ANAPI

Grauwin Paul – Seulement médecin

Grauwin, P.
Seulement médecin, Paris, France-Empire, 1956.
quelques pages, au début, sur le tri des prisonniers après la chute de Dien Bien Phu.

Le 7 mai 1954, après cinquante-six jours de combats acharnés contre les forces du Viêt-Minh, la garnison française du camp retranché de Diên Biên Phu cessait le feu. Des deux côtés les pertes en hommes étaient terribles ; 7000 tués et 15000 blessés chez l’adversaire, 80 % des effectifs de paras et de légionnaires mis hors de combat.
Placé au centre de cette hécatombe, le médecin-commandant Paul Grauwin, chirurgien du camp, a écrit de ce drame, qui constitue la dernière page de l’histoire de l’Indochine française, l’un des récits les plus hallucinants et les plus bouleversants que la guerre ait jamais inspirés.

Durant cinquante-six jours et cinquante-six nuits, s’enfonçant à la fin dans la boue jusqu’aux mollets, assisté par quelques infirmiers puis, à partir du 13 mars, par une convoyeuse de l’air au nom aujourd’hui légendaire, Geneviève de Galard, mille cinq cents fois Paul Grauwin s’est penché sur un champ opératoire. Comme un chemin de croix, le processus chirurgical se déroulait. Les blessés, les opérés, bloqués de plus en plus nombreux dans un espace réduit, transformaient l’antenne chirurgicale en un étrange hôpital qui aurait mieux été à sa place sur une rive du Styx. Les cris, la boue, le sang, la pourriture, la puanteur, la chaleur terrible… et la défaite !

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Héry Norbert – Thu-Binh-1446 jours au camp n°1

Héry, Norbert
Thu-Binh-1446 jours au camp n°1, Paris, Lavauzelle, 1995.

Le 17 septembre 1950, Norbert Héry, lieutenant de Légion en Indochine, est porté tué au combat de Dong-Khé. Son nom sera gravé dans le marbre de l’hôtel de ville de Rennes parmi les morts de la guerre d’Indochine. Près de cinquante ans après, son nom est toujours là ; Norbert Héry, aussi, parfaitement en vie.
Il a pourtant bien effectué un séjour dans l’au-delà durant quatre ans, de septembre 1950 à septembre 1954 : l’au-delà viet-minh du Camp n° 1 des « officiers-prisonniers-français… ».
1446 jours parmi les morts-vivants, 1446 jours d’une vie quotidienne à l’état sauvage, dans un camp itinérant sans autres barbelés que la nature hostile du Tonkin.
Norbert Héry retrace par touches successives cette vie quotidienne où l’humour côtoie la mort, où l’astuce combat la faim, où les séances de rééducation oscillent entre le grotesque et le tragique, où les « Tù-Binh » (prisonniers) font face à leur destin.
Voici la vérité vécue au Camp n° 1.

Engagé volontaire à 18 ans, Norbert Héry entre à Saint-Cyr-Coëtquidan en 1946. Sous-lieutenant de Légion en 1948, il embarque pour l’Indochine en décembre. Après un an passé au Cambodge et dans le Delta, il rejoint le 3e Étranger sur la frontière chinoise, en février 1950.
Le 7 septembre, sa compagnie arrive au poste de Dong-Khé. Le 16 au matin, les 250 hommes de la garnison sont attaqués par 15 000 Viet Minh.
Norbert Héry fait partie des blessés. Ils sont emmenés en captivité, les officiers au Camp n° 1 (21 % succomberont), les sous-officiers et hommes de troupe dans divers mouroirs de la jungle (mortalité supérieure à 90 %).
Pour le rescapé Norbert Héry, ce sera ensuite la guerre d’Algérie à la tête d’une compagnie portée du 2e Étranger. Mais « l’Armée le quitte » en 1962 et il se reconvertit, pour 20 années, dans l’industrie.

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Huguier Françoise – J’avais huit ans

Textes et photographies de Françoise Huguier. Suivi d’un dialogue avec Raymond Depardon.

1950 : La photographe Françoise Huguier, alors âgée de huit ans, et son frère (11 ans) vivent une enfance insouciante en Indochine. Lors d’une soirée festive qui réunit les familles des planteurs d’hévéas, un commando Viêt-minh surgit et dans la confusion capture plusieurs personnes dont la petite Françoise et son frère. Commence alors l’éprouvante aventure de deux enfants otages qui ne seront libérés et remis à leurs parents que huit longs mois plus tard.

2003 : La photographe décide de retourner au Cambodge. Sans nostalgie ni préjugés, Françoise Huguier photographie et documente ce périple à rebours en quête de souvenirs, de témoignages mais aussi de visions intimes d’un pays profondément aimé. Écrit à la première personne, J’avais huit ans est le récit sobre et pudique d’une exceptionnelle expérience.

Raymond Depardon revient dans un dialogue avec Françoise Huguier sur les questions suscitées par ce singulier témoignage.

Parution le 10 mars 2005
Éditions Actes Sud , 208 pages

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Kemencei Janos – Légionnaire en avant !

Kemencei, Janos
Légionnaire en avant ! De Budapest 1942 à Sidi-bel-Abbès 1962, rééd. Atlante, 2000.

Récits de guerre d’un hongrois d’origine devenu français par le sans versé qui a servi au sein de la Légion Etrangère en Indochine avec le 1er B.E.P. puis en Algérie avec le 2e R.E.P.

