ANAPI

Chronologie : 1940 – 1945

Guerre 1939 – 1945 et présence japonaise en Indochine
Le Japon était en guerre larvée contre la Chine dès le début des années 1930 (Affaire du Mandchoukouo, occupation du Tsien-Tsin, etc…). En 1939, une bonne partie de la zone côtière chinoise était occupée par l’armée nippone.

La France, à travers le TONKIN, acheminait au profit des Chinois des vivres, des carburants et des matériels du port de Haïphong jusqu’à Yunnanfou par le chemin de fer Haïphong – Hanoï à Yunnanfou.

C’est une pièce qui se joue entre le Japon et la France en cinq actes.

Acte 1 :

Tout a débuté le lendemain de l’armistice demandé par la France à l’Allemagne nazie.

Le Japon profitant de la situation de faiblesse de la France exige la fermeture de la frontière sino- indochinoise et le contrôle de ces frontières par une commission nippone. Cet ultimatum est transmis par l’Ambassadeur de France à Tokyo au Gouverneur Général de l’Indochine, le général CATROUX, le 19 juin 1940. Celui-ci s’incline sachant qu’il est impossible de résister à une attaque japonaise avec nos faibles moyens sur ce territoire, d’autant plus qu’il ne peut espérer aucune aide extérieure, ni de la Métropole ni des Britanniques, ni des Etats-Unis traditionnellement anti-colonialiste et voulant rester neutres dans cette région.

Le tout nouveau gouvernement de VICHY, désavouant CATROUX, le remplace par l’Amiral DECOUX qui prend ses fonctions le 25 Juillet 1940.
Acte 2 :

Tokyo intensifie ses actions et remet un autre ultimatum à l’Ambassadeur français en août 1940

Cette fois-ci, l’affaire se règle au niveau des gouvernements et l’accord Arsène Henry – Matsouka est signé le 30 août 1040. Il impose à la France le stationnement des troupes nippones au nord du Fleuve Rouge, et l’utilisation de certains ports et aérodromes.

Le Gouvernement de Vichy laisse à DECOUX le soin de négocier les modalités d’application, négociations difficiles et très âpres.

Cet accord d’application est signé in extremis le 22 septembre 1940. Et le même jour, les troupes japonaises de Canton envahissent le nord du TONKIN, passent la frontière à DONGDANG et investissent LANGSON. Nos troupes battent en retraite, abandonnant LANGSON avec des centaines de morts et des prisonniers. Il a fallu un ordre express de l’Empereur du japon pour que l’armée nippone retourne en territoire chinois en libérant les prisonniers.

Nos troupes montrent leur faiblesse (vétusté des équipements et des matériels, médiocre combativité des troupes autochtones). Cette faiblesse est constatée une seconde fois dans l’affaire du SIAM.
Des revers français sur terre au Cambodge en janvier 1941 sont compensés par l’éclatante victoire navale française près de l’île de KOH-CHANG sur la flotte siamoise.
Le Japon impose sa médiation et un traité est signé sous la contrainte avec le SIAM à Tokyo en mai 1941, amputant le Cambodge de près de 2 provinces et le Laos de 2 zones à l’ouest du Mékong.

Les incidents de LANGSON et du SIAM montrent l’isolement de l’INDOCHINE. Ni la Grande-Bretagne, ni les Etats-Unis n’ont voulu intervenir diplomatiquement.

Le Japon, dès le 27 septembre 1940, a signé une alliance Tripartite avec l’Allemagne d’Hitler et l’Italie de Mussolini.

Et, le 13 avril 1941, Matsuouka signe à Moscou un pacte de non agression avec Staline.
Acte 3 :

Il se joue à Vichy. L’Ambassadeur du Japon KATO présente au Gouvernement de Vichy des demandes tendant à permettre l’accès des forces nippones dans toutes les régions d’Indochine. Comme auparavant pour les précédents actes, le Japon reconnaît la souveraineté française en Indochine et respecte l’intégrité du territoire de la Fédération.

Il y a cependant une nouveauté, celle de la « défense commune» de l’Indochine contre toute agression venant de l‘extérieur.

L’accord KATO-DARLAN est signé le 21 juillet 1941 à Vichy. Les négociations pour son application sont laissées à l’initiative de DECOUX. Celui-ci fait traîner les choses jusqu’en décembre 1941.
Acte 4 :

Au lendemain de l’attaque de Pearl Harbour, les Japonais présentent encore un ultimatum à DECOUX demandant l’application sans délai et sans restriction de l’accord Cato-Darlant, sinon le Japon assurera lui-même le contrôle total du territoire indochinois.

L’Amiral DECOUX obtient des Japonais la répartition des zones de défense. La surveillance de la frontière chinoise est confiée aux Français (on sait que la Chine n’a aucune intention d’envahir l’Indochine). Toutes les côtes sont confiées à la défense japonaise contre les possibles débarquements américains ou britanniques.

L’Amiral DECOUX pouvait-il prendre une attitude totalement négative et repousser les exigences nippones au cours du mois de décembre 1941?
« C’était la solution de facilité, écrit Georges GANTIER, celle qui aurait permis de se tailler une réputation de résistant avant la lettre, sur les ruines de la souveraineté française ». Il faudrait ajouter « sur les horribles souffrances et sur les tombes de la plupart des 40000 français présents en Indochine, qu’ils soient militaires ou civils ».

Le Général de Gaulle a déclaré la guerre au Japon dès le lendemain du coup de Pearl Harbour, le 9 décembre 1941.
Acte 5 :

On peut parler d’infléchissement de la politique de DECOUX dés 1943 et des essais souvent infructueux du rapprochement de GAULLE – DECOUX. Mais, il faut également mentionner les dissensions et les rivalités entre les résistants civils et les résistants militaires, mal conçues et organisées par le Général MORDANT.

Conseiller par Monsieur de BOISAUGER, DECOUX envoie un certain Monsieur François à Alger pour prendre contact avec de GAULLE. Ce dernier envoie de LANGLADE en Indochine, porteur d’un message à DECOUX. Cette missive a été modifiée par LANGLADE lui-même qui ne l’a pas remise à DECOUX. Il avait en effet rencontré le Général MORDANT, qui le dissuade de voir le Gouverneur Général et le convainc que l’ennemi N° 1, bien avant les Japonais, s’appelle DECOUX.

