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De Sesmaisons Yves – Prisons de bambou 1951-1952 – Cai bàt, cai phên

Un ancien sous-lieutenant de la guerre d’Indochine relate sa capture et son séjour dans les prisons du Vietminh durant l’année 1951, ainsi que sa libération et sa vie après cette épreuve.

“La geste de la guerre d’Indochine occupe, aujourd’hui encore, une place toute particulière : guerre cruelle, exotisme de ces contrées lointaines, attachement profond pour ces régions fascinantes et convulsives, prise de conscience que cette guerre, comme a su le dire le général de Lattre, était bien celle des lieutenants et des capitaines.

[…] Le livre du général Yves de Sesmaisons, alors jeune lieutenant, vient nous le rappeler. Prisons de bambous ouvre une nouvelle perspective et adopte une approche particulière. Il décrit sans complaisance le traitement odieux et inhumain infligé à ces soldats grâce à la “clémence de l’oncle Hô”. Paroxysme de la perversité, longues marches exténuantes sans destination, brancardages épuisants, maladies et parasites, humiliation et dénonciation érigées en système de relations humaines, lavage de cerveau. Sur les quarante mille militaires français tombés aux mains du Viêt-Minh, seuls dix mille environ survécurent. La moitié n ‘avait pas vingt-cinq ans.

[…] Lieutenant juste sorti d’école, il sera délibérément interné avec des sous-officiers et hommes de troupe de toutes origines et nationalités. Il réalise qu’il a un rôle exorbitant à jouer. C’est le mérite de cet ouvrage que de confronter le lecteur à cet isolement dans la déchéance, dont seule la conscience peut aider à s’extraire. Cette chronique – sans concession ni faux semblant – mérite attention et respect.”

Extraits de la préface du Général d’armée Bruno Cuche.

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Deroo Eric et Vallaud Pierre – Indochine française

Deroo Eric et Vallaud Pierre
Indochine française 1856-1956, Paris, Perrin, 2003.

Conquise au XIXe siècle après une longue suite d’opérations militaires, l’Indochine devient entre les deux guerres un des modèles de la grandeur impériale.
Une grandeur qui, entre passions, exotisme, bénéfices commerciaux et propagande, a produit un véritable imaginaire masquant les réalités du fait colonial et les débuts des rêves d’émancipation chez les Indochinois. C’est la tête emplie de clichés que les combattants du corps expéditionnaire s’embarquent en 1946 pour ” rendre l’Indochine à la France “. Sur place, au-delà d’une guerre à laquelle rien ne les a préparés, ils découvrent la violence des combats en même temps qu’ils sont fascinés par le pays.
Pour restituer la perception ambivalente du soldat, les auteurs ont puisé dans une documentation exceptionnelle : albums photo personnels, correspondances privées, tracts et affiches, magazines édités en Extrême-Orient. Collectés depuis vingt ans, ces 260 documents, dont la majorité sont totalement inédits, permettent de porter un autre regard sur l’aventure et les derniers moments de l’Indochine française.

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Einaudi Jean-Luc – Vietnam ! La guere d’Indochine

Einaudi, Jean-Luc
Vietnam ! La guerre d’Indochine – Paris, 2001.

Deux chapitres consacrés à Georges Boudarel.
Jean-Luc Einaudi retrace dans cet ouvrage certains événements marquants qui ont ponctué la guerre française en Indochine, de 1945 à 1954. Dans les Forces françaises et celles des états associés, il y eut officiellement 106 658 morts et disparus. Côté vietnamien, le nombre dépasserait le million de victimes. Mais au-delà des chiffres, ce conflit marqua une génération et un pays, comme la guerre d’Algérie ensuite. On sait combien la classe politique française fut partagée à propos de cette guerre, qu’il faut bien appeler coloniale ; elle suscita scandales, affaires louches, et se termina pour la France par la défaite humiliante de Dien-Bien-Phu. Une enquête minutieuse, des témoignages étonnants de certains acteurs de cette guerre, le parcours de ce curieux personnage que fut Georges Boudarel (un Français qui, par conviction, se retrouva instructeur politique dans les camps où étaient détenus des soldats français) font de ce livre un document riche et passionnant sur cette période et cette guerre qui, dans l’inconscient collectif français, continue d’être perçue de façon trouble et ambiguë. Une guerre que certains auraient bien aimé jeter à la poubelle de l’Histoire.

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Flaks Michaël – Chroniques de la Route Mandarine

À Saïgon, les enfants de la rue m’appelaient «Maï Côn», «Petite Fleur du Têt», ou, plus simplement, «Fleur». Ces enfants étaient Amérasiens. Il y avait Thuy, Huy, Heck ou Maï. Une autre «Fleur».Durant toutes ces années, je les avais vus grandir, près du port. Ils vendaient des noisettes et des cigarettes étrangères (le prix d’un paquet de ces dernières équivalait au salaire mensuel d’un fonctionnaire). La plupart d’entre eux vivaient avec leurs mères, qualifiées de prostituées par certains, mais qui, pour leur honte, avaient eu un enfant avec un soldat américain.Le seul rêve à jamais inachevé de ces enfants, était de retrouver ce père, héros lointain, devenu légendaire. Ils se préparaient à ce départ mythique, apprenant un pauvre anglais de marchandage.

