Carte des camps

Views: 84
Carte des camps Lire la suite »
Qu’ils aient été provisoires ou définitifs, ils eurent tous des caractéristiques identiques, tant en ce qui concerne les installations délabrées que les modes de vie, la précarité, l’endoctrinement, l’insalubrité et la mortalité.
Cependant, des prisonniers purent se trouver parfois enfermés dans des conditions particulières liées aux évènements qui émaillèrent leur captivité.
Certains furent incarcérés provisoirement dans des prisons civiles réservées uniquement à des détenus vietnamiens, hommes ou femmes, impliqués dans des affaires relevant du droit commun ou de raisons politiques. Ce fut le cas de la prison du Yên-Té, installée dans un village construit en dur situé au nord de Bac Ninh (Tonkin). L’auteur de ces lignes s’y trouva seul militaire, deux semaines durant en juin 1951, enfermé au secret dans une cellule avec deux femmes vietnamiennes.
D’autres connurent les prisons civiles mixtes réservées à la fois aux Vietnamiens hommes et femmes, et aux Thu-Binh (prisonniers de guerre). Ce fut le cas du Pénitencier situé à trente kilomètres environ au nord de la ville de Thaï Nguyen. Il était entouré par une double enceinte de bambous épineux, surveillée en permanence par des miradors. Les conditions de vie y furent particulièrement sévères pour le petit noyau de captifs s’y trouvant en juillet 1951…33 % y moururent en un mois !
Il en fut de même à la prison de Tuyen Quang où cohabitèrent des détenus vietnamiens et des militaires français. Le rédacteur de ces lignes séjourna dans ces deux prisons avec quelques compagnons d’infortune en juillet et août 1951.Là, il connut le carcan où l’on enserrait une des chevilles des captifs le soir, en vue d’éviter les évasions.
La plupart des autres camps se ressemblèrent. Ils étaient de miséreux villages de paillotes de bambou couvertes de feuilles de latanier, construits et entretenus pas les prisonniers eux-mêmes. Installés, sans clôture, sur une colline, sous la végétation, à l’abri des vues aériennes, non loin d’une rivière qui assurait l’alimentation en eau, « la toilette », et l’évacuation des égouts qui en polluaient le cours en aval…
Le cantonnement comprend tous les bâtiments nécessaires à la vie de la collectivité : les dortoirs, vastes hangars ouverts à tous les vents, sous lesquels sont installés deux bat-flancs de « caïfen » (lattis de bambous ) séparés par un couloir. Là dorment entassés les uns contre les autres, se réchauffant et se passant mutuellement les poux et toutes les maladies, les prisonniers privés de moustiquaires et de couvertures, les pieds nus et sales.
On trouve ensuite les cuisines, « l’infirmerie » (véritable mouroir, où expirent des hommes squelettiques ) , le cimetière situé non loin de là, à la lisière de la forêt , la prison où sont enfermés les récalcitrants et les punis. Celle-ci peut être remplacée par une cage à buffles installée sous une maison à pilotis où habitent des paysans. Le supplicié y est attaché à un poteau. Il y souffre de l’odeur des bouses et des insupportables piqûres des myriades de maringoins, puces volantes attirées par les buffles. Parfois, à bout de souffrances et devenu fou il meurt.
Notons aussi les casernements des sentinelles, la maison de la « Direction », le magasin aux vivres etc.
Au centre du dispositif se trouve la place réservée aux meetings et rassemblements, disposant d’une estrade et de bancs rudimentaires destinés aux détenus.
Dans un endroit retiré ont été creusées les latrines où grouillent des millions d’asticots qui donnent naissance à des multitudes de mouches vectrices de toutes les maladies, véritable « pont aérien entre ce lieu et les cuisines » selon le mot-même de Boudarel.
Views: 39
Nature des camps Lire la suite »
Les camps étaient implantés dans les zones difficiles d’accès, la plupart du temps insalubres, là où les possibilités d’incursion des forces françaises étaient faibles en raison de l’éloignement. Plus celui-ci était grand, moins les garnisons vièts étaient importantes.
On en a décompté cent trente environ, principalement en Indochine (Tonkin, Annam, Cochinchine), mais aussi parfois au Laos (dans les maquis du Pathet Lao) et au Cambodge (là où les Khmers Issarak contrôlaient le pays), et même en Chine (Yunnan). Les plus importants se trouvaient au Tonkin, non loin de la frontière chinoise, dans le bassin de la Rivière Claire (Song Lô). Certains recevaient le nom d’« hôpital », tel le N°128, d’autres étaient des installations volantes.

