entre politique et diplomatie ; et le développement du renseignement technique. Quelles furent les conséquences de l’affaire Schnaebelé sur les services de renseignement français et allemands ? Le 2e Bureau mérite-t-il les jugements sévères dont il a fait l’objet à propos de la défaite française de 1940 ? Comment fut organisé le renseignement dans le mouvement Combat, pendant la Résistance, et à quelles fins ? Quel fut le rôle du renseignement dans la défaite allemande à Stalingrad ? Peut-on parler d’un échec des services de renseignement français dans la bataille de Dien Bien Phu ? Pendant la guerre froide, les services français ont-ils réussi à contenir et contrer la pénétration soviétique ? Comment a évolué la cryptologie en France depuis la Première Guerre mondiale ? Quelles sont les origines du réseau Echelon ? Pourquoi la National Security Agency a-t-elle décidé de déclassifier les archives Venona en I995 ?
C’est à toutes ces questions, et à d’autres encore, que le présent ouvrage tente de répondre.
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Teisserenc Jacques – Les oubliés du Nord-Anam


Teisserenc, Jacques
Les oubliés du Nord-Annam, ed. de l’Orme rond, 1985.
L’histoire du sacrifice de ceux qui se sont éteints lentement dans les camps viêt-minh, et celle de la résistance de ceux qui choisirent de ne pas faillir à l’honneur. 1946 – 1954, une page terrible de l’histoire de notre pays.
” Camps de concentration ” ! Le mot appelle immédiatement, en référence, Auschwitz, Buchenwald, Bergen-Belsen. Mais il y eut, de par le monde, bien d’autres camps que les camps nazis, même si, pour des raisons de pudeur… politique, ils sont évoqués moins souvent : les camps où le Viêt-minh gardait ses prisonniers sont de ceux-là.
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Theresin Maurice – Mémoires de captivité

Theresin, Maurice
Mémoires de captivité, La pensée universelle, Paris, 1992
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Thévenet Amédée – J’ai suvécu à l’enfer des camps Viêt minh

Amédée Thévenet
Indochine, octobre 1950. Au nord du pays, la Chine de Mao tend la main au “parti de l’Indépendance vietnamienne” d’Hô Chi Minh. Devant la menace, le commandement français décide d’évacuer les postes les plus exposés bordant la frontière. De violents combats s’engagent. En quinze jours, la moitié des soldats français mourra. Les autres prendront le chemin des camps… où les deux tiers succomberont. Quelques-uns, miraculeusement, résisteront à la faim, à la maladie, à la nature hostile, à l’ambiance avilissante, à la perfidie des commissaires politiques. Amédée Thévenet est de ceux-là. Sans ressentiment, il raconte son histoire et celle de ses compagnons d’infortune. Il témoigne pour ceux qui ne sont pas revenus, il témoigne pour que l’on sache quelles ont été leurs souffrances. Un livre poignant qui fait appel à l’émotion la plus pure.
Amédée Thévenet avait vingt-deux ans en 1950. A son retour de captivité, il entreprend une carrière au ministère de la Santé qui le conduit -à l’inspection générale des Affaires sociales. Créateur et président de Sida Info Services, il est l’auteur de plusieurs ouvrages qui font autorité dans le domaine de l’aide sociale.
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Thévenet Amédée – La guerre d’Indochine racontée par ceux qui l’ont vécue

Thévenet, Amédée
– La guerre d’Indochine racontée par ceux qui l’ont vécue, Paris, France-Empire, 2002.
– Goulags indochinois, Paris, France-Empire
C’est peut-être parce que les appelés du contingent n’y ont pas participé que la guerre d’Indochine n’a pas eu en France le même retentissement que la guerre d’Algérie. Aujourd’hui encore, elle est un conflit méconnu dont les causes, les enjeux et le déroulement même sont souvent obscurs pour le public. Ancien combattant d’Indochine, Amédée Thévenet est le maître d’œuvre de cet ouvrage qui regroupe les témoignages de quelque 140 membres du corps expéditionnaire français. Tous septuagénaires, officiers ou hommes de troupes, ils livrent ici pour la première fois le récit de leur expérience, venant ainsi combler une immense lacune de l’historiographie française.