Michaël Flaks, né en 1955, est avocat de formation. Il est aujourd’hui haut fonctionnaire à l’État de Genève. Enfant de journalistes ayant parcouru le monde, il devient naturellement chargé de mission pour des organisations humanitaires telles que la Croix-Rouge internationale. Dès 1975, il se rend au Kurdistan, à Chypre, en Rhodésie, au Laos, au Zaïre et au Vietnam. Il y prend des notes, sortes de carnets de voyages pleins de sensibilité faits d’une écriture claire, lumineuse.À l’approche du quarantième anniversaire de la fin de la Guerre du Vietnam en 2015, ce beau et terrible “carnet de route” est un témoignage essentiel.

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Grauwin Paul – Seulement médecin

Grauwin, P.
Seulement médecin, Paris, France-Empire, 1956.
quelques pages, au début, sur le tri des prisonniers après la chute de Dien Bien Phu.

Le 7 mai 1954, après cinquante-six jours de combats acharnés contre les forces du Viêt-Minh, la garnison française du camp retranché de Diên Biên Phu cessait le feu. Des deux côtés les pertes en hommes étaient terribles ; 7000 tués et 15000 blessés chez l’adversaire, 80 % des effectifs de paras et de légionnaires mis hors de combat.
Placé au centre de cette hécatombe, le médecin-commandant Paul Grauwin, chirurgien du camp, a écrit de ce drame, qui constitue la dernière page de l’histoire de l’Indochine française, l’un des récits les plus hallucinants et les plus bouleversants que la guerre ait jamais inspirés.

Durant cinquante-six jours et cinquante-six nuits, s’enfonçant à la fin dans la boue jusqu’aux mollets, assisté par quelques infirmiers puis, à partir du 13 mars, par une convoyeuse de l’air au nom aujourd’hui légendaire, Geneviève de Galard, mille cinq cents fois Paul Grauwin s’est penché sur un champ opératoire. Comme un chemin de croix, le processus chirurgical se déroulait. Les blessés, les opérés, bloqués de plus en plus nombreux dans un espace réduit, transformaient l’antenne chirurgicale en un étrange hôpital qui aurait mieux été à sa place sur une rive du Styx. Les cris, la boue, le sang, la pourriture, la puanteur, la chaleur terrible… et la défaite !

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Héry Norbert – Thu-Binh-1446 jours au camp n°1

Héry, Norbert
Thu-Binh-1446 jours au camp n°1, Paris, Lavauzelle, 1995.

Le 17 septembre 1950, Norbert Héry, lieutenant de Légion en Indochine, est porté tué au combat de Dong-Khé. Son nom sera gravé dans le marbre de l’hôtel de ville de Rennes parmi les morts de la guerre d’Indochine. Près de cinquante ans après, son nom est toujours là ; Norbert Héry, aussi, parfaitement en vie.
Il a pourtant bien effectué un séjour dans l’au-delà durant quatre ans, de septembre 1950 à septembre 1954 : l’au-delà viet-minh du Camp n° 1 des « officiers-prisonniers-français… ».
1446 jours parmi les morts-vivants, 1446 jours d’une vie quotidienne à l’état sauvage, dans un camp itinérant sans autres barbelés que la nature hostile du Tonkin.
Norbert Héry retrace par touches successives cette vie quotidienne où l’humour côtoie la mort, où l’astuce combat la faim, où les séances de rééducation oscillent entre le grotesque et le tragique, où les « Tù-Binh » (prisonniers) font face à leur destin.
Voici la vérité vécue au Camp n° 1.

Engagé volontaire à 18 ans, Norbert Héry entre à Saint-Cyr-Coëtquidan en 1946. Sous-lieutenant de Légion en 1948, il embarque pour l’Indochine en décembre. Après un an passé au Cambodge et dans le Delta, il rejoint le 3e Étranger sur la frontière chinoise, en février 1950.
Le 7 septembre, sa compagnie arrive au poste de Dong-Khé. Le 16 au matin, les 250 hommes de la garnison sont attaqués par 15 000 Viet Minh.
Norbert Héry fait partie des blessés. Ils sont emmenés en captivité, les officiers au Camp n° 1 (21 % succomberont), les sous-officiers et hommes de troupe dans divers mouroirs de la jungle (mortalité supérieure à 90 %).
Pour le rescapé Norbert Héry, ce sera ensuite la guerre d’Algérie à la tête d’une compagnie portée du 2e Étranger. Mais « l’Armée le quitte » en 1962 et il se reconvertit, pour 20 années, dans l’industrie.

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Huguier Françoise – J’avais huit ans

Textes et photographies de Françoise Huguier. Suivi d’un dialogue avec Raymond Depardon.

1950 : La photographe Françoise Huguier, alors âgée de huit ans, et son frère (11 ans) vivent une enfance insouciante en Indochine. Lors d’une soirée festive qui réunit les familles des planteurs d’hévéas, un commando Viêt-minh surgit et dans la confusion capture plusieurs personnes dont la petite Françoise et son frère. Commence alors l’éprouvante aventure de deux enfants otages qui ne seront libérés et remis à leurs parents que huit longs mois plus tard.

2003 : La photographe décide de retourner au Cambodge. Sans nostalgie ni préjugés, Françoise Huguier photographie et documente ce périple à rebours en quête de souvenirs, de témoignages mais aussi de visions intimes d’un pays profondément aimé. Écrit à la première personne, J’avais huit ans est le récit sobre et pudique d’une exceptionnelle expérience.

Raymond Depardon revient dans un dialogue avec Françoise Huguier sur les questions suscitées par ce singulier témoignage.

Parution le 10 mars 2005
Éditions Actes Sud , 208 pages

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