Les camps regroupaient des prisonniers de guerre de toutes races et nationalités ayant appartenu aux armées françaises de Terre, de l’Air et de Mer, des otages civils enlevés au cours du conflit (hommes, femmes et enfants) et parfois aussi des déserteurs.
Views: 34
Implantation et nombre Lire la suite »
Leur adolescence avait été bouleversée par une accumulation de faits tragiques : l’effondrement de cette belle armée française, que tous croyaient invincible, en quelques semaines, l’occupation de la France pendant quatre années par un ennemi redoutable, implacable, la remise en cause et la dilution de nombreuses valeurs morales dont ils avaient été imprégnés.
Un jour, ils étaient devenus soldats.

Ils reçurent, fin 1946, l’ordre d’aller défendre, au bout du monde, « l’intégrité et l’œuvre civilisatrice de l’empire colonial français ». Il s’agit là d’un point dramatiquement méconnu, le plus souvent, de ceux qui ne sont pas de leur âge. En 1946, la Nation les envoyait défendre le Droit, reconnu comme tel par tous. Faisant écho à Albert Sarrault, qui déclarait : « Où nous sommes, nous devons rester. Ce n’est pas seulement la consigne de nos intérêts, c’est l’injonction de l’humanité, l’ordre de la civilisation », toute la presse confortait leur bon droit, faisant confiance à leur courage et notamment le journal « Le Monde », qui l’affirmait au fil de ses éditoriaux, dont voici quelques extraits : « Le Général de Gaulle déclare que l’Indochine, occupée jusqu’à leur défaite par les Japonais doit, comme Strasbourg ou Clermont-Ferrand, être ramenée dans l’Empire Français ». Les anticolonialistes y étaient comparés à Doriot, et Rémy Douce, un éditorialiste symptomatique de l’opinion d’alors, condamnait par avance ceux qui « livreraient à l’anarchie les territoires d’outre-mer, héritages de nos pères, et à la destruction l’œuvre de civilisation qu’ils ont réalisée. Il faut incontestablement, écrivait-il, que l’ordre et le respect de notre autorité soient rapidement rétablis, afin que notre œuvre pacificatrice s’exerce pour le plus grand bien de l’Union Française toute entière ».
Et le Gouvernement français leur demanda d’aller défendre la France, son empire et son œuvre civilisatrice. Et ils partirent le cœur léger, fort de se savoir dans le Droit, certains d’aller défendre un idéal moralement incritiquable.
Quelques mois plus tard, cette vaillante jeunesse qu’on avait incitée au sacrifice n’était plus qu’une bande de soldats perdus perpétrant une sale guerre, une guerre honteuse.
Si honteuse qu’une partie des Français, qui pourtant avait décidé de les envoyer au combat, les rejeta avec mépris, brutalisa leurs blessés sur les brancards, sabota leurs armes, contribua à l’armement de ceux qu’elle les avait envoyés combattre.
C’est aussi en cela que leur sort fut exceptionnel. Aucun peuple dans l’histoire ne s’est ainsi comporté envers ses soldats, alors qu’ils remplissaient la mission qu’il leur avait confiée.

Le jeu démocratique permettait pourtant de s’en prendre aux décideurs dont on ne partageait pas les avis, sans attenter à la vie de soldats dont on exigeait, normalement d’ailleurs, l’obéissance.
Et puis ce fut pour eux la captivité, elle aussi, et très malheureusement, exceptionnelle. Une horrible captivité sans barreau, où la jungle et la couleur de leur peau constituaient des barrières infranchissables, une captivité où la faim, les maladies non soignées, le travail excessif, les punitions cruelles étaient soigneusement conjugués pour les mener à l’épuisement, et, bien pire encore, une captivité où la déstructuration de leurs personnalités était diaboliquement orchestrée, où il leur fallait avoir honte d’eux-mêmes, s’accuser de crimes qu’ils n’avaient pas commis, jouer une abominable et funèbre comédie pour sauver leur peau.

