ANAPI

60e anniversaire

Allocution de M. HAMLAOUI MEKACHERA, MINISTRE DÉLÉGUÉ AUX ANCIENS COMBATTANTS, prononcée le 9 mars 2005 devant la plaque de « Citadelles et Maquis d’Indochine 1939/1945 », au Jardin des Tuileries à Paris.

Voici 60 ans, jour pour jour, le 9 mars 1945, en Indochine, se commettaient des crimes sans nom.
L’attaque surprise des forces de l’Empire japonais contre les forces françaises, ce « coup de force» dont nous nous souvenons aujourd’hui, fut, en effet, d’une brutalité inoubliable et d’une cruauté indescriptible.

Ecoutons, en cet instant, les mots du Général de GAULLE. Ils donnent leur juste valeur à la douloureuse page d’histoire qui nous rassemble ce matin:« les combats succédant soudain à une période prolongée de doutes, de chagrins, d’humiliations, s’étaient déroulés dans les plus amères conditions: surprise, isolement, manque de moyens, impression que Dieu est trop haut et que la France est trop loin. Dans le capital moral d’un peuple, rien ne se perd des peines des soldats».

Aujourd’hui, au nom du Gouvernement de la République, je rends l’hommage qui leur est dû à tous nos combattants, à leur courage, à leur sens élevé de l’honneur, au patriotisme indéfectible dont ils firent preuve dans ces circonstances tragiques.

La France n’a pas oublié, la France n’oublie aucun des siens, militaires, Français libres et Résistants, civils, femmes et enfants, qui affrontèrent l’horreur de la guerre mondiale, si loin de la Métropole.

Entré dans l’Histoire, le capitaine Jean d’HERS, fait Compagnon de la libération par le Général de GAULLE; entrés dans l’Histoire, Edmond GRETHEN, inhumé au Mémorial de la France combattante, au Mont Valérien, le Général LEMONNIER, honoré par une rue en ce lieu si prestigieux, les généraux SABATIER et ALESSANDRI, avec René NICOLAU, le lieutenant-colonel LECOQ et tant d’autres qui mériteraient d’être cités, entrées dans l’Histoire, ces figures emblématiques nous invitent à nous souvenir de tous leurs frères d’armes qui allèrent jusqu’au sacrifice suprême en ce printemps de 1945.
Assiégés, trompés, submergés par un adversaire maintes fois supérieur en nombre, tous firent preuve d’une résistance héroïque. Dans ces mois tragiques et dans la longue

épreuve qui suivit, nos compatriotes portèrent haut les valeurs de bravoure et de dignité. Ils portèrent haut l’image de la France et des Français.

Combattus sur tous les fronts de cet espace immense, ils firent preuve d’audace dans la lutte armée et d’un courage inouï dans l’adversité.

Arrêtés, internés, soumis aux pires tortures, à des traitements dégradants et inhumains, martyrisés dans des camps et lieux de sinistre mémoire, ils ne cessèrent d’être fidèles à la France.
La France qui se souvient aujourd’hui de chacun d’entre eux.

La France qui se souvient que les Indochinois partagèrent, avec une fidélité et une loyauté remarquable, ce sort cruel.

La France qui se souviendra, dans quelques mois, de ces hommes qui prirent toute leur part à la Victoire. Le 2 septembre, à Fréjus, le dévoilement d’une plaque à leur mémoire permettra de renouveler l’expression de notre reconnaissance.

Aux acteurs et aux témoins de ces événements, dramatiques et héroïques, à leurs descendants et à leurs proches, à leurs familles, aux associations et à tous ceux qui gardent leur mémoire, j’exprime mon respect et celui de la Nation.

60 ans ont passé. La carte et les données géopolitiques de cette région ont été complètement bouleversées, au prix, souvent, de nouvelles souffrances.

60 ans ont passé. Les ennemis d’hier sont devenus alliés, partenaires, amis. Ils partagent et défendent les mêmes valeurs de démocratie, du combat pour la liberté et pour
les droits de l’homme. ‘

Construire ensemble et proposer aux générations futures un avenir qui conjugue durablement paix, respect du droit et liberté, c’est le plus beau des hommages que nous puissions rendre à ceux qui ont tout donné pour que la France soit à la table des vainqueurs, pour que la France demeure une puissance souveraine et respectée.