Trois éclairages successifs permettent au lecteur d’avoir un point de vue global sur la question : le récit des événements ; la “dimension humaine” et les épreuves traversées ; enfin les traces laissées dans la mémoire collective. Construire un ouvrage seulement avec des témoignages n’est pas un exercice facile ; il est ici d’autant plus réussi que des commentaires réduits à l’essentiel mais parfaitement pertinents donnent toute son ampleur à cette parole oubliée depuis cinquante ans.
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Thomas Capitaine – Captifs du Viet-Minh

Capitaine, Thomas
Captifs du Viet-Minh, Union Nationale Inter-Universitaire, Paris, 1991
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Van Coillie Dries – J’ai subi le lavage de cerveau

Lavage de cerveau en Chine :
J’ai subi le lavage de cerveau
Dries Van Coillie, Mobilisation des consciences, Bruxelles, 1964
Le terrible témoignage d’un prêtre emprisonné pendant trois ans dans les geôles maoïstes. L’auteur y décrit abondamment les méthodes de lavage de cerveau employées par les gardes rouges.
Préface de Gabriel Marcel de l’Académie des sciences morales et politiques:
« Ce livre constitue un nouveau témoignage — et non un des moins accablants — sur les méthodes mises en œuvre dans les pays communistes pour extorquer à ceux que l’on considère comme les ennemis du régime les faux aveux par lesquels, bien loin de se « libérer », ils se trouveront réduits à la condition d’esclaves et de complices.
Je me suis souvent exprimé — en particulier dans mon étude sur les Techniques d’Avilissement — sur le crime de lèse-humanité que constituent de tels procédés. Et peut-être n’aurais-je pas consenti à exprimer une fois encore, dans un contexte à peine renouvelé, l’indignation que ce crime éveille en moi, si la reconnaissance du gouvernement de Pékin par la France ne créait pas pour nous une situation très délicate à laquelle il faut prendre garde.
Sur l’opportunité de cette reconnaissance, je n’ai pas à me prononcer ici. J’ai d’ailleurs refusé de signer une protestation à laquelle on m’avait demandé de m’associer. Ceci ne veut pas dire que j’approuve, mais plutôt que je ne me sens pas qualifié pour émettre une opinion vraiment motivée sur un acte purement politique comme celui-là. En revanche, j’éprouve le besoin de dénoncer la campagne qui déjà s’amorce en France pour réhabiliter plus ou moins explicitement ceux qui se sont rendus coupables des forfaits que j’ai dits.
Plus ou moins explicitement, je le répète : en fait ceux qui, pour des motifs souvent inavouables, s’efforcent de manipuler une opinion publique dont la ductilité n’est plus à démontrer, procèdent de façon indirecte; plutôt que de s’attaquer de front à l’obstacle, ils s’efforcent de le tourner. Ils trouvent un appui dans l’incroyable faculté d’amnésie qui est sans doute une conséquence de la surcharge à laquelle les événements ont soumis les esprits depuis un certain nombre d’années.
Et n’omettons pas non plus le rôle néfaste que joue ici un certain snobisme entretenu par le spectacle. Dans ces conditions, la vigilance s’impose : nous avons à lutter en nous-mêmes contre tout ce qui nous invite à la distraction et au sommeil. Il est possible, je n’en disconviens pas, que nous ayons intérêt à développer avec la Chine des relations commerciales et que notre industrie trouve là un débouché précieux, — bien qu’on voie assez mal en vérité quelle pourra être la contrepartie de ce que nous lui fournirons.( Ce texte date 1964. Note du Scrutateur ).
On peut admettre aussi à la rigueur que, sur le plan de la science et de la technique, une certaine coopération puisse être instituée. Mais une ligne de démarcation précise devrait être tracée entre ce domaine et celui de la pensée proprement dite qui se renie, qui se suicide, si elle ne maintient pas coûte que coûte le caractère imprescriptible de certaines valeurs.