Le résultat est connu : soixante pour cent d’entre eux laissèrent leur vie dans ces camps de la mort, la plupart dans des conditions épouvantables ; un pourcentage jamais atteint, pour ce qui est des prisonniers de guerre, dans aucun conflit de l’histoire contemporaine.
En cela aussi, en cela surtout, leur sort fut exceptionnel. Il le fut une dernière fois, après qu’on les ait cachés, au fond de camions bâchés, à la descente du bateau qui les ramenait en France. Il leur fallu attendre quarante-cinq ans, et mener une âpre lutte, pour que soient enfin reconnus leurs sacrifices et toutes les séquelles dont ils continuent à souffrir.
Views: 24
Le départ de France Lire la suite »

Views: 79
Carte de l’Indochine Lire la suite »
– au nord, un gouvernement communiste dont Ho Chi Minh est le Président ;
– au sud un gouvernement proaméricain dont le chef est Diem.
La guerre du Vietnam
Exécution sommaire d’un prisonnier Viêt-Cong par la police sud-vietnamienne lors de l’offensive du Têt en 1968.
30 avril 1975, le dernier hélicoptère américain évacue le personnel de l’ambassade américaine à Saïgon.
30 avril 1975 – Chute de Saïgon.
Views: 15
Guerre du Vietnam Lire la suite »
Proclamation par Mao Tsé Toung de la République Populaire chinoise, reconnue le lendemain par l’URSS.
L’URSS reconnaît Ho Chi Minh et établit des relations avec la RDV, suivie par les Etats socialistes.
Attaque, chute et réoccupation de Dong Khé.
Arrivée à Saïgon de la première livraison de matériel américain. Début de la guerre de Corée.
Proclamation par Mao Tsé Tung de la République Populaire de Chine le 1er octobre 1949.
Décision de Léon Pignon et du général Carpentier d’abandonner Cao Bang.
Evacuation de Cao Bang. Défaite des colonnes Le Page et Charton (affaire de la RC4).
Le général de Lattre, Haut-Commissaire et commandant en chef en Indochine. Signature de l’accord d’aide militaire des Etats-Unis à la France, au Vietnam, au Cambodge, et au Laos.
Offensive Vietminh ; Bataille de Vinh Yen ; Echec Vietminh.
30 mai 1951, à l’issue de la contre-attaque du rocher de Ninh-Binh, un tirailleur du 1er RTA hisse le drapeau français au sommet du piton. (ECPA-D).
Ninh-Binh, un tirailleur du 1er RTA hisse le drapeau français au sommet du piton. (ECPA-D)
Deuxième offensive de Giap dans le Delta, bataille de Dong Trieu et Mao Khé. Echec du Vietminh.
Troisièmes offensives de Giap contre le Delta, bataille du Day. Echec du Vietminh. Mort de Bernard de Lattre le 30 mai.
Assasinat à Sadec du général Chanson.
Premier gouvernement de l’indépendance au Vietnam, présidé par Tran Van Huu et installé par Bao Daï. Voyage de de Lattre aux Etats-Unis pour obtenir un accroissement de l’aide militaire.
Mort du général de Lattre.
Offensive Vietminh sur Nghia Lo.
Offensive Vietminh sur la Rivière Noire.
Septembre 1952, installation d’un point d’appui sur la base aéroterrestre de Na San. Le 23 novembre, Giap lance ses troupes à l’assaut de la base. Après 9 jours de combats acharnés, ils batteront en retraite.
Attaque du camp retranché de Na San par le Vietminh. Echec.
Evacuation de Na San.
Opération au Haut-Laos pour dégager Luang Parbang et le camp retranché de la Plaine des Jarres.
Occupation de Dien Bien Phu par les paras.
Offensive Vietminh sur le Laos.
Communiqué quadripartite de la conférence de Berlin concernant la conférence de Genève sur la Corée et l’Indochine.
Attaque massive de Dien Bien Phu par le Vietminh.
Ouverture de la conférence de Genève sur la Corée et l’Indochine.
Chute de Dien Bien Phu.
Le 7 mai 1954, à Diên Biên Phu, les soldats Viet-Minh hissent le drapeau vietnamien sur le PC du Général de Castries. (Scène reconstituée pour la propagande Viet-Minh).
Evacuation d’Ankhé. Embuscade du GM 100. Evacuation de Nam Dinh.
Genève : accords d’armistice. Déclaration finale sur la paix en Indochine.
Views: 44
Des combats très durs Lire la suite »
Bombardement de Haïphong. Bataille à Hanoï. Soulèvement au Tonkin. Insurrection généralisée.
Attaque de la garnison de Nam Dinh par les troupes viets. Réouverture de la route Haïphong-Hanoï.
Le Général Vô Nguyen GIap (à gauche) devant ses troupes en 1946.
Dégagement de Hué assiégée depuis le 9 décembre 1946. Refus de Leclerc de succéder à Thierry d’Argenlieu. Fin de la résistance du quartier sino-annamite à Hanoï.
Bollaert, Haut-Commissaire en Indochine.
Assassinat du chef politique des Hoa-Hao par Nguyen Binh. Ralliement des Hoa-Hao. Lutte ouverte entre vietminh, Hoa-Hao et Caodaïstes.
Entrevue Mus-Ho Chi Minh : Refus des conditions française pour la cessation des hostilités.
Manifestation à Hué en faveur de Bao Daï
Le « Front d’Unité Nationale » rejette les propositions de paix Bollaert. Opérations sur le PC d’Ho Chi Minh en Haute Région.
Entrevue Bao Daï-Bollaert en baie d’Along. Signature d’un accord reconnaissant l’indépendance du vietnam et sa qualité d’Etat associé.
Views: 23
Une Guerre de guérilla Lire la suite »
Les prémices : 1945-1946
Le Vietnam remplace « nominalement » l’Indochine. Ho Chi Minh constitue un comité de libération.
Leclerc, chef du Corps Expéditionnaire en Extrême Orient
Appel de Ho Chi Minh à l’insurrection. Capitulation du Japon. En Indochine : les japonais sont désarmés par les troupes chinoises au nord du 16e parallèle et par les forces britanniques au sud. L’Amiral Thierry d’Argenlieu Haut-commissaire en Indochine. Arrivée de Ho Chi Minh à Hanoï. Arrivée de Sainteny à Hanoï avec un chef de l’OSS. Création d’un Comité de Libération du Sud par le Vietminh. Abdication de l’empereur Bao Daï en faveur du gouvernement de Hanoï. Parachutage de Cédile en Cochinchine et de Messmer au Tonkin. Formation d’un Gouvernement de la République du Vietnam sous la présidence d’Ho Chi Minh.