Oui, les combattants ont bien mérité de la Patrie.

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La Kempétaï

 Sœur jumelle par sa brutalité de la GESTAPO, la KEMPETAI tendait à l’anéantissement de la plus élémentaire dignité humaine.

Les « Services Spéciaux » de l’armée Japonaise veillaient avec beaucoup d’attention à ce qu’aucune preuve ne soit conservée de leurs agissements criminels.

Si la photographie et le film purent révéler au monde l’horreur des camps de concentration nazis, rien ne permet d’illustrer ce que vécurent ses hommes qui furent enfermés dans des « cages » et traités sans la plus élémentaire considération de la personne humaine.

C’est pourquoi, nous avons jugé nécessaire de produire dans son intégralité le texte et les dessins de G.H.P. qui constituent un document unique en mémoire de ceux qui vécurent l’enfer de la KEMPETAÏ.

Ces illustrations sont extraites d’une brochure parue à Saigon en 1947. Ils constituent l’unique document par l’image rappelant les traitements infligés aux prisonniers.

L’ANAPI remercie la Présidente de l’Association « Citadelles et Maquis d’Indochine » qui a bien voulu lui communiquer ce document.

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Les prisonniers

Il n’y a pas d’estimation précise du nombre de prisonniers en raison des massacres de captifs le 9 mars 1945 et les jours suivants et des disparitions en brousse des gens cherchant à fuir.

Les prisonniers étaient des militaires de tous grades, des gendarmes, des policiers et agents de la sûreté, des douaniers, des fonctionnaires ou agents de services publics ayant des postes de responsabilité. La majorité était constituée de métropolitains puis de métis envers lesquels les japonais faisaient montre de leur haine raciste.

Il convient de rappeler que de nombreux militaires et civils furent secourus par leurs épouses indochinoises qui prirent tous les risques pour les localiser et pour leur apporter une aide matérielle malgré la surveillance des japonais.

Beaucoup de familles furent assignées à résidence ou internées et parmi elles de nombreuses femmes, métropolitaines, métisses et autochtones subirent de graves sévices et des tortures morales d’une rare perversité.

En septembre 1945 après la défaite japonaise nombre de prisonniers se libérèrent d’eux mêmes et reprirent les armes, d’autres, internés en brousse, durent attendre l’arrivée de représentants des forces alliées pour que cesse leur captivité. L’internement des familles prit fin dès le dépôt des armes par les japonais, mais certaines familles internées en ANNAM et quelques militaires furent remises par les anciens occupants à des éléments viêt-minh et durent attendre le premier trimestre de l’année 1946 pour rejoindre la liberté.

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Exemples d’exactions commises

Nous terminerons en citant quelques exemples des crimes et atrocités qui furent perpétrés par les troupes Japonaises lors de leur occupation en Indochine.
1 – Exécutions, Massacres et Décapitations

  •     Au FORT DE DONGDANG : Une cinquantaine de Français de tous grades furent massacrés (fusillade et escrime à la baïonnette sur les survivants). Un rescapé.
  •     Au FORT BRIERE DE L’ISLE : Une soixantaine de Français de tous grades sont massacrés (fusillade, puis escrime à la baïonnette sur les survivants). Deux rescapés.
  •     A LANGSON : Les survivants de deux sections du 19ème RMIC sont emmenés devant une tranchée et exécutés (fusillade et escrime à la baïonnette sur les survivants).
  •     A DINHLAP : Officiers Français et Annamites sont décapités. La moitié des tirailleurs Annamites furent fusillés.