Passionnant, l’ouvrage se lie d’une traite, tant on est bousculé par tant d’aventures, de rebondissement, d’héroïsme…

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Ky Thu – Refermer le passé douloureux

Publiées au Vietnam en 1995, les «Mémoires» du chef de camp Nguyen Ky Thu, sont avant tout un document traitant une page sombre de la guerre d’Indochine, celle de la captivité des officiers français capturés par le vietminh au Tonkin et internés au Camp n° 1 durant quatre années pour les moins chanceux.C’est en septembre 1951 que le commissaire-politique Ky Thu arrive au Camp n° 1, d’abord en qualité de chef de camp adjoint, puis comme chef de camp. Il a en charge la “rééducation politique” des officiers français capturés sur la RC 4, lors du repli de la garnison de Cao Bang en octobre 1950, et internés déjà depuis une année quand il arrive. Il a mission d’appliquer aux captifs “la politique de clémence” décidée par le président Hô Chi Minh et de transformer ses officiers français en “Soldats de la Paix”, de les convaincre à signer des manifestes… Au gré des combats d’autres officiers français viendront grossir les rangs des prisonniers, jusqu’à la chute du camp retranché de Dien Bien Phu, en mai 1954 et leur libération, à Viet Tri en septembre 1954, suite aux accords de paix signés à Genève le 21 juillet 1954. C’est cette période et ce “combat” que relate Ky Thu avec force de documents pour argumenter et étayer ses souvenirs.Ce sont donc les souvenirs et le point de vue d’un patriote vietnamien qui sont ici reproduits. C’est aussi et à ce jour, le seul ouvrage traitant de la captivité de ses officiers français vue du coté vietminh.

Ky Thu, de son vrai nom Nguyen Huu Dong, est né en 1927. D’abord lycéen à Hanoï, il rejoint l’Armée Populaire du Vietnam en 1947. En septembre 1951, il est commissaire-politique et chef du Camp n° 1. En 1954 il quitte l’armée et intègre le comité de rédaction de la revue “Images du Vietnam” avant d’être nommé rédacteur en chef adjoint du journal régional de la province de Phu Khanh, au Centre-Annam, puis directeur de la maison d’éditions de la province de Khanh Hoa à Nha Trang. En 1993 il prend sa retraite et rejoint Hanoï où il rédige ses mémoires. Atteint d’un cancer, il décède en 2002.

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L’Apsara du tigre – Patrick Le Minor – (nouvelle édition)

L’apsara du tigre est le témoignage, écrit par l’un des protagonistes devenu adulte, de la captivité de deux enfants, jeunes Français détenus par le Vietminh et les Khmers Issaraks au Cambodge, en 1950 – 1951, en plein cœur de la guerre d’Indochine. à mi-chemin entre le récit autobiographique et le roman, c’est le témoignage émouvant d’un enfant dans la guerre, victime d’une idéologie dévastatrice et d’un système carcéral visant à l’anéantissement de l’individu. Mais il en ressort aussi un élan d’amour et une bouffée de nostalgie à l’égard de cette terre d’Indochine où l’auteur est né.

Ce témoignage d’un enfant broyé par la guerre demeure d’actualité partout où règne la guerre. Car dans les conflits locaux qui se multiplient à travers notre planète, c’est souvent l’enfant qu’on assassine d’abord. Victime parfaite, parce que malléable à merci, on en fera un bon otage. Peu conscient du danger qui l’entoure, on en fera un soldat idéal. Et puis, s’il survit, il constatera l’infinie tristesse de la guerre à laquelle il ne se sera, en réalité, jamais habitué.
Même s’il ne pourra jamais oublier, il lui faudra un jour réapprendre à vivre et à aimer.

L’ouvrage est préfacé par le général Yves de Sesmaisons, président d’honneur de l’Association des Anciens Prisonniers Internés déportés d’Indochine. Jeune lieutenant, blessé et fait prisonnier, il a été lui-même détenu à la même époque dans un camp du Vietminh au Tonkin.

Patrick Le Minor est diplômé d’études supérieures de droit et lauréat de l’Université. Avocat à la cour d’appel de Paris, puis juriste d’entreprise. Il a été conseil du président de Charbonnage de France International à l’époque du deuxième choc pétrolier puis chef du
service juridique des Charbonnages de France. Au plan associatif, il est trésorier national de l’Association des Anciens Prisonniers Internés déportés d’Indochine (ANAPI).

L’apsara du tigre
Nouvelle édition 2018 – augmentée d’un cahier photos
320 pages
20 photos et plans NB et couleur
ISBN : 978-2-914086-27-1

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Labrousse Pierre – La méthode viet-minh, Indochine

Labrousse, Pierre
La méthode viet-minh, Indochine 1945-1954, Lavauzelle, 1996.

Une analyse de “l’autre camp” rarement traitée…

Comme son titre l’indique, l’ouvrage de Pierre Labrousse est original. En près de 400 pages, il nous propose une analyse complète de la montée en puissance du mouvement indépendantiste communiste vietnamien, le vietminh, de 1945 à 1954.

Contexte géopolitique de l’Indochine française, le travail psychologique et politique auprès des populations, , l’action militaire contre l’armée française de la guérilla à la guerre conventionnelle, les actions militaires du CEFEO en réaction, la bataille finale Dien Bien Phu.

Après avoir planté le décor en profondeur, Pierre Labrousse nous propose ensuite une réflexion complète sur les buts de guerre, la stratégie, la doctrine, les opérations, la tactique, les forces et faiblesses d’un mouvement qui mettra également à genoux, également, la puissante Amérique…

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