Ho Chi Minh proclame l’indépendance du Vietnam. Arrivée des premières troupes franco-britannique à Saïgon sous les ordres du général Gracey. Les troupes chinoises entrent à Hanoï. Constitution du gouvernement provisoire du Vietnam sous la présidence d’Ho Chi Minh.
Saïgon : massacre à la cité Héraud par des terroristes Vietminh.
Arrivée de Leclerc à Saïgon. Occupation de Mytho par les troupes française . L’amiral Thierry d’Argenlieu arrive à Saïgon.
Occupation de Vinh Long et de Tay Ninh par les troupes française. Des troupes du 6e RIC débarquent à Nhatrang.
Incidents à Hanoï entre le Vietminh et le Dong Ming Hoï soutenu par les nationalistes chinois. Les deux tiers de la Cochinchine sont contrôlés par l’administration française ainsi que le Cambodge, Nhatrang et Ban Me Thuot.
Hanoï : accords Saintenay-Ho Chi Minh. Débarquement français à Haïphong. Leclerc à Hanoï s’entretient avec Ho Chi Minh. Entretien Thierry d’Argenlieu – Ho Chi Minh en baie d’Along.

Début de la conférence de Dalat.
Les troupes chinoises commencent à évacuer Hanoï. Incidents et attentats à Hanoï.
Conférence de Fontainebleau France-Vietminh. Deuxième conférence de Dalat.
Modus vivendi franco-vietnamien (Moutet-Ho Chi Minh)
« Epuration » de l’opposition nationaliste par des comités d’assassinats créés par Giap.
Views: 7
Une guerre de neuf ans.
Dans ce contexte, elle se termine par un drame où nos soldats sont abandonnés pour former un bouclier au service du monde libre dans une ambiance de guerre froide.

Pour le Vietnam, c’est un conflit qui débute par une guérilla de libération teintée d’une guerre civile.
A l’arrivée des troupes de Mao Tsé Toung aux frontières du Tonkin, ce conflit bascule, dès 1949, dans une guerre de trente ans qui verra, après de durs combats et un immense sacrifice de la population, le triomphe d’un gouvernement communiste totalitaire.
Il déstabilisera durablement la région en entraînant au Cambodge un effroyable auto génocide.
Views: 11
Chronologie : 1945 – 1954 Lire la suite »