Les Disparus de la Guerre d’Indochine : une comptabilité problématique, voire impossible ?

Par le LCL (r) Philippe CHASSERIAUD, président IdF ANAPI (Conférence réalisée le 28/04/2025 à l’Académie des Sciences d’Outre-Mer dans le cadre du Colloque « Disparaitre en temps de guerre »).

Eléments de contexte :

Le 21 juillet 1954, les accords de Genève viennent mettre un terme à une guerre commencée 8 ans plus le tôt, le 19 décembre 1946. Une guerre qui, pour une bonne partie de l’opinion française, est avant tout une guerre sans intérêt, une guerre lointaine se déroulant à l’autre bout du monde mais aussi très éloignée des préoccupations immédiates1 des Français. Cette guerre devient aussi, à partir de 1950, avec la guerre de Corée, un nouveau front de la guerre froide où, par procuration, les Etats-Unis d’un côté, la Chine et l’Union soviétique de l’autre, se livrent une lutte sans merci… Elle est aussi, ne l’oublions pas, pour l’état du Vietnam et des royaumes du Cambodge et du Laos, nouvellement indépendants2, une lutte désespérée contre la poussée du communiste dans la région.

Une véritable tragédie humaine en chiffres :

En dehors de la libération de quelques rares convois3, fortement médiatisée par le VM tout au long de la guerre, dans une ambiance parfois carnavalesque, ce n’est qu’après les accords de Genève que le processus de libération des prisonniers s’enclenche véritablement.

Toutefois, dès la mi-septembre 1954, le flux de prisonniers restitués par le VM commence à se tarir. Le 15 octobre, un ultime convoi, comprenant 38 européens4 dont 2 légionnaires et 112 Nord-Africains, est embarqué par la marine française à Sam Son. Dès lors, le général Ely, qui a remplacé le général Navarre comme commandant en chef en Indochine, peut mesurer par un macabre décompte l’étendue de la tragédie qui s’est jouée : 11 901 prisonniers du C.E.F.E.O5 sont présumés disparus, auxquels il convient d’ajouter les 14 060 autochtones des F.T.E.O6 et les 14 324 des F.A.V.N7, soit au total 40 285 portés disparus8.

Comment expliquer un nombre aussi important de disparus ?

Ce lourd bilan reflète-t-il la réalité du terrain ou bien l’incapacité d’une administration dépassée à pouvoir statuer sur la nature exacte de ses disparus ?

L’imbroglio administratif entourant les disparus : présumé tué, présumé prisonnier … au tout simplement déserteur ?

Il convient tout d’abord de prendre avec beaucoup de précaution le bilan concernant les “autochtones”9, tant il vrai qu’il a été difficile de collecter, puis de recouper les informations les concernant : séparés des autres prisonniers, pour beaucoup d’entre eux, la capture a souvent marqué la fin de leur existence. Pour ceux ayant échappé à une exécution sommaire,

ils ont ensuite dû subir une rééducation particulièrement sévère, les conduisant par la suite, soit à un enrôlement de force dans l’armée VM, soit au maintien en captivité de très nombreuses années, parfois bien après la fin de la guerre10.

Pour ce qui est des autres disparus du C.E.F.E.O, les autorités sont confrontées à une sorte d’imbroglio administratif qui ne permet pas toujours de statuer sur les différentes postions recouvrant la notion de “disparu”.

Rappels sur la position de “déserteur” :

Lorsqu’un militaire est marqué absent à l’appel du matin, il est tout d’abord considéré en “absence sans autorisation ou irrégulière”. En temps de guerre, à l’expiration d’un délai de 4 jours à compter du lendemain du jour où l’absence initiale a été constatée, le militaire est alors déclaré “déserteur”. Dans le cas d’une désertion avérée, l’intéressé aura parfois eu une attitude ou des propos annonciateurs auprès de ses camarades, pouvant même laisser un mot et emportant avec lui quelques effets personnels … quand il ne s’agit pas de son arme elle-même.

De nombreux tracts11 distribués à la volée dans les rues, accrochés aux barbelés des postes ou aux arbres jalonnant les itinéraires de patrouille viennent inciter les soldats à la désertion. Ce discours est également relayé par de jolies vietnamiennes fréquentant les bars à soldats.

La chose est beaucoup plus complexe lorsque l’absence est constatée après un combat (désertion face à l’ennemi) une fois que les morts et les blessés ont été relevés. S’agit-il alors d’un prisonnier, d’un déserteur qui choisit ensuite de rallier12 l’ennemi … ou tout simplement d’un corps qui n’a pu être retrouvé13 ?

Concernant les déserteurs, il convient de préciser que dans un premier temps, le commandement français ne s’est pas véritablement embarrassé de scrupules dans sa décision hâtive de considérer « tout disparu, dont l’état de prisonnier ne peut être confirmé, comme présumé déserteur ». Une fois les situations éclaircies (souvent à la fin de la guerre), un jugement sera alors nécessaire pour disculper les intéressés et rétablir l’honneur de ceux qui étaient en définitive captifs ou morts en captivité.