Et je vise ici aussi bien la vérité que la justice dont l’histoire, à la lumière de la réflexion, nous montre qu’elles sont étroitement solidaires. D’autre part, il est une illusion dont nous avons à nous défendre : c’est celle qui consisterait à s’imaginer que les procédés odieux qui sont décrits dans ce livre sont réservés à des peuples peu évolués et que nous ne risquons pas de les voir appliquer un jour chez nous. C’est là un non-sens, ne serait-ce que parce que les Chinois ont derrière eux des siècles, presque des millénaires de civilisation qui ne le cèdent en rien à l’héritage dont nous nous enorgueillissons nous-mêmes. Dès lors, nous avons à nous garder d’une présomption aveuglante qui ne peut en fait que frayer la voie à la subversion.
Je me référerai ici très précisément à un passage de l’ouvrage qui m’a particulièrement frappé.
Le Père Van Coillie venait de subir toutes sortes de sévices sur lesquels je ne m’étendrai pas… Il est soudain mis en présence d’un homme jeune qui porte des vêtements civils et qui lui témoigne une sympathie surprenante. « Comme tu as été maltraité!
Quel triste aspect te donnent ces menottes, ces chaînes, cette chemise déchirée, ce visage noir de saleté! » En présence de cette compassion, le malheureux se sent soudain fondre de reconnaissance. La conversation s’engage. Mais d’abord l’autre s’inquiète de savoir s’il n’a pas soif. Sur sa réponse affirmative, il prend un verre et le remplit de thé chaud.
Il explique alors que son père était diplomate, que lui-même a été attaché d’ambassade à Tokyo, puis à Paris où il a découvert la philosophie d’Auguste Comte, à laquelle il a d’abord adhéré avec ardeur. Aux Etats-Unis, il a succombé à une sorte de nihilisme, mais l’étude du marxisme l’a libéré : depuis qu’il a rencontré le communisme, il est heureux. Pourquoi Van Coillie ne suivrait-il pas son exemple?
Lui-même est tout prêt à l’aider. Pour cela, il faut d’abord qu’il se mette en règle. Van Coillie a déjà avoué au juge qu’il avait aidé des étudiants à quitter le territoire de la Chine communiste et qu’il a créé une petite organisation pour favoriser d’autres départs. N’y a-t-il pas là une base suffisante pour les aveux exigés? « Non, déclare l’autre, il faut que nous cherchions du côté « renseignements d’espionnage ». Ne t’inquiète pas, Van Coillie, tu vas simplement répondre à mes questions… As-tu parfois envoyé des lettres à l’étranger? — Oui. — Même après la prise du pouvoir par les communistes? — Oui. — Dans ces lettres, parlais-tu du communisme, de la situation nouvelle de la Chine? — Oui.— Explique-moi concrètement ce que tu as écrit, donne-moi un exemple. » Van Coillie se creuse la tête, non pour se rappeler ce qu’il a écrit, mais pour inventer quelque chose de plausible. « J’ai écrit qu’en février 1949 la 8ème Armée communiste est entrée dans Pékin ». L’homme ne put cacher son contentement. « Parfait, nous allons maintenant analyser cette information ».
D’une part, elle est militaire; d’autre part, Van Coillie l’a envoyée à des membres de sa famille, qui l’ont certainement transmise à d’autres personnes, à des amis, à des voisins. Il y a tout lieu de supposer que l’information est parvenue au gouvernement de Bruxelles. Or, celui-ci est réactionnaire. «Je résume : tu as envoyé des informations militaires à un gouvernement réactionnaire, donc ennemi du peuple.