MORDANT est nommé Chef de la Résistance en Indochine et délégué au Comité Français de Libération Nationale (C.F.L.N.) Ce choix est loin d’être judicieux, il est qualifié par certains historiens de catastrophique. Résistance mal pensée, mal organisée sur le modèle métropolitain, dans un environnement et un contexte tout à fait différents.

Les Résistants de MORDANT croient fermement à un débarquement allié en Indochine, information fréquemment diffusée par les radios de New-Delhi et de Calcutta ; les Japonais eux-mêmes y croient. On sait aujourd’hui qu’aucun débarquement n’a été prévu dans les plans Américains.

Le Président ROOSVELT l’a explicitement dit le 1er janvier 1945 «  Je ne ferai rien pour libérer l’Indochine de l’emprise japonaise  ».

Le 23 Février 1945, deux semaines avant le coup de force, l’Amiral DECOUX envoie un message au ministre des Colonies. « Le manque de pondération de l’organisation de la Résistance me gêne énormément. L’éviction des troupes japonaises n’est plus qu’une question de temps. Notre intérêt est que des initiatives prématurées ne provoquent pas un coup de force des Japonais, pouvant tout remettre en cause ».

Message transmis mais mal entendu par le Gouvernement à Paris en 1945 et le 9 mars 1945, le drame arrive.

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Chronologie : 1885 – 1940

La Cochinchine, les protectorats d’Annam, du Tonkin, du Cambodge et du Laos se réunissent en une « Union Indochinoise » sous l’autorité d’un gouverneur général.
De grands travaux sont mis en œuvre.
Avec des chefs comme Gallieni ou Lyautey, la pacification militaire, notamment contre la piraterie des frontières avec la chine, est couronnée de succès.
Pourtant, une rébellion latente agite l’Indochine même si le calme règne à la veille de la seconde guerre mondiale.

  •     1885-1891

Tonkin : opération de pacification du Delta et d’occupation de la Haute Région. Luttes contre les bandes chinoises et annamites.

  •     1885-1888

Naissance d’Haïphong.

  •     1887

Création de l’Union Indochinoise. Première messe dans la nouvelle cathédrale de Hanoï construite par Mgr Puginier.

  •     1888

Expédition de Dien Bien Phu.

  •     1891

Fondation de l’Institut Pasteur de Saïgon. Lanessan, gouverneur général, rend aux mandarins une partie de leur autorité. Une impulsion est donnée aux travaux publics, en particulier à la construction des routes.

  •     1892

Cambodge : soumission de Si Vattha. Opérations dans la région de Cao Bang contre des bandes chinoises.

  •     1893

Démonstration de la flotte française à Bangkok après le refus des siamois de se retirer du Haut Cambodge et du Laos. 30/7/1893 – La cour du Siam s’engage à évacuer toute la rive gauche du Mékong. Protectorat au Laos.

  •     1893-1895

Gallieni commandant du 2° territoire militaire du Tonkin.

  • 1894 :

Lyautey chef d’état-major de Gallieni.

  •     1896

Fondation de l’Institut Pasteur de Nha Trang par le Docteur Yersin. Accords franco-chinois pour la police des frontières.

  •     1897-1902

Paul Doumer, gouverneur général. Centralisation du pouvoir administratif. Réalisation de grands travaux publics : construction de voies ferrées, équipement du port de Saïgon, construction du Pont Doumer à Hanoï.

  •     1898

Création de l’Ecole Française d’Extrême-Orient.

  •     1900-1930

Essor économique et développement des grandes plantations d’hévéa. Aménagement des canaux en Cochinchine dans le delta du Mékong.

  •     1901

Paix conclue entre les Occidentaux et la Chine.

  •     1902

Opération de ratissage contre les pirates chinois de la région de Cao Bang.

  •     1907

Exil de l’empereur Thanh-Taï, à qui succède son fils Duy-Tan. L’agitation nationaliste durera jusqu’en 1913 et reprendra en 1916, année où Duy-Tan sera à son tour déposé et exilé. Kai-Dinh, père de Bao Daï monte sur le trône d’Annam.

  •     1911

Décret fixant définitivement l’organisation intérieure de l’Indochine, à laquelle est joint le territoire de Kouang-Tchéou-Wan.

  •     1918-1921

Rébellion au laos et dans la région de Dien Bien Phu.

  •     1927

Troubles sur la Rivière Noire, à Haïphong et dans la région de Moncay. Création à Hanoï du Parti National du Vietnam (VNQDD).

  •     1929

Ouverture du Congrès de Canton dont le but est d’abattre l’impérialisme, d’établir la dictature du prolétariat en alliance avec les pays soviétiques.

  •     1930

Fondation du Parti Communiste vietnamien par Nguyen Aï Quoc (Ho Chi Minh), agent du Komintern pour le Sud-Est asiatique.

  •     1939- 1940

Emprisonnement des cadres du Parti Communiste Indochinois. Elimination des organisations communistes. Repli en Chine de Pham Van Dong et de Vo Nguyen Giap.

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Chronologie : 1624 – 1885

1624-1767 : Découvertes – Missions et Comptoirs

 

  •     Les missionnaires et les marchands sont les premiers Français qui ouvrent l’Indochine au monde occidental.
  •     Au XVIIème Siècle, un Jésuite, le Père Alexandre de Rhodes fut le créateur de la transcription phonétique de l’Annamite, le « Quoc-ngu ».
  •     En 1658 sera créé la Société des Missions Etrangères de Paris qui organisera une église Vietnamienne avec un clergé autochtone.
  •     Au XVIII ème Siècle, la Compagnie des Indes obtient une licence de commerce du roi de Cochinchine.