Rappels sur la position de “prisonnier” :

Avant toute chose, il convient de rappeler la situation inédite auxquelles est confrontée l’admiration française : celle d’un adversaire qui n’est pas un belligérant officiel (on parle parfois de “rebelle”) et qui refuse obstinément l’accès de ses camps à la Croix Rouge, considérée comme une « officine d’espionnage des Impérialistes, à la solde des Américains ». Par ailleurs, celles-ci peinant à trouver des interlocuteurs côté VM, il lui est donc impossible d’établir et d’actualiser le nombre exact des prisonniers.

Côté VM, la prise en compte du statut de prisonnier est également un fait nouveau qui ne sera que très tardivement et progressivement pris véritablement en compte.

Petits rappels concernant la politique du VM vis-à-vis des prisonniers :

Au tout début de la guerre d’Indochine en décembre 1946, le VM ne fait généralement pas de prisonnier. A cette époque, il s’agit encore d’une troupe hétéroclite mal structurée, mal équipée, mal encadrée, limitée à des actions de guérilla14. En nomadisation permanente, elle

ne peut s’encombrer de prisonniers qu’il va falloir garder et nourrir. Une directive du commandement VM15 est d’ailleurs très explicite à ce sujet : « les relâcher immédiatement après leur avoir fait connaitre, sur les lieux du combat même, les buts que nous poursuivons et pour les cadres, les exécuter après interrogatoires. Les prisonniers déjà détenus peuvent être exécutés uniquement en cas de danger immédiat ». Autant dire que lorsque de simples soldats sont capturés par des milices provinciales, ces derniers ont peu de chance de voir appliquer ces directives et tous sont finalement exécutés.

Néanmoins, quelques rares prisonniers ont parfois été “conservés” pour leurs compétences sur un système d’arme ou sur des moyens de transmission, utiles à la formation du VM (utilisation et/ou réparation de matériels récupérés, parfois endommagés). Les prisonniers ont alors la possibilité de rallier le VM ou bien, s’ils ne sont pas échangés ou monnayés rapidement, de finir par mourir d’épuisement ou des suites de mauvais traitements.

Tout change à partir de 1950 avec la guerre de Corée16 qui va constituer pour la Chine le théâtre d’une vaste expérimentation de rééducation idéologique des prisonniers de guerre américains. Les Chinois ont pris conscience que, loin d’être un fardeau, un prisonnier pouvait devenir, sous certaines conditions, un outil vivant de propagande. Or, ce que fait le “grand frère chinois” est copié sans tarder par le “petit frère Viêt-Minh”. Pour ce dernier, l’objectif est simple : convertir les prisonniers au bienfondé de son combat pour l’indépendance et inoculer le virus de la guerre révolutionnaire aux prisonniers dits “colonisés”17 servant au sein du C.E.F.EO. Il lui manque toutefois l’essentiel : des prisonniers !

L’occasion lui en est donnée après le désastre de la RC4 en octobre 1950 par un afflux massif de prisonniers18 où plusieurs bataillons ont été engloutis. Entre les morts et les prisonniers, environ 4800 hommes manquent à l’appel ! Pour éviter tout risque d’épidémie, le VM procède en urgence à la crémation des corps, repartis en d’innombrables bûchers qui se consument pendant des jours. N’ayant pas été recensés nominativement avant leur crémation, ces “morts au combat” viennent ainsi mécaniquement grossir le nombre des disparus !

Un recensement nominatif tardif des prisonniers tardif côté VM :

Les prisonniers, survivants en sursis19, prennent alors la route de la captivité sans même parfois avoir été identifiés nominativement. Seul semble compter dans un premier temps pour le VM le quantitatif et le qualitatif (grade/fonctions, formation, unités spécialisées …). Cette première discrimination résulte de l’expérience chinoise acquise en matière de lavage de cerveau, établissant un lien entre le “statut” d’un individu et le temps nécessaire à sa conversion20. Ce n’est qu’une fois arrivé à destination que le VM va alors généraliser l’enregistrement nominatif de ses prisonniers. Ceci tient au fait qu’au cours de la seconde phase de son endoctrinement, le prisonnier doit faire une autobiographie (écrite ou orale) dont les éléments sont ensuite transmis aux cellules du PCF de son lieu de résidence pour vérification mais aussi pour collecter toutes informations sensibles21 le concernant, susceptibles de hâter sa “conversion”.

Une identification des prisonniers souvent aléatoire côté français :

Au cours des premières années de la guerre d’Indochine, faute d’avoir des informations actualisées via la Croix Rouge, les autorités en sont réduites, la plupart du temps, à s’appuyer sur les quelques témoignages, relativement rares, de prisonniers évadés ou libérés, sur la signature d’un prisonnier au bas d’un manifeste ou d’un courrier parvenu à la famille22. Ce n’est qu’à partir de 1952, avec la création de l’Office du prisonnier23, voulue par le général de Lattre, qu’un véritable travail d’investigation va être systématisé à grande échelle. Toutes les informations recueillies auprès des prisonniers et otages civils libérés vont alors être croisées avec celles des états-majors, des services spécialisés du renseignement et de la Croix Rouge. Ainsi, le 4 novembre 1952, l’Office du prisonnier établit le premier recensement officiel des prisonniers militaires du C.E.F.E.O (incluant les autochtones) et des otages civils, soit 22 244 militaires et 584 civils24.