  •     A NAKAY : Dix Français furent exécutés à coup de fusils ou de mitraillettes au KM 87/700. Les corps ne furent pas enterrés.
  •     REGION DE BACGIANG : De la garnison de la caserne du 5ème RTT immédiatement après la reddition, sur un effectif de 51 militaires Français, 45 furent abattus à coup de bâtons et de baïonnettes. Quatre survivants grièvement blessés.
  •     A TAKHEK : Dans une fosse, 11 Français ont été précipités. La presque totalité avait les yeux bandés. Une dizaine de décapitations ont été constatées, la tête manquant, ou nettement détachée et mise à coté du corps.
  •     REGION DE BACGIANG : 22 militaires de tous grades sont exécutés le 10 mars sur les bords de la Rivière Claire. Les 13 et 14 mars, 13 légionnaires sont exécutés. Le 14 mars, 14 soldats, marins et légionnaires sont exécutés derrière l’église.
  •     Au FORT DE DONGDANG : après la prise du poste, le caporal infirmier est tombé dans la tranchée, le cou à demi tranché , il survivra au coup de sabre d’un soldat japonais.

2 – Brutalité et sévices sur des adolescents déportés au camp de Paksong (Laos)

En violation flagrante des conventions internationales de Genève, les Japonais ont fait subir à des enfants de troupes âgés de 13 à 17 ans, le sort de tous les militaires prisonniers de guerre. Ils ont été particulièrement cruels envers ces adolescents en les transférant de Pnom-Penh en juin 1945 au camp de représailles de Paksong via Paksé (Laos).

Au cours de leur internement à Paksong, ces enfants étaient astreints aux travaux forcés de construction de pont et de route et étaient pour la plupart victimes de graves sévices et d’odieuses brutalités de la part des geôliers nippons. Voici trois exemples parmi tant d’autres :

  •     un enfant de troupe de 15 ans , en pleine crise de paludisme, incapable de se lever pour le rassemblement du matin, a été sauvagement frappé par la sentinelle japonaise à coups de crosse et à coups de pieds sur le corps et sur la tête jusqu’à son évanouissement sur les rondins de bambous servant de bât-flanc.
  •     un autre jeune, de corvée de déchargement d’un camion, a brisé malencontreusement une petite jarre de mélasse destinée aux japonais ; brutalement frappé à coups de bambou lesté, il est ensuite enduit de cette mélasse sur le torse et sur les jambes et attaché à un tronc d’arbre sur une fourmilière durant plus de deux heures.
  •     un adolescent de 16 ans, affaibli par la dysenterie, épuisé par de durs travaux et nettement sous alimenté pour son âge, est tombé d’épuisement au cours des travaux de transport de billes de bois ; adossé à un tronc d’arbre pour se reposer, il est aussitôt frappé à coups de crosse et à coups de bambous jusqu’à perte de connaissance ; le gardien japonais a continué à s’acharner sur le corps du gamin évanoui.

De tels sévices étaient monnaie courante au camp de Paksong. Peu de prisonniers auraient pu tenir à ce régime quelque mois de plus.

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La captivité

Il n’y a pas d’estimation précise sur le nombre de prisonniers en raison des massacres de captifs le 9 mars 1945 et les jours suivants et des disparitions en brousse des gens cherchant à fuir.

Les prisonniers étaient en majorité des militaires de tous grades, des gendarmes, des policiers et agents de la sûreté, des douaniers, des fonctionnaires ou agents de services publics ayant des postes de responsabilité. La majorité était constituée de métropolitains et de métis envers lesquels les japonais faisaient montre de leur haine raciste.

Il convient de rappeler que de nombreux militaires et civils furent secourus par leurs épouses indochinoises qui prirent tous les risques pour les localiser et pour leur apporter une aide matérielle malgré la surveillance des japonais.

Beaucoup de familles furent assignées à résidence ou internées et parmi elles de nombreuses femmes, métropolitaines, métisses et autochtones subirent de graves sévices et des tortures morales d’une rare perversité.

En septembre 1945 après la défaite japonaise nombre de prisonniers se libérèrent d’eux mêmes et reprirent les armes, d’autres internés en brousse durent attendre l’arrivée de représentants des forces alliées pour que cesse leur captivité. L’internement des familles prit fin dès le dépôt des armes par les japonais, mais certaines familles internées en Annam et quelques militaires furent remis par les anciens occupants à des éléments viêt-minh et durent attendre le premier trimestre de l’année 1946 pour rejoindre la liberté.