1767-1858 – L’unification du Vietnam – Les Martyrs

  •     L’Empire du Vietnam se forme avec l’Empereur Gia Long.
  •     Il unifie les « Trois Ky » (Cochinchine, Annam et Tonkin) grâce au soutien de Mgr Pigneau de Béhaine, évêque d’Adran, et de volontaires français (marins, ingénieurs etc.).
  •     En 1787 est signé par l’évêque d’Adran, pour Nguyen Anh (Gia Long) et le ministre des Affaires étrangères de la France un traité d’alliance offensive et défensive entre Louis XVI et le roi de Cochinchine.
  •     En 1788, Mgr Pigneau de Béhaine ne reçoit pas du Gouverneur de Pondichéry les troupes qu’il demande pour Nguyen Anh. L’évêque d’Adran obtient le concours de volontaires français et Nguyen Anh le nomme généralissime des forces Cochinchinoises.
  •     En 1806, Nguyen Anh se proclame Empereur sous le nom de Gia Long et unifie le Vietnam.
  •     Les successeurs du grand Empreur-Minh Mang, Thieu Tri et Tu Duc- veulent fermer le pays à l’influence occidentale et chrétienne. Ils persécutent les catholiques, notamment des missionnaires français. La France est obligée d’intervenir et envoie des forces navales devant Tourane.

1858-1885 – L’occupation Française

  •     L’escadre française débarque à Tourane, prend Saïgon et occupe la Basse-Cochinchine. Un protectorat est établi sur le Cambodge et bientôt sur le Laos. Une expédition sur le Mékong ouvre la route vers le marché Chinois.
  •     Francis Garnier intervient en faveur d’un commerçant : Jean Dupuis. Il prend Hanoï et occupe le delta du Tonkin. Il est tué par les Pavillons Noirs.
  •     Le commandant Rivière s’empare à nouveau de Hanoï. Il est, lui aussi, tué par les Pavillons Noirs.
  •     Jules Ferry décide d’une intervention au Tonkin. La Chine reconnaît le protectorat de la France sur l’Annam et renonce à ses droits sur le Tonkin.

L’attaque de la citadelle d’Hanoï par Francis Garnier, le 20 novembre 1873, par la porte sud-est. Construits sur ordre de l’empereur Gia Long en 1805, les remparts à la Vauban étaient l’oeuvre des élèves des officiers français, compagnons de l’évêque d’Adran. Ils furent rasés entre 1894 et 1897.

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Avant propos

L’Indochine ? De nos jours cette notion échappe à la plupart de nos concitoyens. Il s’agit d’une entité géographique et politique rassemblant, aux XIXème et XXème siècles, des pays liés à la France soit par un accord de protectorat, tels l’Annam, le Laos, le Cambodge et le Tonkin, soit par le statut de colonie telle la Cochinchine.

A partir du coup de force Viet Minh du 19 décembre 1946, la France dut s’engager dans une guerre dont l’objectif stratégique était d’éviter à ces pays le joug communiste, appelé à les faire tomber dans la zone d’influence soviétique. Elle leur avait accordé l’indépendance dès 1949 et la situation s’était aggravée après l’arrivée au pouvoir de Mao Tsé Tong la même année. Ce conflit s’inscrivait donc dans le cadre de la« guerre froide ».

Faisons un bref rappel historique concernant les grandes dates de la présence française, les principales réalisations qui en découlèrent, et terminons par un aperçu de la situation contemporaine.


UN PEU D’HISTOIRE

Dès 1615 pénètrent les premiers missionnaires catholiques. Le jésuite Alexandre de Rhodes invente le « quoc ngu »,en remplacement du« Chu-Nôm» adapté du chinois au XIIème siècle. Il transcrit la langue annamite en caractères latins. C’est un apport culturel déterminant permettant une ouverture sur la civilisation moderne, à une population qui connaissait mal l’écriture héritée des chinois.

L’œuvre sera poursuivie et amplifiée par Monseigneur Pigneau de Béhaine. En 1802, il aide l’Empereur d’Annam Gia-Long à libérer son pays de la domination chinoise, et à l’unifier sous le nom d’Empire du Vietnam.

Rappelons que le mot chinois« An Nam» signifie: « Colonie du sud ». Dans notre langage le terme « anamite» était donc considéré comme péjoratif, la Chine ayant toujours cherché à étendre sa suzeraineté sur le Vietnam.

Par la suite le XIXème siècle verra la France établir son protectorat sur le Cambodge (1863), l’Annam et le Tonkin (1883); la Cochinchine devient une colonie (1867), et l’ensemble est intégré dans l’Union Indochinoise en 1887 sous l’impulsion de Jules Ferry.

La Chine a renoncé à sa prépondérance par le second traité de Tien-Tsin en 1885.   Le protectorat s’étend au Laos en 1893.

Notre implantation n’alla pas sans difficulté au XIXème siècle. La présence française, librement acceptée et reconnue par des traités, rencontra des péripéties comme toute entreprise humaine, et des oppositions liées à un phénomène naturel de rejet de la part de certaines populations autochtones.

La pacification du Tonkin nécessita des actions militaires : siège de Tuyen Quang, prise de Sontay, répression des émeutes de Yen Baï, lutte contre les pavillons noirs et les pirates venus de Chine. De nombreuses opérations furent nécessaires pour établir et maintenir la paix.


Dès lors, l’œuvre française s’épanouira cinquante ans durant, jusqu’à la deuxième guerre mondiale et la défaite française de juin 1940, qui lui causeront de grands dommages.
Aussitôt, dès septembre, le Siam (actuelle Thaïlande) ayant des visées territoriales, engage contre la France des actions terrestres à la frontière du Cambodge et du Laos, et navales dans le Golfe du Siam. Nos faibles forces doivent riposter. L’action se termine· après une médiation

japonaise en 1941, ce qui laisse mal présager de la suite.
En effet, peu après, plus grave et déterminante la menace du Japon se précise. Fort de ses succès, dès 1941, il extorque à l’Amiral Decoux, Gouverneur général, un protocole lui permettant l’occupation de certaines zones. Il les étend ensuite à l’ensemble du territoire dont il proclame l’indépendance en 1943 en faveur du Viet-Minh.