Pour les familles, au-delà de l’attente insoutenable provoquée par l’absence de nouvelle d’un proche, la reconnaissance officielle du statut de “prisonnier” est impérative car indispensable à la perception de la délégation de solde25. Cette procédure, véritable parcours du combattant face à une administration tatillonne, n’ayant par ailleurs jamais été confrontée à ce type de situation, entraine très souvent une grande précarité financière dans les familles de prisonniers.

Tous les prisonniers, encore en vie au moment du cessez-le-feu, ont-ils bien été libérés après les accords de Genève ?

La restitution des derniers prisonniers, dans un état de quasi-moribonds et les témoignages sur leur condition de captivité justifient alors amplement aux yeux du commandement français un taux de mortalité aussi effroyable26 mais également l’acceptation d’un aussi grand nombre de disparus, sans avoir à se poser davantage de questions.

La guerre d’Indochine étant désormais terminée, le sort des disparus du C.E.F.E.O devient alors secondaire, quant à celui des disparus des Etats Associés27, il s’agit désormais d’une “affaire entre Vietnamiens”28.

Mais comment pourrait-il en être autrement avec une opinion publique désormais focalisée sur les événements qui se déroulent à présent de l’autre côté de la Méditerranée29 car, contrairement à l’Indochine, l’Algérie, c’est la France !

Cette question est d’ailleurs définitivement close puisque dans une note du 21 juillet 1955, le lieutenant-colonel Bertrand, chef du bureau des disparus, rend compte à Paris que l’Armée Populaire Vietnamienne (AVPN) déclare avoir rendu la presque totalité des PG européens30 et nord-africains qui étaient en vie au moment du cessez le feu.

Outre la mort de certains captifs (qu’elle s’empresse d’imputer aux bombardements français frappant sans discernement les camps31 et les convois de prisonniers), elle reconnaît néanmoins que d’autres, intransportables, sont effectivement morts en captivité dans les quelques jours qui ont suivi la fin des hostilités. L’AVPN précise par ailleurs que les “ralliés” et les légionnaires originaires d’Europe de l’Est (prisonniers et déserteurs) ne seront pas rendus, ayant choisi, soit de rester sur place, soit de rentrer chez eux par la “voie

démocratique”32. En fait, ces légionnaires seront la plupart du temps rapatriés de force dans leur pays d’origine via la Chine et la Russie, en accord avec les PC locaux33.

Enfin, elle se refuse systématiquement à faire connaître le sort réel réservé à certaines catégories de prisonniers : les officiers du 2ème bureau, les officiers de renseignement et les interprètes vietnamiens des forces terrestres.

Le sort des autochtones n’est pas non plus évoqué.

Interrogée sur les raisons susceptibles d’expliquer un aussi grand nombre de disparus, l’AVPN n’apporte aucune précision. Le lieutenant-colonel Bertrand conclut son rapport en évoquant « la possibilité que des prisonniers, séparés des autres, aient été exécutés34 ».

Toutefois, certains éléments troublants viennent remettre en question les déclarations du VM affirmant que tous les prisonniers auraient bien été libérés.

Ainsi, une directive du commandement VM de Cochinchine35 ordonne de garder les prisonniers dont la présence n’est pas connue des libérables et qui n’ont pas été réclamés nominativement. Ces PG sont gardés dans des camps secrets36 car jugés trop dangereux : officiers de renseignement, officiers des unités de commandos, membres des GCMA37, militaires accusés d’atrocités, prisonniers signalés pour leur mauvaise conduite dans les camps38.

D’une façon plus générale, certains témoignages de rescapés du camp n°1, le camp des officiers, laissent même entendre qu’initialement le VM n’avait pas du tout l’intention de rendre les officiers captifs, prétextant alors une mortalité brutale due à des pathologies tropicales39. Toutefois, afin de témoigner de sa bonne volonté, le VM prend soin d’intégrer, aux premières libérations anticipées d’hommes de troupe, 2 ou 3 officiers du camp n°1.

Capturé lors des combats sur la RC4 en octobre 1950, le lieutenant Beucler40 ira dès sa libération, le 28 août 1954, consulter les listes de prisonniers présentées par le VM à la commission d’armistice. Il constatera alors qu’une quarantaine de noms, considérés comme “vipères lubriques”41, ont tout simplement été “oubliés”. Après protestation de la partie française, ces derniers réapparaitront comme par enchantement sur les listes42.

Plus troublants encore sont ces deux renseignements émanant d’interception de messages VM par les SR français en décembre 1954, attestant de la présence de prisonniers non libérés à cette date43 :

– le premier est un message alertant les services de sécurité VM de Langson et de Phuc Yen de l’évasion de 5 prisonniers européens et africains dans l’après-midi du 7 décembre afin qu’ils placent des gardes à tous les carrefours.

– le second est un document adressé au régiment 148 lui annonçant qu’un convoi de prisonniers européens et africains, détenus à la sureté de Phu To va se déplacer, exigeant le secret au départ et à l’arrivée du convoi.

On peut ici s’interroger sur les motivations d’une telle attitude de la part du VM ?