Mais qui accomplit de telles aides, sinon un espion? ; Tu es donc un espion et même, ajoutons-le, un espion international ». Le tour est joué. On voit donc comment, sans qu’il soit le moins du monde nécessaire de faire appel à une drogue ou à un « traitement », en jouant seulement sur la fatigue et la dépression et sur l’espèce de réconfort illusoire créé par un témoignage de sympathie (!), on arrive à obtenir exactement ce que l’on cherche. Mais, à partir du moment où le malheureux a collé sur lui-même l’étiquette d’espion international », il est à la merci de son bourreau, il ne peut plus compter que sur sa clémence et il est comme d’avance prêt à dire ou même à faire n’importe quoi pour se la concilier.
Qu’un régime où de telles méthodes sont employées ose se qualifier lui-même de démocratie, c’est là une impudence qui confond.
La première utilité d’un ouvrage comme celui-ci est d’empêcher les esprits justes de s’y laisser prendre. Mais d’autres leçons s’en dégagent qu’il importe de résumer brièvement.
” J’ai dit ailleurs (dans Les Hommes contre l’Humain notamment) à quel point les techniques d’avilissement et de manipulation des consciences ont pris pied dans le monde où nous sommes nous-mêmes. L’habileté des méthodes et leur « humanité » apparente ne peuvent nous aveugler sur leur nature. On ne saurait assez réfléchir au pouvoir de séduction et de corruption des fanatismes, des propagandes tentaculaires, de la radio, de la télévision, de la presse à sensation, etc, sur une opinion dont personne ne peut plus douter aujourd’hui qu’elle soit ce qu’il y a de plus malléable au monde. Et on ne peut manquer aucune occasion de rappeler que les sciences et les techniques ne deviendront entièrement respectueuses de la dignité et de la liberté humaines et entièrement bienfaisantes que si elles échappent aux égoïsmes individuels et étatiques pour se mettre au service d’une activité spirituelle orientée vers des fins supérieures. Peut-on douter qu’à, défaut l’homme risque d’être traité de plus en plus comme un simple matériel que l’on façonne, que l’on « conditionne » pour satisfaire, selon les cas, la cupidité ou la volonté de puissance?
Mieux vaut sans doute ne point évoquer trop concrètement ici certaines méthodes policières, très répandues semble-t-il dans le monde libre, qui sont bien proches des procédés évoqués dans cet ouvrage. Plusieurs nations, par l’intensité même de leurs divergences, semblent s’acheminer vers des situations troubles où, sans aucun doute, ces méthodes seraient appliquées sur une grande échelle.
Je ne puis m’étendre sur ce sujet car je veux dire un mot du livre lui-même, et avant tout pour signaler la charité qui l’imprègne.
Après sa libération, l’auteur de cet ouvrage rencontre un jour le Père Ulrich Lebrun, qui eut l’infortune de subir successivement les sévices de Buchenwald et celles de Pékin. Dries Van Coillie lui pose la question : — Où avez vous souffert le plus cruellement? A Buchenwald ou à Pékin? La réponse est nette : Je préfère dix ans de Buchenwald à un an de Pékin! Et d’expliquer qu’à Buchenwald, après les pires tourments, il se retrempait dans la chaude et virile amitié des autres prisonniers. Tandis qu’à Pékin, il subissait les incessantes attaques, veules et haineuses, de ses frères de malheur. Et la haine de ceux qui trahissent est la plus difficile à supporter.
Et cependant, ce livre est d’une sérénité remarquable. Visiblement, l’auteur aime le peuple chinois avec une prédilection que son long martyre n’a pu entamer. Il dit ce qu’il a subi, sans engager aucune polémique, sans proférer aucune inventive. Il plaint les victimes, devenues ses bourreaux. Cela ne fait aucun doute: s’il dénonce ces méthodes inhumaines à la « conscience universelle », c’est pour qu’elles cessent. QUI POURRAIT DIRE QUE CET EFFORT NE SOIT PAS OPPORTUN?
La version française mérite des louanges. Le tour en est vif, alerte, direct. La langue est précise et pure. Au fond des geôles de Mao Tsé-Tung, l’auteur n’avait point perdu l’humour calme et souriant qui suppose la maîtrise de soi.
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