Puis le 9 mars 1945 il lance, par surprise et traîtrise, un coup de force contre toutes les positions de l’armée française dont il tue ou capture de nombreux combattants. Certains parviennent à rejoindre la brousse ou la Chine (colonne Alessandri). Beaucoup de militaires captifs des bagnes nippons ou aux mains de la Kempétaï (la Gestapo japonaise), auront la vie sauve in extremis grâce à la bombe atomique d’Hiroshima. Elle entraîne la capitulation du Japon, tandis que BaoDaï, l’empereur du Vietnam, démissionne.

A son arrivée le Corps Expéditionnaire Français d’Extrême Orient (CEFEO), commandé par le général Leclerc, trouve une situation confuse, tandis que les Chinois occupent le Tonkin et les Anglais la Cochinchine.

La France doit alors traiter avec le Viet-minh présidé par Ho-Chi-Minh, qui dirige le premier gouvernement vietnamien. Elle organise alors avec lui la Conférence de Fontainebleau (1946), où est établi un « modus vivendi» permettant aux forces des deux partis de cohabiter. Un équilibre fragile s’instaure, jusqu’à l’attaque lancée par surprise contre les forces françaises le 19 décembre de la même année.

Mettant fin au simulacre de cohabitation le Viet-minh engage la lutte armée qui durera huit ans. Au cours du conflit 39 980 militaires français tomberont entre ses mains, et 9934 seulement survivront (25%), soit une mortalité comparable à celle des camps nazis. Un sur quatre disparut: là réside le crime contre l’humanité.

La guerre se termine après la chute de Dien Bien Phu par la Conférence de Genève (1954). Elle aboutit à la partition de l’ensemble constitué par le Tonkin, l’Annam et la Cochinchine, au niveau du 17ème parallèle en deux Etats. Au Nord la République Démocratique du Vietnam socialiste, soutenue par la Chine et l’URSS; au Sud la République du Vietnam libérale soutenue par les Etats-Unis.

Les territoires de celle-ci seront infiltrés par un mouvement de résistance révolutionnaire, téléguidé par le Nord, et instrument de son impérialisme, le Viet-Cong.
Ceci provoquera l’intervention des Etats-Unis, qui conduiront au Nord une guerre aérienne et au sud des opérations terrestres. L’intrusion au sud du 17ème parallèle de l’armée nord vietnamienne, bouleversera les données du conflit. Avec le Viet-Cong, celle-ci prendra Saigon, rebaptisée aussitôt Ho-Chi-Minh- Ville, le 30 avril 1975, chassant définitivement le gouvernement sud-vietnamien et les américains. De la sorte sera réussie, au profit exclusif de la République Démocratique du Vietnam Nord (RDVN), la réunification du Vietnam socialiste.


LES GRANDES REALISATIONS DE LA FRANCE EN INDOCHINE

L’œuvre de la France en Indochine fut réalisée par de grands serviteurs de l’Etat qui prirent la juste mesure de la situation et apportèrent des solutions appropriées. Elle fut poursuivie jusqu’à 1940.

Citons en particulier: des militaires : Lyautey, Gallieni, l’amiral Courbet; des explorateurs:
Francis Garnier, Doudart de Lagrée, Auguste Pavie; des gouverneurs généraux Paul Bert et Paul Doumer; des hommes politiques comme Jules Ferry.

Avant 1802 l’invention du «Quoc Ngu », permettant la transcription de la langue annamite en 37 caractères latins, représente un apport capital permettant l’ouverture du pays à la culture industrielle moderne. Ce système remplace l’écriture Chu-Nôm imposée par la domination chinoise.

Par la suite la réalisation des digues du Fleuve Rouge et de ses affluents met le delta du Tonkin et ses populations à l’abri des inondations et de la famine. Les américains eux-mêmes, par souci d’humanité, renonceront à les bombarder.

Sciences et culture bénéficient de la création de facultés (médecine, pharmacie, sciences).
Sont construits des établissements de toutes sortes: Grandes Ecoles (Beaux Arts et Agriculture) ; dix huit lycées et collèges; de nombreuses écoles primaires publiques, ce qui accélère l’alphabétisation des masses. En 1942 on recensera 61.6975 élèves et 9.036 maîtres. Cette situation place l’Indochine en tête de tous les pays du Sud-Est Asiatique, et même devant le Siam (Thaïlande).

La médecine bénéficie d’un effort particulier : création de l’Ecole de médecine d’Hanoi, dont seront issus la plupart des médecins vietnamiens ; création de quatre Instituts Pasteur, de sept hôpitaux, de cinquante cliniques ou dispensaires, de sept léproseries, et de dix orphelinats.
Alexandre Yersin (1863-1943), microbiologiste français, découvre le bacille de la peste, dirige les Instituts Pasteur, et initie la culture de l’hévéa, richesse du Cambodge et de la Cochinchine. D’autres chercheurs luttent contre la lèpre, le choléra, le typhus, la malaria (paludisme), fièvre Jaune.

Simultanément a lieu le développement et la modernisation de l’économie grâce à de nombreuses réalisations:
-Infrastructures portuaires: Saigon, Hongaï (mines de charbon), Haiphong.
– Voies de communication: 5000 kilomètres de routes; des liaisons ferroviaires: d’Hanoi
à Saigon prolongées jusqu’au Yunnan en Chine :3000 kilomètres de voies ferrées sont construites ainsi que le pont Doumer (ferré et routier (1898-1902)-style Eiffel-1780 mètres de long) enjambant le Fleuve Rouge à Hanoi.
-Développement du secteur minier: charbonnages de Hongaï; mines de fer, de zinc, d’étain, de manganèse.
-Expansion des plantations: coton (création de la cotonnière de Nam Dinh), thé, café (en moyenne région); hévéas (Cambodge et Cochinchine); riz (les surfaces sont sextuplées).
-Création des industries de transformation : cimenteries, rizeries, filatures, tissages etc.
-Développement des voies navigables : 7000 kilomètres de canaux;
-Aménagement des digues du Fleuve Rouge.