Il pourrait s’agir d’une réponse au sort de certains de ses cadres emprisonnés depuis 1946, ne figurant sur aucune liste et dont il est sans nouvelle. L’objectif est simple : garder au secret un certain nombre de prisonniers jusqu’à la libération de ses cadres toujours captifs.

Cette situation n’est pas sans embarrasser la France vis-à-vis de ses propres réclamations concernant ses disparus. Une enquête est donc diligentée par le commandement français. Cette dernière fait apparaitre qu’au cours des années 1952-1953, la gestion de nombreux camps de prisonniers a été transférée à l’Armée Nationale Vietnamienne, à l’origine de nombreuses exécutions sommaires, scrupuleusement consignées sur les registres des camps et des prisons. Ces lieux de détention sous administration vietnamienne, contrairement à ceux supervisés par l’armée française, ne sont pas sous la surveillance étroite de la Croix Rouge Internationale. Pour le VM, le gouvernement Bao Daï étant un régime fantoche, à ses yeux seule la France est coupable.

En dépit des interrogations légitimes qu’auraient dû susciter les interceptions réalisées par les SR, rien n’y fait ! Il semble même qu’à partir de 1955, un statu quo coupable se soit établi entre Paris et Hanoï, une sorte de : « tu ne me parles plus de tes disparus, je ne te parle plus des miens ! ».

Une note du SDECE du 15 mars 1956 va venir néanmoins relancer le débat sur des prisonniers potentiellement oubliés. Celle-ci rapporte qu’une cinquantaine d’Européens, torse nu et en sandales, travaillaient début novembre 1955 à la réfection de la chaussé sur le tronçon de route situé entre Hoa Binh et Moc Chau (nord Vietnam).

La source qui a vécu très longtemps avec les Français et qui parle la langue ajoute que ces hommes étaient bien des prisonniers de guerre et qu’ils étaient gardés par des soldats armés.

Le rédacteur de la note précise que « ces Européens ne peuvent être que des prisonniers de guerre car les déserteurs ou les ralliés européens, travaillant en brousse, ne sont jamais gardés militairement ».

Fin juillet 1956, ce même informateur, lors de différents déplacements, affirme avoir vu d’autres prisonniers au travail :

– douze prisonniers à Tinh Tu, rudoyés et gardés par un rallié de type africain ;

– trente-sept prisonniers entre Tuyen Quang et Phu Doan ;

– trois prisonniers à Thaï Nguyen ;

– dix prisonniers à Dong Vang.

Informé de ces faits, le ministre des Affaires étrangères, en accord avec sa délégation générale à Hanoi, n’en démord pas ! Il ne peut que s’agir d’une confusion avec des ralliés ou d’anciens déserteurs.

Pourtant, peu après, l’informateur du SDECE parvient à identifier deux européens :

– le premier est Louis Tillard, militaire démobilisé en Indochine. Resté sur place pour travailler dans une entreprise de travaux publics, il a été enlevé avec ses ouvriers par un commando VM sur un chantier proche de Tourane le 25 janvier 1949.

– le second est Hervé Monze, militaire capturé par le VM sur la route de Cao Bang en 1947. Il remet à l’informateur un petit mot pour sa femme domiciliée à Crozon (Finistère) : « Gardez espoir, suis encore vivant, bon courage » 44.

En dépit de tout cela, le ministère de la Défense et celui des Affaires étrangères semblent manifester peu de volonté à véritablement vouloir étudier cette éventualité45, comme en témoignent leurs demandes d’éclaircissement relativement timorées auprès des autorités vietnamiennes.

La seule intervention notable du Quai d’Orsay est celle ayant permis la libération du lieutenant Eychenié, du 2ème bataillon thaï, le 28 décembre 1955 à Hong Kong, faisant de lui, très officiellement46, le dernier prisonnier libéré de la guerre d’Indochine47.

Après d’ultimes actualisation, à la date du 1er juin 1959, le nombre des disparus s’établissait officiellement comme suit :

Interrogée sur la situation des manquants, l’APVN déclarera que 46% sont effectivement décédés, quant aux autres, elle ne sera pas en mesure de donner des explications !

A la lueur des éléments précédemment évoqués, il est désormais difficile de balayer d’un revers de manche l’éventualité que certains prisonniers soient restés en captivité après la guerre et y soient morts dans la totale indifférence de nos gouvernants de l’époque.

Ayant brièvement mis en lumière le sort de ces malheureux, espérons qu’ils pourront désormais reposer en paix, amalgamés pour toujours à cette terre indochinoise qu’ils avaient tant aimée.

***

(1) Il faut attendre le 1er février 1949 pour que les tickets de rationnement pour le pain soient définitivement supprimés, le 1er décembre 1949 pour le sucre, l’essence et le café. Officiellement, le rationnement reste en vigueur jusqu’au 1er juin 1952

(2) 1950 pour le Vietnam, 1953 pour le Laos et le Cambodge

(3) La première libération officielle le 23/09/1950 avec l’échange de 33 prisonniers VM contre 25 prisonniers français. Les prisonniers français dans les camps du Viêt-Minh (p. 50), Robert Bonnafous

(4) Parmi ces derniers se trouvent 6 civils (1 femme et 5 hommes), missionnaires capturés au Laos

(5) Corps Expéditionnaire Français en Extrême-Orient

(6) Forces Terrestres en Extrême-Orient

(7) Forces Armées Vietnamiennes (Armée nationale vietnamienne créée à partir de 1949)

(8) Les prisonniers français dans les camps du Viêt-Minh (p.216-217), Robert Bonnafous

(9) Essentiellement vietnamiens, dans une moindre mesure, laotiens et cambodgiens

(10) Oublié 23 ans dans les goulags Viêt-Minh, Ba Xuan Huynh : le LCL Huynh,vietnamien, St Cyrien, ancien aide de camp du général de Lattre, capturé à la tête du bataillon qu’il commandait le 10 avril 1953 et ne sera libéré qu’en 1976 !