A tout moment de leur captivité, les prisonniers eurent à subir la brutalité et la hargne de l’ennemi. La mortalité peut paraître faible par rapport aux pertes subies dans d’autres captivités, notamment celles reconnues chez les captifs du Viet-Minh. Il est bon toutefois de rappeler que cet internement ne dura que six mois. On peut imaginer ce que seraient devenues les pertes si la captivité avait duré plusieurs années.

La férocité de l’ennemi s’est épanouie principalement dans la zone frontière du Tonkin au début de la captivité. Le massacre des prisonniers fut systématique (Langson, Haïphong, Bac-Ghiang, Thakhek, etc.). Un certain raffinement sadique fut même mise en œuvre au cours de ces exécutions : invitations, boucliers humains, jeux suivis de décapitation, etc.

Les enfants de Troupe de Dalat, repliés sur le Cambodge, furent dirigés, malgré leur jeune âge, vers la prison de Kratié, tristement connue pour ses horribles atrocités, avant d’être envoyés à Paksé et à Paksong.

Pendant les premiers mois, certains prisonniers purent paraître protégés en restant dans leur cantonnement ou dans le voisinage (Hué, Bal-Me-Thiot, Thu-Do-Mot, etc.) mais dès le mois de mai et début juin 1945, ce fut la grande migration dans des conditions de transport, de marches extrêtement pénibles, vers la citadelle d’Hanoï, ou la camp Martin des Pallières à Saïgon.

L’arrivée massive de ces prisonniers fatigués, anémiés, sous-alimentés (4 à 5000 par camp) allait gravement perturber les normes d’hygiène et de salubrité ; les conditions climatiques, le manque de médicament, l’absence d’une nourriture suffisante aidant, la mortalité devint extrême.

Cette mortalité n’augmente pas assez vite au goût des Japonais qui vont envoyer, à partir de la fin juin 1945, plus de 2000 prisonniers dans les zones les plus insalubres : Paksung et plus particulièrement Hoa-Binh, créant là de « véritables camps de la mort lente » de la RC6.

Comble de cruauté, à la fin de la guerre, la « solution finale » fut envisagée pour les Européens, créant ainsi une véritable névrose traumatique chez tous les militaires et les civils prisonniers des Japonais.

Rappelons que le Tribunal des criminels de guerre siégeant à Saïgon a condamné à mort et fait exécuter le lieutenant-colonel T. Shigeoru, chef d’état-major de la division japonaise venue de Chine pour attaquer les forces française lors du coup de force du 9 mars 1945.

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Le coup de force

 Il y a peu à dire sur l’aspect militaire du coup de force du 9 mars 1945. C’est une opération militaire habituelle des Japonais : surprise, rapidité et cruauté.

La supériorité des troupes nippones était manifeste : supériorité en effectifs, soldats aguerris par de multiples combats dotés de matériels d’équipements et d’armement sophistiqués. Quant aux troupes françaises (18000 hommes et des autochtones peu aguerris et vieillissant), ils sont équipés de matériels et d’armement datant de la guerre de 1914-1918 avec des munitions peu fiables.

En 48 heures, la souveraineté française a complètement été balayée. Plus de 95% des garnisons, après des combats parfois acharnés et très durs, déposent les armes. Quelques unités ont pu s’échapper dans la brousse, notamment au LAOS. La plupart ont été reprises. Grâce à la clairvoyance de certains chefs militaire, dispersant leurs effectifs dès les tous premiers jours de mars, prés de 300 officiers et 5000 soldats, autochtones compris, sont passés en Chine par la haute région, poursuivis et harcelés par les Japonais.

En 1945, l’armée japonaise, vaincue de toutes parts, dispose encore d’importants moyens sur le continent asiatique.

Le 9 mars 1945, il y a près de 40000 Français en Indochine dont 18000 militaires. Près de 12000 ont été faits prisonniers ; plus de 3000 ont été tués, massacrés le 9 mars 1945. Les six mois de captivité ont coûté la vie à plus de 1500 disparus.

Les civils ont été regroupés, confinés soit dans un quartier des grands villes, soit dans des camps. Ceux soupçonnés de résistance ont été incarcérés dans des prisons de la KEMPETAI, dans des cages de bambou, subissant des tortures et des interrogatoires musclés.