LES ERREURS OU OMISSIONS DU SYSTEME COLONIAL:
EVITONS L’ANGELISME

Certes, parfois imbus, sans fondement d’ailleurs, de notre «supériorité d’Occidentaux », nous n’avons pas donné, au bon moment, leur place aux élites vietnamiennes que nous avions formées.

Certes nous n’avons pas su tirer les leçons des bouleversements issus de la deuxième guerre mondiale, et partir à temps, sans attendre la pression des évènements, comme le firent les Anglais dans leur empire. Et pourtant nous avons créé, trop tard peut-être, l’Union française, à l’image du Commonwealth britannique.

Certes profitant de l’œuvre accomplie, se sont manifestés des intérêts mercantiles exploitant une main d’œuvre peu qualifiée, sans lui assurer la formation et les garanties sociales, qui, d’ailleurs, n’existaient pas en Europe à l’époque.

Mais n’oublions pas les retombées bénéfiques que les Vietnamiens eux-mêmes reconnaissent aujourd’hui, par exemple en fêtant la Francophonie.

Le fameux «pillage des ressources» n’eut pas lieu puisque celles-ci furent mises en valeur sur place: culture du coton, extension des rizières, introduction de l’hévéa (importé d’Amazonie), développement de l’industrie et des communications, recherche minière etc.


Que conclure ?

Nous les soldats de la République, envoyés par elle sur cette terre lointaine pour y colporter et défendre les idéaux de la Révolution, n’avons pas à rougir de l’œuvre accomplie. Nous avons répandu « l’universalisme républicain à la faveur d’un rapport de forces qui ne disqualifie pas pour autant les valeurs qui le fondent. C’est si vrai que les élites des mouvements de libération des peuples de l’Empire les ont retournées contre la France, après les avoir reçues d’elle », comme l’écrit Alain Gérard Slama, dans le Figaro..

N’ayons donc pas peur de ce mot colonisation, tabou de nos jours. Ne signifie-t-il pas: « action conduite par un peuple avancé au profit d’un peuple émergent, pour l’amener au niveau de la civilisation moderne, et faciliter son insertion dans le concert des nations ».

L’histoire du monde abonde d’exemples de ce genre, à commencer par la nôtre, dont le pays fut colonisé par les romains qui lui apportèrent les bienfaits de la culture Gréco-Latine. Nous en fûmes les dignes continuateurs.

Nous refusons donc l’auto-flagellation et la repentance, pure technique marxiste, connue par nous dans les camps. C’est une pédagogie fondée sur la mauvaise conscience. Elle se proposait de nous amener à combattre la cause que nous étions venus défendre. De nos jours elle s’appuie sur le «politiquement correct» diffusé par ceux que Lénine appelait «les idiots utiles ». De bonne foi ils font le jeu de l’ennemi. Evitons donc l’angélisme.


LA SITUATION CONTEMPORAINE: AMERE VICTOIRE

Le Vietnam réunifié sous la main de fer du gouvernement communiste d’Hanoi aura de la peine à se relever des séquelles héritées de trente années de guerre. Les suites de la victoire seront dures à maîtriser. Dopés, les communistes vietnamiens se lancent dans des interventions militaires, au Cambodge et au Laos, se terminant par des retraites. De même tourne court un conflit frontalier avec la Chine.

Dans le sud, l’esprit de revanche des vainqueurs provoque un exode massif des opposants catholiques, métis et chinois…les « boat people ».Ils fuient vers le monde occidental.
Les droits de l’homme sont bafoués, et de nombreux camps sont ouverts, où sont enfermées et «rééduquées », des années durant, toutes les personnes compromises avec le régime sud vietnamien. Elles subissent un lavage de cerveau, connu antérieurement par nos soldats captifs au Nord dans les camps viets, entre 1946 et 1954, mais utilisant des méthodes « améliorées »encore plus perverses.

Après 1985, pressé par les réalités économiques, le régime communiste, tout en restant figé dans sa doctrine marxiste désuète, s’assouplit et procède à une ouverture, le« Do Moï». Il libère progressivement l’économie et accepte l’apparition d’un néocapitalisme de plus en plus ambitieux.
Dès 1995 sont rétablies les relations diplomatiques avec les Etats-Unis, et une croissance économique libérale, à l’image de celle du grand frère chinois, voit le jour. En 2010, les États-Unis sont les principaux partenaires économiques du Viêt Nam pour ses exportations. Mieux encore, les deux pays ont menés des exercices navals communs dans le port de Da Nang.

Le Cambodge pour sa part devra encore endurer le règne sanglant des Khmers rouges avant de trouver un semblant de paix. Le PPC (Parti du Peuple Cambodgien), anciennement communiste, reste le premier parti du pays. Le pays est aujourd’hui confronté à une série de choix douloureux. Son économie dépend encore très largement de l’aide internationale et souffre d’une corruption très importante. D’autres problèmes hérités du désastre khmer rouge obèrent aussi le développement du pays comme la question des terres (le cadastrage, supprimé par les Khmers Rouges, est encore loin d’être finalisé) ou l’éducation, le système éducatif ayant été complètement détruit par les Khmers rouges (enseignants assassinés, etc.).

Le Laos est un État communiste dirigé par le Parti révolutionnaire populaire lao, parti unique d’obédience marxiste-léniniste. Une partie des communautés de l’ethnie des Hmong du nord du pays a combattu aux côtés des États-Unis lors de la guerre du Viêt Nam et de la guerre civile laotienne. L’opposition en exil dénonce régulièrement les atteintes aux Droits de l’homme commis contre les Hmongs. Le Laos est un des pays les plus pauvres du monde.

Dès lors on peut se demander à quoi ont servi trente années de guerre féroce contre les «capitalistes» français et américains … et tant de sacrifices et de morts !

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Le statut des anciens prisonniers des Japonais

Sans visite de libération, sans service social, sans service de santé, sans média, ces prisonniers vont avoir les pires difficultés pour faire reconnaître leurs droits, voir se heurter à l’impossibilité d’apporter les preuves de leur captivité pour obtenir réparation.