(11) Ces tracts sont réalisés par le Dich Van, organe en charge de l’action psychologique au sein duquel sont présents des membres du PCF

(12) Il devient alors, selon l’expression consacrée un” rallié”

(13) Tombé dans une faille du terrain, enseveli dans la boue d’un arroyo, victime d’un tir au but d’une arme lourde dont les morceaux de corps éparpillés ont ensuite été dévorés par des bêtes sauvages … ?

(14) Formation dispensée par l’Office of Strategic Services (OSS) pour lutter contre les Japonais, réorganisé à partir de 1946 pour devenir la CIA

(15) Note du commandement VM datant du second semestre 1948, interceptée par les SR français

(16) 25/06/1950

(17) Nord-Africains et Africains

(18) Entre 2500 et 300 selon les sources

(19) Le taux de mortalité des prisonniers a été bien souvent supérieur sur la route de la captivité que lors de la captivité elle-même, notamment pour les prisonniers de Dien Bien Phu. William Schilardi, ancien du 8ème Choc, témoignage : « Dans mon groupe de marche au départ de Dien Bien Phu, nous étions 35. Au bout de 4 semaines de marche, nous n’étions plus que 5 à l’arrivée au camp 70 !»

(20) Entre 6 à 9 mois pour un homme de troupe, 12 à 18 mois pour un sous-officier, plusieurs années pour un officier

(21) Une épouse volage, un enfant ou un parent gravement malade …

(22) Entre 1950 et 1954, l’épouse du lieutenant DOP, prisonnier au camp n°1, a ainsi reçu 13 lettres de son mari

(23) 15/01/1952

(24) Les prisonniers français dans les camps du Viêt-Minh, (p. 64), Robert Bonnafous

(25) Pourcentage de la solde versé en France aux ayants-droits et fixé par le militaire avant son départ pour l’Indochine. Au bout de 3 mois de disparition, si l’état de prisonnier n’est pas reconnu, son versement est interrompu

(26) Environ 70% des prisonniers de Dien Bien Phu sont morts après seulement 4 mois de captivité

(27) Vietnam, Laos, Cambodge

(28) Cf notre de bas page n°5 concernant le LCL Ba Xuan Huynh

(29) La Toussaint rouge, le 1er novembre 1954, marque le début de la guerre d’Algérie

(30) Note n°2914/BDPGI/UF : Libération des PG des pays de l’Est, carton 10 H 315, archives de Vincennes

(31) Le village de Fia Kéo a ainsi été bombardé et mitraillé les 15 et 16/08/1951 causant la mort de 30 prisonniers et en blessant une dizaine qui finissent par mourir, faute de soins (Témoignage de Robert Schuermans, ancien du 3ème BCCP, capturé après les combats de la RC4

(32) Les prisonniers français dans les camps du Viêt-Minh, (p. 171-172/332-339), Robert Bonnafous. Dans l’annexe de son ouvrage, l’auteur présente ainsi une liste nominative de 77 légionnaires rapatriés par “la voie démocratique”. Vraisemblablement réalisée à partir du témoignage de prisonniers libérés, ce recensement précise le nom, le grade, l’unité, la date et lieu où ils ont été vus pour la dernière fois, l’état de santé et certaines mentions comme « rapatrié de force » ou « a manifesté son intention de regagner la France dès qu’il le pourra ». En février 1955, le général Ely évoquera un maximum de 1000 légionnaires (prisonniers et déserteurs) ainsi “rapatriés”

(33) À l’exception de la Pologne, de la Hongrie et de la Roumanie qui ont refusé le principe du rapatriement

(34) Les prisonniers français dans les camps du Viêt-Minh, (p. 214), Robert Bonnafous

(35) Interceptée par les SR français – Liste carton 10 H 315, archives de Vincennes

(36) Dès le 14 septembre 1954, les SR français évoquaient l’existence de deux camps dits de représailles, l’un à Lang Trang, à 31 km au nord-est de Tuyen Quang, l’autre dans la région de Ba Be Les hommes de Dien Bien Phu, (p. 603), Roger Bruge : BR n°2575

(37) Groupement de Commandos Mixtes Aéroportés

(38) Les prisonniers français dans les camps du Viêt-Minh, (p.214), Robert Bonnafous

(39) La clémence de l’oncle Hô, un mensonge meurtrier, (p. 161), Alexandre Le Merre

(40) Futur secrétaire d’Etat à la Défense puis aux Anciens Combattants (1977- 1978), à l’origine de l’affaire Boudarel

(41) Officers jugés irrécupérables sur le plan idéologique par le VM et donc dangereux

(42) La clémence de l’oncle Hô, un mensonge meurtrier, (p. 162), Alexandre Le Merre

(43) Les hommes de Dien Bien Phu, (p. 603), Roger Bruge

(44) Les hommes de Dien Bien Phu, (p. 605), Roger Bruge. Selon l’auteur, Monze, né en 1915 a fini par être libéré puisqu’il est décédé à Eubonne (Val d’Oise) le 25/11/1987. Aucune nouvelle en revanche de Tillard.