Ont été également emprisonnés et déportés dès juin 1945 dans les camps de BOLOVENS, classés camps de concentration, plus de 120 adolescents de 13 à 17 ans, élèves de l’Ecole d’enfants de troupe de DALAT, parce qu’ils ont résisté aux Japonais. Avant de se rendre, ils ont saboté toutes les armes et ont fait sauter la soute à munitions.

Pour les militaires, la captivité de six mois peut être répartie en 4 périodes.

De mars à mai 1945, incarcération dans des citadelles ou dans des camps proches du lieu de capture

De mai à septembre 1945, politique de regroupement progressif des prisonniers à Saïgon et à Hanoï

De juin à septembre 1945, création des camps de concentration (HOA-BINH et BOLOVENS) pour la construction de routes et de ponts

De la reddition japonaise, après les bombes d’Hiroshima et de Nagasaki en août 1945, jusqu’en septembre 1945 (18 septembre pour le Sud) regroupement de tous les prisonniers à Saïgon et à Hanoï.

Il n’y a pas eu de libération. Les sentinelles japonaises ont disparu le 18 septembre 1945. Et le 22 septembre 1945, parmi tous les prisonniers regroupés à Saïgon, les hommes valides ont été armés et répartis en section de combat pour aller, pieds et torse nus, délivrer SAÏGON de l’emprise VIETMINH.

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La présence japonaise en Indochine

Guerre 1939 – 1945 et présence japonaise en Indochine
Le Japon était en guerre larvée contre la Chine dès le début des années 1930 (Affaire du Mandchoukouo, occupation du Tsien-Tsin, etc…). En 1939, une bonne partie de la zone côtière chinoise était occupée par l’armée nippone.

La France, à travers le TONKIN, acheminait au profit des Chinois des vivres, des carburants et des matériels du port de Haïphong jusqu’à Yunnanfou par le chemin de fer Haïphong – Hanoï à Yunnanfou.

C’est une pièce qui se joue entre le Japon et la France en cinq actes.

Acte 1 :

Tout a débuté le lendemain de l’armistice demandé par la France à l’Allemagne nazie.

Le Japon profitant de la situation de faiblesse de la France exige la fermeture de la frontière sino- indochinoise et le contrôle de ces frontières par une commission nippone. Cet ultimatum est transmis par l’Ambassadeur de France à Tokyo au Gouverneur Général de l’Indochine, le général CATROUX, le 19 juin 1940. Celui-ci s’incline sachant qu’il est impossible de résister à une attaque japonaise avec nos faibles moyens sur ce territoire, d’autant plus qu’il ne peut espérer aucune aide extérieure, ni de la Métropole ni des Britanniques, ni des Etats-Unis traditionnellement anti-colonialiste et voulant rester neutres dans cette région.

Le tout nouveau gouvernement de VICHY, désavouant CATROUX, le remplace par l’Amiral DECOUX qui prend ses fonctions le 25 Juillet 1940.
Acte 2 :

Tokyo intensifie ses actions et remet un autre ultimatum à l’Ambassadeur français en août 1940

Cette fois-ci, l’affaire se règle au niveau des gouvernements et l’accord Arsène Henry – Matsouka est signé le 30 août 1040. Il impose à la France le stationnement des troupes nippones au nord du Fleuve Rouge, et l’utilisation de certains ports et aérodromes.

Le Gouvernement de Vichy laisse à DECOUX le soin de négocier les modalités d’application, négociations difficiles et très âpres.

Cet accord d’application est signé in extremis le 22 septembre 1940. Et le même jour, les troupes japonaises de Canton envahissent le nord du TONKIN, passent la frontière à DONGDANG et investissent LANGSON. Nos troupes battent en retraite, abandonnant LANGSON avec des centaines de morts et des prisonniers. Il a fallu un ordre express de l’Empereur du japon pour que l’armée nippone retourne en territoire chinois en libérant les prisonniers.