Aujourd’hui, ils sont moins de 500 survivants dont la moyenne d’âge dépasse allègrement les 80 ans. Les prisonniers des Japonais n’ont jamais vraiment eu de libération. Aujourd’hui, l’évènement du 9 mars 1945 semble être gommé de la mémoire collective de la Nation.

Deux lois ont été votées en 1948 en faveur des déportés et des internés de la guerre 1939 – 1945 :

  •     la loi du 6 août 1948 (déportés et internés résistants)
  •     la loi du 9 septembre 1948 (déportés et internés politiques)

Ces lois concernent également « ceux d’Indochine ». Lors des débats précédant le vote, le 8 juin 1948, au Conseil de la République, Monsieur DURAND-REVILLE a fait un long plaidoyer en faveur des déportés des camps japonais en INDOCHINE.

Depuis le vote de ces lois, toutes les demandes de titre de déporté ou interné par les prisonniers des japonais ont été déboutées pour les motifs suivants :

  •     capturé par les Japonais et incarcéré comme prisonnier de guerre, l’intéressé n’a pas droit au titre de déporté ni d’interné
  •     l’intéressé résistant à l’attaque japonaise par les armes n’a fait que son devoir ; il n’a pas fait acte de résistance et ne peut prétendre au titre de déporté ou d’interné résistant.
  •     l’intéressé n’a pas été incarcéré durant plus de 90 jours dans le lieu de déportation figurant sur l’arrêté ministériel du 22 janvier 1951, il ne peut donc prétendre au titre de déporté politique.

Jusqu’en 1993, soit 48 ans après les faits, aux questions écrites ou orales des parlementaires les ministres successifs chargés des Anciens Combattants ont toujours répondu : « Les cas des anciens prisonniers des Japonais sont déjà régis par les lois d’août et de septembre 1948 ; il n’y a pas lieu de légiférer à nouveau ».

La formule est en contradiction totale avec les rejets des demandes de titres. D’un côté, le champ d’application de ces lois ne couvre pas le cas des anciens prisonniers des Japonais, et de l’autre, on proclame que leur cas est déjà réglé par ces lois.

Les pouvoirs publics constatant qu’il existe un «vide juridique et réglementaire » pour certains anciens combattants de 1939 – 1945, ceux des camps «durs» d’Europe (Lübeck, Colditz, Rawa-Ruska, etc…) et également pour tous les camps d’Indochine (japonais ou vietminh) ont pris un décret en 1973, complété par un second en 1977, et, en 1981, un troisième modifiant les deux premiers.

Les décrets ont permis à certains prisonniers d’obtenir la reconnaissance de leurs invalidités, par présomption et sans délai, pour certaines maladies.

Pour les autres maladies, l’obtention des réparations était assortie de délai et de limite d’âge :

  •     « Dans les quatre ans après la libération ».
  •     « avant cinquante cinq ans ».

Les anciens prisonniers des Japonais, compte tenu des conditions de leur libération en septembre 1945, ne peuvent prétendre qu’à certaines maladies « sans délai ».

Les anciens prisonniers du Vietminh ont estimé avec juste raison qu’il restait un vide juridique pour leur cas. Dès 1986, ils ont déposé une proposition de loi qui a abouti à un vote favorable. La loi 1013-89 du 31 décembre 1989 leur a donné un statut comparable à ceux des déportés résistants. La seule condition était la durée de captivité : plus de 90 jours.

La quasi-totalité des anciens prisonniers du Vietminh ayant plus de 90 jours de captivité ont reçu leur carte.

En 1992, Jacques Godfrain, député de l’Aveyron, a déposé en faveur des anciens prisonniers des Japonais une proposition de loi tendant à conférer à ces derniers un statut comparable à celui des anciens prisonniers du Vietminh. Monsieur B. HUGO, sénateur de l’Ardèche, a déposé la même proposition de loi au Sénat.

L’ANAPI a écrit à tous les parlementaires (députés et sénateurs pour leur présenter cette proposition de loi ,

  •     plus de 100 parlementaires se sont associés à cette proposition de loi, et
  •     plus de 200 l’ont soutenue en répondant à notre lettre d’introduction.

Le Gouvernement de l’époque ne voulait pas d’une nouvelle loi, d’après le Secrétaire d’Etat aux Anciens Combattants : « Il n’y a pas lieu de légiférer à nouveau, les cas de ces anciens prisonniers sont déjà régis par les lois d’août et de septembre 1948 ».

Il n’y avait donc aucune volonté politique de faire aboutir cette affaire.

En 1982, un arrêt du Conseil d’Etat, dit arrêt LAFFARGUE, a exclu tous les anciens militaires prisonniers des Japonais du bénéfice de la loi du 6 août 1948 (déportés et internés résistants) : « Le militaire résistant aux Japonais par les armes n’a pas fait acte de résistance dès lors qu’il était en activité de service dans une unité combattante attaquée par les Japonais ».

Les Pouvoirs Publics, fort de cet arrêt, rejetèrent toutes les demandes de titre de déporté ou d’interné résistant.

Cependant, ceux qui ont été incarcérés dans les camps de concentration ont eu un petit espoir Dès 1993, grâce aux coups de butoir des parlementaires, grâce surtout aux Dèsaveux répétés des prises de position administrative du Ministre par les Instances Judiciaires.

L’arrivée de M. MESTRE au Ministère des Anciens Combattants a accéléré les choses. Le titre de déporté politique est rapidement conféré aux anciens prisonniers ayant été déportés à HOABINH ou à PAKSONG lorsqu’ils y ont contracté une maladie pensionnée car la durée de déportation n’a pas atteint les 90 jours.

Cet assouplissement d’interprétation de la loi a permis jusqu’à ce jour à plus de 180 anciens prisonniers des Japonais d’obtenir la carte de « déporté politique ». On assiste là à une anomalie fondamentale car des officiers (généraux, colonels, etc…), des sous-officiers sont aujourd’hui devenus des victimes civiles de la guerre. Si la loi est mal faite, il faudrait la modifier.