(45) Au milieu des années 80, de nombreux films américains ont abordé le sujet des “POWs/MIAs” (Prisoners of War/Missing in action). Cette question semble avoir longtemps préoccupée l’opinion publique américaine puisqu’en avril 1990, un sondage du magazine Time révélait que 62 % des personnes interrogées estimaient qu’il y avait encore des prisonniers américains vivants au Vietnam (84% chez les vétérans interrogés).

(46) Note n°2914/BDPGI/UF : Libération des PG des pays de l’Est, carton 10 H 315, archives de Vincennes

(47) Enlevé à Binh Lu par des trafiquants d’opium le 04/04/1951, puis livré au VM, il aurait ensuite été repris par des militaires chinois et entrainé de l’autre côté de la frontière. Il a de ce fait été accusé par les autorités chinoises d’avoir pénétré son territoire sans autorisation à des fins d’espionnage.

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Document, édité le 26 mai 1953 sous le timbre de la Croix Rouge, rédigé par l’Office du prisonnier, crée le 15 janvier 1952

(cliquez sur l’image pour consulter l’intégralité du document au format PDF)

L’ANAPI Ile de France remercie vivement Madame Laurence LAPLANE pour le don de ce précieux document provenant des archives de son grand-père, le général Maurice REDON (1905-2000).

A sa sortie de Saint-Cyr, Maurice REDON sert dans l’artillerie coloniale, notamment en Indochine, puis à Madagascar jusqu’en 1938. Fait prisonnier en 1940, il parvient à s’évader et entre dans la Résistance en 1942. Il est chef des corps francs du Tarn, avant de prendre le commandement de la brigade de Toulouse et de devenir, en 1944, chef des Forces françaises de l’intérieur (FFI) au sein du 2ème Corps de la 1ère Armée française, commandée alors par le général de Lattre de Tassigny.

Dès la fin de la guerre, il sert de nouveau en Indochine jusqu’en 1950, date à laquelle il est nommé chef du service des affaires générales au secrétariat permanent de la défense nationale à Paris. Entre 1951 et 1953, il commande les forces du Laos. En 1954, il est nommé chef de l’état-major particulier de Robert Buron, ministre de la France d’outre-mer du gouvernement de Pierre Mendès France, qui négocie l’indépendance des Etats d’Indochine à la suite de la défaite de Dien Bien Phu.

***

Ce document, édité le 26 mai 1953 sous le timbre de la Croix Rouge, a été rédigé par l’Office du prisonnier, crée le 15 janvier 1952 à la suite de directives données, l’année précédente, par le général de Lattre.

L’administration étant jusqu’alors dans l’impossibilité d’effectuer une comptabilité fiable des soldats présumés prisonniers, ce nouvel organisme se lance dans un vaste travail d’investigation. Toutes les informations recueillies auprès des prisonniers et otages civils libérés sont ainsi méticuleusement croisées avec celles des états-majors, des services spécialisés du renseignement et de la Croix Rouge.

Le 4 novembre 1952, l’Office du prisonnier peut ainsi établir le premier recensement officiel des prisonniers militaires du C.E.F.E.O (incluant les autochtones) et des otages civils, soit 22 244 militaires et 584 civils.

Il va également être en mesure de réaliser un premier point de situation sur les conditions de captivité des prisonniers, objet du présent document.

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Les premiers libérés par anticipation reçoivent pour consignes du Viêt-Minh de ne divulguer aucune information sur leur captivité, sous peine de voir s’arrêter net ce processus effectué alors au compte-goutte.

Une fois réalisé, ce document a ensuite été diffusé d’une façon confidentielle et exclusive, destiné à n’être montrée qu’aux familles de prisonniers militaires, d’otages et d’internés civils … ne devant en aucun cas être communiquée à la Presse.

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En mémoire de l’Adjudant EMMANUEL GUTIERREZ, prisonnier du VietMinh, mort en captivité : sa fille témoigne …

L’Adjudant GUTIERREZ à Saïgon, le 19 juillet 1953

« ADJUDANT GUTIERREZ EMMANUEL MLE 3216/39 PRISONNIER 8 MAI 1954 EST DECEDE CAPTIVITE JUIN/JUILLET 1954 D’APRES DECLARATIONS CAMARADES STOP. PREVENIR AVEC MENAGEMENTS (EPOUSE) MME GUTIERREZ, 63 AVENUE ALBERT 1er, ECKMULH. ORAN. PRESENTER CONDOLEANCES ».

C’est par ce télégramme laconique que la jeune Jeanne-Marie, alors âgée de 11 ans, apprend brutalement la mort de son père.