Nos troupes montrent leur faiblesse (vétusté des équipements et des matériels, médiocre combativité des troupes autochtones). Cette faiblesse est constatée une seconde fois dans l’affaire du SIAM.
Des revers français sur terre au Cambodge en janvier 1941 sont compensés par l’éclatante victoire navale française près de l’île de KOH-CHANG sur la flotte siamoise.
Le Japon impose sa médiation et un traité est signé sous la contrainte avec le SIAM à Tokyo en mai 1941, amputant le Cambodge de près de 2 provinces et le Laos de 2 zones à l’ouest du Mékong.

Les incidents de LANGSON et du SIAM montrent l’isolement de l’INDOCHINE. Ni la Grande-Bretagne, ni les Etats-Unis n’ont voulu intervenir diplomatiquement.

Le Japon, dès le 27 septembre 1940, a signé une alliance Tripartite avec l’Allemagne d’Hitler et l’Italie de Mussolini.

Et, le 13 avril 1941, Matsuouka signe à Moscou un pacte de non agression avec Staline.
Acte 3 :

Il se joue à Vichy. L’Ambassadeur du Japon KATO présente au Gouvernement de Vichy des demandes tendant à permettre l’accès des forces nippones dans toutes les régions d’Indochine. Comme auparavant pour les précédents actes, le Japon reconnaît la souveraineté française en Indochine et respecte l’intégrité du territoire de la Fédération.

Il y a cependant une nouveauté, celle de la « défense commune» de l’Indochine contre toute agression venant de l‘extérieur.

L’accord KATO-DARLAN est signé le 21 juillet 1941 à Vichy. Les négociations pour son application sont laissées à l’initiative de DECOUX. Celui-ci fait traîner les choses jusqu’en décembre 1941.
Acte 4 :

Au lendemain de l’attaque de Pearl Harbour, les Japonais présentent encore un ultimatum à DECOUX demandant l’application sans délai et sans restriction de l’accord Cato-Darlant, sinon le Japon assurera lui-même le contrôle total du territoire indochinois.

L’Amiral DECOUX obtient des Japonais la répartition des zones de défense. La surveillance de la frontière chinoise est confiée aux Français (on sait que la Chine n’a aucune intention d’envahir l’Indochine). Toutes les côtes sont confiées à la défense japonaise contre les possibles débarquements américains ou britanniques.

L’Amiral DECOUX pouvait-il prendre une attitude totalement négative et repousser les exigences nippones au cours du mois de décembre 1941?
« C’était la solution de facilité, écrit Georges GANTIER, celle qui aurait permis de se tailler une réputation de résistant avant la lettre, sur les ruines de la souveraineté française ». Il faudrait ajouter « sur les horribles souffrances et sur les tombes de la plupart des 40000 français présents en Indochine, qu’ils soient militaires ou civils ».

Le Général de Gaulle a déclaré la guerre au Japon dès le lendemain du coup de Pearl Harbour, le 9 décembre 1941.
Acte 5 :

On peut parler d’infléchissement de la politique de DECOUX dés 1943 et des essais souvent infructueux du rapprochement de GAULLE – DECOUX. Mais, il faut également mentionner les dissensions et les rivalités entre les résistants civils et les résistants militaires, mal conçues et organisées par le Général MORDANT.

Conseiller par Monsieur de BOISAUGER, DECOUX envoie un certain Monsieur François à Alger pour prendre contact avec de GAULLE. Ce dernier envoie de LANGLADE en Indochine, porteur d’un message à DECOUX. Cette missive a été modifiée par LANGLADE lui-même qui ne l’a pas remise à DECOUX. Il avait en effet rencontré le Général MORDANT, qui le dissuade de voir le Gouverneur Général et le convainc que l’ennemi N° 1, bien avant les Japonais, s’appelle DECOUX.

MORDANT est nommé Chef de la Résistance en Indochine et délégué au Comité Français de Libération Nationale (C.F.L.N.) Ce choix est loin d’être judicieux, il est qualifié par certains historiens de catastrophique. Résistance mal pensée, mal organisée sur le modèle métropolitain, dans un environnement et un contexte tout à fait différents.