Récemment, en grande partie grâce à la pression de la rue, les anciens prisonniers des rebelles d’Afrique du Nord ont obtenu satisfaction pour une loi leur conférant un statut particulier.
On peut se réjouir de cette « réparation », même plus de 30 ans après les faits, accordée à des anciens prisonniers qui ont souffert dans leur âme et dans leur corps.

Il ne s’agit pas de comparer les misères et les souffrances. Il s’agit de justice et d’équité. Peut-on aujourd’hui refuser aux anciens prisonniers des Japonais dont la moyenne d’âge est de 82 ans ce qu’on a accordé pour des cas semblables à deux générations de plus jeunes ?

Près de 300 prisonniers de guerre des Japonais sont exclus du bénéfice du titre de déporté politique parce qu’ils n’ont pas été incarcérés dans un camp de déportation, et n’ont obtenu que l’application stricte des décrets sur les camps durs de 1973, 1977 et 1981, c’est-à-dire la reconnaissance de quatre infirmités.

L‘ANAPI, dès 1996, a essayé de présenter un projet de modification de ces décrets permettant de supprimer les contraintes des délais de premières constatations des maladies (dans les 4 ans après la libération, dans les 10 ans après la libération) ou des limites d’âge (avant les cinquante ans).

Cette souplesse d’interprétation est surtout demandée pour les maladies exotiques qui peuvent apparaître ou s’aggraver au fil des ans.
Malheureusement, les décrets précités ont été consoliDès par la loi de 1983. Donc, pour modifier les décrets précités, il faudrait légiférer à nouveau avec toutes les difficultés inhérentes au champ d’application de cette loi, qui couvre tous les camps durs d’Europe. Les pouvoirs publics, craignant un effet d’entraînement, ont refusé de modifier cette loi.

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Statut des prisonniers

Le vote de cette loi, qui devait apporter aux anciens prisonniers du Viet Minh la réparation des souffrances subies pendant leur captivité et de leurs conséquences physiologiques et psychologiques, autant que faire se peut, a été l’un des objectifs majeurs choisis par ceux qui ont créé l’ANAPI, et sans doute une de leurs plus belles réussites.

Cette action a été collective. Des centaines de membres de l’ANAPI ont uni leurs efforts pour la mener au succès, les participations les plus modestes ayant contribué à la réussite des acteurs les plus importants, et il n’est guère possible de tous les citer.

En 1985, René Navarre entreprend les premières démarches au Ministère des anciens combattants, pour demander l’étude des conséquences de la captivité subie par les anciens prisonniers du Viet Minh, démarches restées sans résultat.

La même année, André Vichard entre en contact, grâce à Monsieur Billardon, député-maire d’Autun, avec Monsieur Laurain, Ministre des anciens combattants et député de Metz, pour présenter la même requête. Et le colonel Bonnafous soutient une thèse de doctorat recensant l’étendue et la gravité des conséquences précitées.

Fin 1985, Pierre Mariani adresse plusieurs courriers pour formuler la même demande au Président de la République, François Mitterrand, au Premier Ministre, Laurent Fabius, au Ministre de la Défense, Paul Quilès et à Jean Poperen qui, en 1975, était intervenu à la Chambre des Députés pour que justice soit rendue aux prisonniers du Viet Minh.

Début 1986, une première proposition de loi est rédigée par le docteur Jean-Louis Rondy.

Au cours de l’été 1986, le député Jean Brocard met au point le texte définitif de la proposition de loi, à partir du premier jet établi par le docteur Rondy et d’un ancien projet préparé par le député Jean Laurain. Il présente cette proposition de loi à l’Assemblée Nationale une première fois le 24 mars 1987, et une seconde le 6 juillet 1988. Plusieurs formations politiques la reprennent à leur compte.

Pierre Mariani confie alors à quatre membres de l’ANAPI, qui forment le « Bureau Parisien », l’initiative des contacts et des démarches susceptibles d’atteindre le but fixé : le général de Sesmaisons, le médecin-général inspecteur Gilbert Pérot, le colonel Eric Weinberger et André Saint-Georges.

Ces derniers rencontrent un très grand nombre de personnalités politiques à l’Elysée, au Cabinet du premier ministre, au Sénat, à l’Assemblée Nationale et au Ministère des anciens combattants. Jack Bonfils organise l’envoi d’une plaquette documentaire à de nombreux responsables politiques.

La proposition de loi devient alors un projet de loi, qu’André Méric, Ministre des anciens combattants, remet au premier ministre Michel Rocard en octobre 1988.

Le texte définitif de ce projet de loi est mis au point par Mademoiselle Doucet, conseillère technique au cabinet du ministre des anciens combattants. Elle consulte de nombreuses fois, à cette fin, Eric Weinberger et André Saint-Georges.

Au printemps 1989, ces deux derniers mettent au point une seconde plaquette documentaire avec l’aide du SIRPA (Service d’Informations et de Relations publiques de l’armée). Cette plaquette est envoyée aux mille parlementaires au Sénat et à l’Assemblée Nationale ; elle est ensuite remise à chacun d’eux, dans leurs circonscriptions respectives, par des délégations d’anciens prisonniers qui sont leurs électeurs.

Après plusieurs péripéties, le projet de loi est proposé aux Conseil des ministres le 22 novembre 1989. Approuvé, il est voté à l’unanimité, le 15 décembre au Sénat à la suite d’un rapport établi par Monsieur Prouvoyeur, et le 18 décembre à l’Assemblée Nationale après une présentation par Jean Laurain.

La loi 89-1013 est signée le 31 décembre 1989 par Messieurs Mitterrand, Président de la République, Michel Rocard, Premier Ministre, Jean-Pierre Chevènement, Ministre de la Défense, Pierre Bérégovoy, Ministre des Finances et André Méric, Secrétaire d’Etat chargé des anciens combattants.

Elle reconnaissait les droits des anciens prisonniers du Viet Minh, pour la plupart d’entre eux.

Mais elle excluait du statut un nombre significatif de prisonniers ayant été détenus moins de trois mois. A l’automne 2000, le contrôleur-général Bonnetête créa une commission des prisonniers ainsi lésés dont il confia la présidence à Serge Fantinel.