Ce témoignage bouleversant d’une enfant comprenant qu’elle ne reverra plus jamais son papa, nous rappelle le calvaire de nos prisonniers, morts dans l’indifférence générale, mais également la douleur incommensurable des familles ne parvenant pas à faire leur deuil.

Témoignage de Madame Jeanne-Marie CARAMANTE, née GUTIERREZ :

« Nous savions depuis quelques jours que la bataille de Dien Bien Phu était terminée.
Les points d’appui étaient tombés les uns après les autres. La chute du point d’appui “Isabelle” où se trouvait papa, le dernier à être pris par les Viêts, marquait le début de nos souffrances.

L’arrêt des combats nous apportait un certain sentiment de soulagement au début, mais bien vite effacé par l’angoisse sur son sort. La radio égrenait la longue liste des prisonniers des Viêts, capturés à l’issue de la bataille … et soudain, nous entendîmes : « … Adjudant Emmanuel Gutierrez, 3/10ème RAC ».

Le lendemain, c’était le jour de ma communion solennelle. C’était le 27 mai 1954. Mon papa était prisonnier. Ce fût une cérémonie empreinte de tristesse, de douleur et d’angoisse. Il n’y eu aucune fête à la maison, pas de dragées, pas de joie. Il n’était pas là.

Quel allait être son sort ?

Il était impératif qu’il puisse recevoir, dieu sait par quel moyen, un souvenir de la communion de sa fille. Maman me conduisit donc chez le photographe du quartier qui s’attendrissait sur notre malheur et partageait notre angoisse. Maman était muette. Prostrée.

Cette photo représentait en quelque sorte un appel, un espoir. Elle fut expédiée vers la boîte postale des armées dans l’incertitude qu’elle parvienne à son destinataire.

De longs jours et semaines se succédèrent dans l’attente d’une bonne nouvelle, dans l’espoir d’une libération.

Puis ce fût le jour noir, le jour fatal du 8 septembre 1954.

Ce jour-là, nous reçûmes la visite de mon oncle Gaston, accompagné d’un voisin et d’un gendarme qui n’osait pas se présenter seul. Il tortillait dans ses mains un papier et nous annonça que papa était blessé, mentant difficilement car ma grand-mère était chez nous à ce moment.

Mais la vérité tomba comme un couperet. Nous comprenions que notre destin nous frappait impitoyablement. Ma grand-mère eut un malaise. Le malheur s’était abattu sur notre famille.
Papa était mort.

Je revois maman, très maigre, un long crêpe noir accroché à son chapeau de feutre tombant sur ses épaules fragiles. Maman et grand-mère portèrent le deuil durant cinq longues années.

La vie pour ma mère n’avait plus aucun goût mais elle avait trois enfants à élever : moi-même, onze ans, mes frères Guy et Pierre, neuf ans et quatre ans, qui, trop jeunes, ne mesuraient pas la tragédie qui nous frappait.

Il fallait alors, malgré mes onze ans que je prenne des responsabilités au sein de notre petite famille.
Papa ne reçut jamais la photo de ma communion. Elle nous fût retournée avec son paquetage militaire resté à Saïgon.

Ce n’est que bien des années plus tard que j’ai entrepris, avec l’aide de mon mari, des recherches, recueilli des témoignages émouvants sur la mort de papa, car nous n’avons jamais vu son corps qui doit reposer dans la jungle indochinoise.

Grâce aux associations d’Anciens Combattants, je sais que papa, prisonnier des Viêts a subi une longue marche mortelle vers les camps, dans des conditions inhumaines, conduit avec ses camarades par des tortionnaires dont les représentants s’affichaient au même moment, dans les ministères, reçus avec courtoisie et respect, sans honte par la France.

Papa est mort d’épuisement et de dysenterie dans des souffrances physiques et morales que m’ont décrites des survivants.

Il ne pesait plus que trente-cinq kilos selon des témoins mais il est mort debout, lui, le soldat qui avait activement participé quelques années auparavant à la libération de la France après avoir rejoint la 2ème Division Blindée du Général Leclerc en Angleterre.

Il comptait parmi les premiers éléments blindés à pénétrer dans Paris. Il participa ensuite à la libération de Saverne près de Strasbourg avant d’être blessé et envoyé à l’hôpital du Val de Grâce pour y être soigné.

Il était fier d’avoir accompli son devoir.

Il a donc fini sa vie, à trente-cinq ans, en pleine jungle, seul, ayant quitté la colonne, pendant que les petits fours et le champagne concluaient les réunions des responsables de ce drame se faisant des courbettes à Genève.

Les témoignages de quelques rares compagnons l’ayant suivi jusqu’à la fin m’ont permis, après des décennies et une psychothérapie de faire mon deuil de papa.

Son nom, inscrit sur le mur du Souvenir du Mémorial des Anciens d’Indochine de Fréjus me réconforte.

Je m’y recueille de temps en temps en y déposant une petite fleur.

Le contenu du télégramme que tenait à la main mon oncle Gaston, ce 8 septembre 1954, restera à jamais gravé dans ma mémoire ».

 

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Avis de recherche : ” FANION du COMMANDO 24 ” Vandenberghe

Le colonel (h) Tran Dinh Vy, dernier survivant du commando 24 et gardien de la mémoire de cette unité, recherche depuis plusieurs années le fanion du commando qu’il considère à juste titre comme une  relique. Le but de cette recherche est de transmettre ce souvenir historique au sein du Musée de  l’Armée, ou de celui des toupes de Marine par exemple.  