Les Résistants de MORDANT croient fermement à un débarquement allié en Indochine, information fréquemment diffusée par les radios de New-Delhi et de Calcutta ; les Japonais eux-mêmes y croient. On sait aujourd’hui qu’aucun débarquement n’a été prévu dans les plans Américains.

Le Président ROOSVELT l’a explicitement dit le 1er janvier 1945 «  Je ne ferai rien pour libérer l’Indochine de l’emprise japonaise  ».

Le 23 Février 1945, deux semaines avant le coup de force, l’Amiral DECOUX envoie un message au ministre des Colonies. « Le manque de pondération de l’organisation de la Résistance me gêne énormément. L’éviction des troupes japonaises n’est plus qu’une question de temps. Notre intérêt est que des initiatives prématurées ne provoquent pas un coup de force des Japonais, pouvant tout remettre en cause ».

Message transmis mais mal entendu par le Gouvernement à Paris en 1945 et le 9 mars 1945, le drame arrive.

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Contexte historique

Il n’y a pas d’estimation précise du nombre de prisonniers en raison des massacres de captifs le 9 mars 1945 et les jours suivants et des disparitions en brousse des gens cherchant à fuir.

Les prisonniers étaient des militaires de tous grades, des gendarmes, des policiers et agents de la sûreté, des douaniers, des fonctionnaires ou agents de services publics ayant des postes de responsabilité. La majorité était constituée de métropolitains puis de métis envers lesquels les japonais faisaient montre de leur haine raciste.

Il convient de rappeler que de nombreux militaires et civils furent secourus par leurs épouses indochinoises qui prirent tous les risques pour les localiser et pour leur apporter une aide matérielle malgré la surveillance des japonais.

Beaucoup de familles furent assignées à résidence ou internées et parmi elles de nombreuses femmes, métropolitaines, métisses et autochtones subirent de graves sévices et des tortures morales d’une rare perversité.

En septembre 1945 après la défaite japonaise nombre de prisonniers se libérèrent d’eux mêmes et reprirent les armes, d’autres, internés en brousse, durent attendre l’arrivée de représentants des forces alliées pour que cesse leur captivité. L’internement des familles prit fin dès le dépôt des armes par les japonais, mais certaines familles internées en ANNAM et quelques militaires furent remises par les anciens occupants à des éléments viêt-minh et durent attendre le premier trimestre de l’année 1946 pour rejoindre la liberté.

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Témoignages de captivité

2 soldats du Bataillon Français de l’ONU en Corée furent fait prisonniers par les troupes nord-coréennes et chinoises.

Ils furent certes peu nombreux en comparaison du nombre des prisonniers des Japonais et du Vietminh en Indochine. Pourtant, dans le cadre de son devoir de mémoire, l’ANAPI se devait de ne pas les oublier.

Traités sans ménagements, mal nourris, ils subirent à l’occasion le même lavage de cerveau que les prisonniers du Vietminh…

3-Témoignages de captivité
Le 23 septembre 1951 les volontaires STAELENS et DUBOIS sont surpris par une patrouille ennemie alors qu’ils effectuent une corvée d’eau :

« … les mains liées…nous avons marché pendant huit jours, de village en village, avec l’appréhension d’être tués à tout moment. Nous battions du riz pour pouvoir manger à notre faim. Une nuit nous nous sommes évadés mais nous avons été repris par des chinois qui nous ont obligés à transporter du ravitaillement de leur base jusqu’à leurs positions. Ils nous ont rendus aux nord-coréens ; après deux jours attachés, sans boire ni manger, et roués de coups de crosse nous avons rejoint un camp où nous étions traités comme des bêtes et soumis à une propagande communiste intense, mais … en anglais »

Le 6 Octobre 1952, la Section de Pionniers du Bataillon Français dont faisait partie le Sergent BESAMAT fut submergée par l’ampleur d’une attaque ennemie. Blessé par éclats de grenades, il fut fait prisonnier :