En 2002, il mena une étude générale du sujet qu’il soumit, le 30 avril, aux autorités du ministère des anciens combattants. En août 2002, Monsieur Hamlaoui Mekachera, Ministre des anciens combattants, annonçait que les anciens prisonniers concernés étaient officiellement reconnus par le gouvernement français. Ils ont maintenant droit au statut à condition qu’ils aient au moins une infirmité pensionnée au titre des décrêts.

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La mémoire historique

La quasi-totalité des prisonniers du Viet Minh s’étaient murés dans le silence après leur libération, blessés au fond d’eux-mêmes par les conditions d’une captivité inhumaine, mais aussi par l’indifférence suspicieuse qui les entourait.
Lorsqu’ils se retrouvèrent, en 1986, leur solidarité ranimée leur rendit une certaine confiance en eux, et un nombre significatif d’entre eux se mit à écrire des livres afin de témoigner de l’horreur vécue, et de se libérer du poids qui les oppressait.

Mais tous n’étaient pas capables d’écrire un livre. Beaucoup, pourtant, ressentirent de plus en plus intensément le besoin d’attester et de s’épancher en décrivant le vécu de l’enfer des camps.

Informé de leurs productions, le général Bruneau, président national en 1997, décida d’en organiser le recueil, l’étude, et de garantir leur pérennité comme leur plus large diffusion.

A la demande de Gilbert Rémy, président de la délégation Charentes, le conseil d’administration réuni à Biarritz le 22 mai 1997 à l’occasion du congrès annuel, constitua un « Comité de lecture » composé de douze volontaires à qui fut confiée cette mission. Il demanda à André Saint-Georges d’en prendre la présidence, ce que ce dernier accepta.

Les auteurs des témoignages adressèrent leurs textes à André Saint-Georges, qui les fit reproduire et les adressa, pour étude, aux membres du Comité. Ces derniers furent ensuite réunis à Paris pour estimer la valeur de chaque témoignage et décider de son devenir.

Tous furent classés dans les archives nationales de l’ANAPI.

Les plus valables et les plus documentés furent envoyés aux trois centres nationaux de la Mémoire Historique, où ils sont à la disposition des consultants :

  •         la Délégation à la mémoire et à l’information historique (Fonds documentaires de la Bibliothèque)
  •         Secrétariat d’Etat aux anciens combattants – 37 rue de Bellechasse – 75700 Paris 07 SP
  •         les services historiques de l’Armée de terre (Fonds privés)
  •         Fort de Vincennes – B.P. 107 – 00481 Armées
  •         la commission d’histoire de la guerre,
  •         Fonds privés des archives départementales du Rhône – 92 rue de Marseille – 69007 Lyon.

Enfin, les meilleurs témoignages furent envoyés à des journaux et des revues, aux fins de parution dans leurs colonnes : Le Déporté, le Journal des Combattants, le Casoar, l’Epaulette, le Journal des enfants de troupe, la Charte, la Koumia, Képi Blanc, Historia, Rizières et djebels, Col bleu et SNAAG Actualités.

Les résultats des travaux des premières réunions ont été les suivantes :

  •         58 témoignages ont été recueillis et classés dans les archives nationales de l’ANAPI.
  •         51 d’entre eux ont été mis à la disposition des chercheurs et des historiens dans les trois centres nationaux de la mémoire historique, dont 45 ont été écrits par des prisonniers du Viet Minh et 6 par des prisonniers des Japonais.
  •         17 de ces 51 textes ont été envoyés aux douze journaux et revues précités, 16 concernant les camps Viet Minh et 1 les camps japonais.

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École maternelle de Saïgon

La construction et l’ouverture d’une école sont toujours des pas vers la liberté et la démocratie. »
André SAINT-GEORGES
Vice-président national de l’ANAPI
Ancien inspecteur de l’éducation nationale

Cette école maternelle

est destinée aux enfants abandonnés des rues de 3 à 7 ans. A l’âge de 7 ans, ils entreront dans les écoles, puis les lycées.

Fin 2001, Mme TRAN TO NGA proposa à Jack BONFILS de faire construire une grande école maternelle, à Saigon, sur un terrain de 3 500 mètres carrés appartenant à sa famille, au coeur de Saigon.

Des partenaires vietnamie

ns assurèrent le financement de 60% du coût total de la construction.
Cette école fut inaugurée en 2002. Elle accueille 200 élèves, dont 80 % sont des enfants abandonnés.

Devant la réussite de cette école Jack BONFILS a demandé au Conseil d’Administration de l’ANAPI du 13 mai 2003, et à l’Assemblée Générale du 14 mai, de bien vouloir accepter le principe de la construction d’une annexe à cette école.

L’annexe à l’école maternelle de Saigon devrait ouvrir ses portes courant 2004. Elle pourrait recevoir entre 180 et 200 nouveaux élèves.

L’école maternelle à Saïgon

Une salle de classe

le réfectoire

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École de Dong-Khé

La construction et l’ouverture d’une école sont toujours des pas vers la liberté et la démocratie. »
André SAINT-GEORGES
Vice-président national de l’ANAPI
Ancien inspecteur de l’éducation nationale

C’est une école de 8 classes qui fut inaugurée en mars 2003.

Le 22 mars 1999, lors d’un séjour à Hanoi, Jack Bonfils devait rencontrer, chez l’Ambassadeur de France, une trentaine d’invités vietnamiens, leurs épouses et des enfants de deux générations. Ces Vietnamiens étaient des survivants du Bataillon de partisans de Caobang que commandait le lieutenant VILTARD, disparu dans la tourmente d’octobre 1950.

Il fut possible de renouer avec ces survivants, originaires de l’ex. RC4 entre That-Khe et Dong-Khe, qui passèrent tous de vingt à trente ans dans les camps de rééducation. Les enfants faisaient plus de vingt kilomètres à pied par jour pour se rendre à l’école de That-Khe, car Dong-Khe n’offrait aucune possibilité.

Cette construction exceptionnelle fut réalisée sous l’autorité du Maire. L’école fut inaugurée en mars 2003.

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