Description du fanion :  

Sur l’avers, l’ancre de marine de la Coloniale surmontée de l’inscription Commando 24 en arc de  cercle. L’adjudant-chef Vandenberghe et le sergent-chef Tran Dinh Vy étaient en effet tous deux issus du 6e Régiment d’Infanterie Coloniale. 

Sur le revers aux couleurs rouge et bleu de l’infanterie, il porte les inscriptions suivantes : la devise du commando : « Khong Biet-So, Khong Cam-Thinh” (sans peur, sans pitié) et les noms de lieux des raids, embuscades ou batailles où le commando s’est particulièrement illustré, de Ha Dong  à Ninh Binh.  

Le fanion porte en son centre trois impacts de balles, stigmates de la tragique nuit du 05 au 6 janvier  1952, où l’adjudant-chef Roger Vanderberghe a été assassiné pendant son sommeil ainsi que nombre  de ses plus fidèles partisans. 

Le sergent-chef Tran Dinh Vy était miraculeusement parti cette nuit-là en opération à Thai Binh,  échapant ainsi au sort qui lui était réservé au même titre que ses compagnons. Après l’assassinat de  Vandenberghe, il conservera précieusement le fanion et, au départ du Général Gambiez pour la France,  il décida de le lui confier, estimant qu’il sera mieux protégé en France, à l’abri dans un musée. 

À son arrivée en France en 1976, le colonel Tran Dinh Vy a repris contact avec le général Gambiez et lui  pose la question de savoir où le fanion a été conservé. Celui-ci, pensant l’avoir gardé dans son bureau  au SHAT, ne le trouve pas. Il promet de faire les recherches nécessaires. Finalement, le fanion a  disparu…. au grand regret de Tran Dinh Vy ! 

N’hésitez pas à partager cet avis de recherche au sein d’associations d’anciens combattants ou auprès  de vos relations. Des recherches sont en cours depuis quelques mois auprès de différents institutions  militaires mais sans résultat à ce jour. 

Le colonel (h) Tran Dinh Vy vous remercie par avance pour l’aide que vous pourrez lui apporter afin de  retrouver la trace de ce fanion. 

Contact : fanion.commando24@gmail.com

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Cérémonie départementale d’hommage aux héros de la gendarmerie à Bourges le 17/02/2025

Par le Docteur Olivier MICHEL, Président ANAPI CENTRE

Le colonel Caussanel, commandant le groupement de gendarmerie du Cher, le général Santoni, commandant les Ecoles Militaires de Bourges et Arthur Santoni, porte-drapeau ANAPI

Le 17 février 2025 s’est tenue à Bourges la traditionnelle cérémonie d’hommage aux héros de la gendarmerie, sous la présidence de M. Franck Moinardeau, directeur de cabinet du Préfet du Cher, en présence de nombreuses personnalités civiles (sénateur, député, maire de Bourges) et militaires, dont le général Santoni, commandant les Ecoles Militaires de Bourges et le colonel Caussanel, commandant le groupement de gendarmerie du Cher. Ce dernier était accompagné de plusieurs détachements issus de toutes les compagnies de gendarmerie du département. A cette occasion, les noms des 13 gendarmes décédés en service en 2024 ont été cités et six gendarmes ont été distingués pour leur courage et leur engagement.

Le président de l’ANAPI CENTRE et ses deux porte-drapeaux étaient bien évidemment présents lors de cette cérémonie particulièrement émouvante, témoignant, si besoin était, de l’action héroïque des gendarmes à la tête de petits postes isolés en Indochine, mais aussi de leur abnégation non moins héroïque pendant la bataille de Dien Bien Phu, oubliant un temps leurs fonctions prévôtales au profit de missions combattantes, avant de connaitre la tragédie de la captivité avec leurs frères d’arme.

Pour le président, M. Olivier Michel, cette cérémonie avait également une charge émotionnelle particulière et personnelle. Comment en effet ne pas penser à son père, lui-même prisonnier des Japonais, témoin de la mort héroïque du capitaine de gendarmerie Jean d’Hers alors qu’il tentait de retarder l’avancée japonaise dans le delta du Mékong à la suite du coup de force du 8 mars 1945. Compagnon de la Libération, le capitaine d’Hers a donné son nom à une promotion d’officiers de la gendarmerie.

Au premier plan, le Docteur Olivier Michel, président ANAPI Centre
Les autorités remerciant les porte-drapeaux

Cette cérémonie a également été pour l’ANAPI l’occasion d’illustrer symboliquement la transmission intergénérationnelle du devoir de mémoire par la présence côte à côte de nos deux porte-drapeaux, l’un étant le doyen des porte-drapeaux du Cher, André Houzet, 93 ans, ancien d’Indochine, l’autre un jeune collégien, Arthur Santoni, 15 ans (lui-même arrière-petit-fils d’un prisonnier des Japonais), tout juste diplômé de la nouvelle formation de porte-drapeaux mise en place à Bourges.

Arthur Santoni et André Ouzet, drapeaux ANAPI CENTRE et ANAPI

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