« Alors commença pour lui un long et douloureux calvaire par un froid rigoureux. Au cours du trajet d’abord à pied puis en camion vers le “Camp N°3” situé dans le nord de la péninsule coréenne, tout était sujet à recevoir des coups visant ses blessures, accompagnés de sévices. Dans ce camp, le sergent subit d’abord des interrogatoires “musclés”. Puis ce fut l’endoctrinement quotidien à la cause communiste. Le service de propagande ennemi allait jusqu’à fournir aux prisonniers français le journal “L’Humanité”. Le sergent ne fut opéré de ses blessures que 64 jours après avoir été fait prisonnier, sans anesthésie. Le régime alimentaire se limitait à du riz et à un bol de soja le soir, dans le meilleur des cas un morceau de pain, accompagné d’eau chaude comme boisson. »

Le 28 août 1953, à sa libération suite aux accords de Pam Munjom, BESAMAT ne pesait plus que 53 kilos, en ayant perdu 21 en 11 mois de captivité. Il poursuivit sa carrière en Algérie comme pilote d’hélicoptère.[1]

Les prisonniers eurent l’occasion de rencontrer quelques uns des civils français internés, dont le chargé d’affaires à Séoul, monsieur Jean Meadmore, qui, ambassadeur honoraire, est membre de l’association des anciens de Corée.

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Le bataillon de Corée

2 – Le Bataillon de Corée

Le 25 août 1950, l’armée française étant déjà lourdement engagée en Indochine, le gouvernement français décide l’envoi en Corée d’un Bataillon de volontaires, dont le rôle était d’affirmer la présence française aux côtés des autres nations engagées pour résister à la pression de la Corée du Nord et de la Chine soutenues par l’U.R.S.S.
Le 29 novembre 1950, le bataillon débarque à Pusan. Il sera affecté pendant toute la campagne au 23ème Régiment d’Infanterie de la 2ème Division de la 8ème Armée U.S. Il comprendra une compagnie de soldats coréens. Après un mois d’entraînement sous des températures allant jusqu’à moins 40°, il fut engagé dès le 25 décembre dans cette guerre de mouvements et de positions qui durera jusqu’à juillet 1953.

Il mena de très durs combats parfois au corps à corps, par des températures extrême de moins 20 degrés, en employant tous les moyens jusqu’au lance-flammes pour s’emparer des positions ennemies. Si l’aviation des forces communistes n’intervint que rarement au sol, leur artillerie demeura très puissante et active jusqu’à la fin des combats.

Un soldat du Bataillon Français de l’ONU au poste de combat face aux Chinois. (ECPA-D)

Le 23 octobre 1953, le bataillon quitte la Corée pour l’Indochine. Il aura largement rempli sa mission de représenter la France dans la lutte pour la défense de la Liberté.

Devenu régiment à deux bataillons, il servira en Indochine en 1953-1954, formant l’ossature du Groupement Mobile n° 100 avec la bataillon de marche du 43ème R.I.C., le II/10èmè R.A.C. et le3/5ème R.C.Le 24 juin 1954, – Dien Bien Phu est tombé le 7 Mai – le G.M. 100 quitte AN KHE par la R.C. 19, route en corniche bordée d’une végétation très dense. L’opération a été retardée par des contretemps successifs et l’adversaire largement sous-estimé ; le G.M. 100 est condamné car la route est tenue par un ennemi, parfaitement informé, qui va monter une gigantesque embuscade. La puissance des viets est considérable ; assauts après assauts, ils anéantissent les unités. Dans cette embuscade, le G.M. 100 a perdu près d’un millier d’hommes, tués, blessés, disparus. Le I/Corée fut encore engagé trois jours avant le cessez le feu et y perdit les trois quarts de son effectif.

En 1955 le bataillon rejoignit l’Algérie où il fut transformé en régiment à deux E.M.T. ; officiellement il fut rebaptisé 156ème R.I. mais dans la pratique restera désigné comme le Régiment de Corée jusqu’à sa dissolution en 1962

Le Bataillon en Corée reçut 4 citations à l’ordre de l’Armée, 3 citations présidentielles américaines et 2 citations présidentielles coréennes ; en Indochine le I/Corée reçut 1 citation à l’ordre de l’Armée et le II/ Corée 1 citation à l’ordre du Corps d’Armée ; le Régiment redevenu Bataillon fut alors admis au port de la fourragère aux couleurs de la Médaille militaire

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